Apprenez le fonctionnement des réseaux TCP/IP
Last updated on Thursday, July 10, 2014
  • 4 semaines
  • Facile

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Got it!

La couche 3

Nous savons maintenant faire communiquer ensemble des machines qui sont branchées sur un même réseau. Nous allons maintenant voir comment leur permettre de communiquer avec des machines à l'extérieur de leur réseau.

D'ailleurs, nous utilisons le mot réseau, mais de quoi s'agit-il exactement ? Nous allons voir tous ces éléments dans ce chapitre qui est le chapitre phare du cours, car il concerne LE protocole d'Internet, IP.

Accrochez vos ceintures !

La couche 3, ses rôles

La couche 3 est la couche réseau. C'est son nom.
C'est un peu réducteur pour les autres couches, mais pour une fois le nom est relativement en adéquation avec son rôle !

Donc ce qui nous intéresse, c'est de savoir dans un premier temps quel est son rôle. Nous savons déjà communiquer sur un réseau local : la couche 3 va nous permettre de communiquer entre réseaux !

Cela va nous permettre d'envoyer un message d'un réseau à un autre.

Mais comment envoyer un message à un réseau auquel nous ne sommes pas directement reliés et qui peut parfois être à l'autre bout du monde ?

Eh bien nous allons voir que les réseaux sont tous reliés entre eux, comme une chaîne.
Internet est comme un énorme ensemble de réseaux collés les uns aux autres, un peu comme des pièces dans une grande maison. Pour aller du salon à la chambre, on passe par plusieurs pièces.
C'est pareil pour les réseaux. Pour aller de mon réseau au réseau du Site du Zéro, je passe par plusieurs réseaux intermédiaires, comme indiqué sur la figure suivante.

Ensemble de réseaux connectés

D'ailleurs, on voit bien qu'il y a potentiellement plusieurs chemins possibles pour aller de mon réseau à celui du Site du Zéro.

Nous pouvons très bien illustrer ceci en utilisant la commande traceroute sous Linux (ou tracert sous Windows).

Ceci n'est pas un TP, mais juste une illustration du cours !

# traceroute www.siteduzero.com
traceroute to www.siteduzero.com (92.243.25.239), 30 hops max, 40 byte packets
 1  labo.itinet.fr (10.8.97.1)  1.090 ms  1.502 ms  2.058 ms
 2  neufbox (192.168.1.1)  9.893 ms  10.259 ms  10.696 ms
 3  ivr94-1.dslam.club-internet.fr (195.36.217.50)  43.065 ms  43.966 ms  46.406 ms
 4  V87.MSY1.club-internet.fr (195.36.217.126)  42.037 ms  43.442 ms  45.091 ms
 5  TenGEC6-10G.core02-t2.club-internet.fr (62.34.0.109)  47.919 ms  48.333 ms  49.712 ms
 6  gandi.panap.fr (62.35.254.6)  52.160 ms  51.409 ms  52.336 ms
 7  po88-jd4.core4-d.paris.gandi.net (217.70.176.226)  54.591 ms  36.772 ms  36.333 ms
 8  vl9.dist1-d.paris.gandi.net (217.70.176.113)  39.009 ms  40.223 ms  40.575 ms
 9  lisa.simple-it.fr (92.243.25.239)  41.847 ms  44.139 ms  44.490 ms

Pour détailler un peu le contenu, chacune des lignes correspond à une machine que nous avons rencontrée sur Internet.

À la ligne 1 : labo.itinet.fr (10.8.97.1)  1.090 ms  1.502 ms  2.058 ms
nous avons rencontré la machine labo.itinet.fr en à peu près 2 millisecondes (rapide, non ?).

Puis on voit à la ligne 2 que nous passons par une neufbox, et aux lignes 3, 4 et 5 par club-internet (ce qui est normal puisqu'il s'agit de mon hébergeur).

Nous voyons ensuite que nous passons par un certain gandi.net. C'est un registraire et hébergeur connu. Et d'après la ligne 8, on dirait bien que le Site du Zéro est hébergé chez gandi.net, car c'est la dernière étape juste avant d'arriver au Site du Zéro qui est hébergé sur la machine lisa.simple-it.fr.

Nous voyons que nous passons par beaucoup de machines avant d'atteindre le Site du Zéro. Chacune de ces machines étant sur un réseau différent, nous passons par de nombreux réseaux. Plus exactement, nous sommes passés par 9 réseaux pour rejoindre le Site du Zéro.

Mais au fait, on en parle depuis longtemps, mais c'est quoi un réseau ?

Pour comprendre ce qu'est un réseau, nous allons commencer par aborder une notion hyperimportante de la couche 3. Car comme pour la couche 2, après avoir parlé du rôle de la couche 3 (interconnecter les réseaux), nous allons parler de son adresse.
Il y a bien une adresse aussi en couche 3, mais elle est nettement plus complexe à aborder...

Un identifiant, l'adresse IP

Quelques questions préliminaires

Nous savons dialoguer sur notre réseau grâce à la couche 2, il nous reste maintenant à en sortir pour aller voir ce qui se passe dehors, sur Internet.
Mais nous avons plusieurs problèmes...
Nous ne connaissons pour l'instant qu'une adresse, l'adresse MAC, qui sert sur notre réseau local.

Comment allons-nous pouvoir être identifiés par rapport à un autre réseau ? Comment allons-nous identifier les réseaux ? Vont-ils avoir une adresse ? Ou un nom ? S'il faut une adresse pour le réseau et une pour ma machine, nous faudra-t-il deux adresses de couche 3 ?

Nous allons répondre à ces questions dès maintenant. La réponse à toutes nos questions est dans l'adresse de couche 3 : l'adresse IP.

Deux adresses pour le prix d'une !

On commence à avoir plusieurs questions en suspens. C'est en prenant connaissance de l'adresse IP que nous allons y répondre.

Une adresse multifonction

L'adresse IP est en fait l'adresse du réseau ET de la machine.

Plus exactement, une partie de l'adresse représentera l'adresse du réseau, et l'autre partie l'adresse de la machine.

Mais d'abord, comment elle s'écrit cette adresse ?

Une adresse IP est codée sur 32 bits (soit 4 octets, car vous vous rappelez bien qu'un octet vaut 8 bits).

Afin de simplifier la lecture et l'écriture d'adresses IP pour les humains, nous avons choisi d'écrire les adresses avec la notation en décimal pointée. Cette dernière sépare les 4 octets sous forme de 4 chiffres décimaux allant de 0 à 255.
Cela donne par exemple : 192.168.0.1

Mais attention : au niveau des ordinateurs et des différents matériels réseau manipulant les adresses IP, ces dernières sont manipulées en binaire (base 2).
Pour plus d'information sur les différentes bases numérales, vous pouvez visiter les tutoriels associés :

Je vous conseille vivement leur lecture, car nous allons beaucoup manipuler les adresses en binaire par la suite.
OK, nous avons vu qu'une partie de cette adresse représentait l'adresse du réseau, et l'autre celle de la machine.

Mais comment je sais moi quelle partie représente quoi ?

Le masque de sous-réseau

Nous allons en fait ajouter une information supplémentaire à l'adresse IP, le masque de sous-réseau.
Et ces deux informations, adresse IP et masque, seront inséparables.

Définition : Les bits à 1 dans le masque représentent la partie réseau de l'adresse IP.

On en déduit que les bits à 0 représentent la partie machine de l'adresse.

Prenons un exemple : on associe l'adresse IP 192.168.0.1 au masque 255.255.0.0.
Écrivons maintenant ces deux adresses en binaire pour y voir plus clair :

Citation

255.255.0.0 -> 11111111.11111111.00000000.00000000
192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001

Le masque nous dit que les bits à 1 représentent la partie réseau de l'adresse :

Citation

255.255.0.0 -> 11111111.11111111.00000000.00000000
192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001

Il nous dit aussi que les bits à 0 représentent la partie machine de l'adresse :

Citation

255.255.0.0 -> 11111111.11111111.00000000.00000000
192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001

Donc la partie réseau de l'adresse est 192.168, et la partie machine est 0.1. Super, on maîtrise les masques ! :D

Enfin, presque ! L'exercice que nous venons de faire était très facile, car la coupure entre les deux parties de l'adresse se faisait entre deux octets. Or, il arrive très souvent que la coupure se fasse en plein milieu d'un octet, et là, ça se corse...

Par exemple, si nous reprenons l'exemple précédent en utilisant le masque 255.255.240.0, qu'est-ce que cela donne au niveau de l'adresse ?

Nous allons voir cela, en nous penchant un peu plus sur les masques et leur utilisation.

Le masque de sous-réseau et les difficultés associées...

Il se trouve que les calculs associés aux masques de sous réseau, c'est une plaie... C'est difficile, car les ordinateurs raisonnent en binaire, alors que nous, pauvres humains, nous travaillons en décimal. Or, passer du décimal au binaire n'est pas toujours facile. Prenons donc un exemple.

Calcul de la partie réseau et de la partie machine d'une adresse

On peut reprendre l'exemple précédent, l'adresse 192.168.0.1 associée au masque 255.255.240.0.
Comme on peut s'en douter, la coupure entre les deux parties de l'adresse ne va malheureusement pas se faire entre deux octets distincts, mais bien en plein milieu d'un octet.

Transformons ces deux nombres en binaire :

Citation

192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001
255.255.240.0 -> 11111111.11111111.11110000.00000000

Comme prévu, la coupure imposée par le masque se fait en plein milieu d'un octet !

Citation

255.255.240.0 -> 11111111.11111111.11110000.00000000

Ce qui donne sur notre adresse pour les parties réseau et machine :

Citation

192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001

Gloups...! On ne peut pas repasser en décimal étant donné que la coupure se fait au milieu d'un octet. En effet, on ne peut malheureusement pas écrire un demi-octet ou une partie d'un octet seulement. On ne peut parler qu'en binaire.

Par conséquent, à chaque fois que la coupure aura lieu au milieu d'un octet, il ne sera pas possible d'écrire les parties réseau et machine de l'adresse autrement qu'en binaire.

Mais comment le savoir ?

Nous allons voir que les valeurs prises par les octets dans un masque sont spécifiques et cela est dû à l'ordonnancement des 1 et des 0 dans le masque.

La contiguïté des bits

Dans un masque en binaire, il doit y avoir les 1 à gauche et les 0 à droite.
On ne peut pas mélanger les 1 et les 0.

Par exemple, ce masque est correct: 11111111.1111100000000000.00000000.
Mais celui-ci est incorrect: 11111111.11100011.00000000.00000000.

Ainsi, on retrouvera toujours les mêmes valeurs pour les octets d'un masque, qui sont les suivantes :
00000000 -> 0
10000000 -> 128
11000000 -> 192
11100000 -> 224
11110000 -> 240
11111000 -> 248
11111100 -> 252
11111110 -> 254
11111111 -> 255

Donc ce masque est correct: 255.255.128.0.
Et ce masque est incorrect: 255.255.173.0.
Et ce masque est encore incorrect: 255.128.255.0 (car il mélange des 0 et des 1).

Bien ! Nous savons ce qu'est un masque, comment il est composé et quelles sont les valeurs que chacun de ses octets peut prendre.
Il nous faut maintenant le mettre en pratique pour trouver les plages d'adresses associées à tel ou tel masque.

Calcul de plages d'adresses

C'est le gros morceau ! C'est ici que cela se complique. Mais rassurez-vous, nous allons aller pas à pas pour que tout le monde comprenne bien.

Calcul de la première et de la dernière adresse d'une plage

Nous allons donc prendre un exemple d'adresse associée à un masque et nous allons essayer de trouver la plage d'adresses ainsi définie.
Reprenons notre exemple, maintenant connu, à savoir l'adresse 192.168.0.1 associée au masque 255.255.240.0.

Votre mission, si vous l'acceptez, est de trouver la première et la dernière adresse du réseau auquel appartient cette adresse.

Et je fais ça comment, moi ?

Dans un premier temps, nous savons qu'il va falloir transformer ces adresses en binaire pour y voir plus clair, car la coupure a lieu en plein milieu du troisième octet.

Nous avons le masque et l'adresse :
255.255.240.0 -> 11111111.11111111.11110000.00000000
192.168.0.1 -> 11000000.10101000.00000000.00000001

Néanmoins, cela ne nous donne pas encore la première et la dernière adresse. Par contre, nous savons que les bits en vert dans l'adresse représentent la partie réseau, et les bits en rouge la partie machine.
De plus, toutes les machines appartenant à un même réseau ont un point commun : tous les bits de leur partie réseau sont identiques !

Eh oui ! Si jamais deux machines ont des adresses dont la partie réseau est différente, elles ne sont pas dans le même réseau.
En même temps, ça paraît normal...
Donc pour notre calcul, on en déduit que toutes les machines appartenant à notre réseau vont avoir leur partie réseau égale à 11000000.10101000.0000.

Par contre, les bits de la partie machine de l'adresse vont pouvoir varier pour toutes les machines du réseau.

Dans ce réseau, les adresses des machines pourront prendre beaucoup de valeurs, selon que l'on met certains bits de la partie machine à 0 ou 1.
Globalement, les adresses seront :

11000000.10101000.00000000.00000000 -> 192.168.0.0
11000000.10101000.00000000.00000001 -> 192.168.0.1
11000000.10101000.00000000.00000010 -> 192.168.0.2
11000000.10101000.00000000.00000011 -> 192.168.0.3
11000000.10101000.00000000.00000100 -> 192.168.0.4
11000000.10101000.00000000.00000101 -> 192.168.0.5
...
11000000.10101000.00001111.11111110 -> 192.168.15.254
11000000.10101000.00001111.11111111 -> 192.168.15.255

En faisant varier les bits de la partie machine de l'adresse, nous avons pu trouver toutes les adresses du réseau.

Nous savons donc maintenant calculer une plage d'adresses à partir d'une adresse et de son masque !

Tenez, en passant, pouvez-vous me dire combien il y a d'adresses possibles dans le réseau que nous venons d'étudier ?

Nombre d'adresses dans un réseau

Nous avons vu que dans notre adresse, la partie réseau était fixée et la partie machine pouvait varier. Il nous suffit de trouver combien de combinaisons sont possibles en faisant varier les bits de la partie machine, et nous aurons alors le nombre d'adresses.

Si jamais nous n'avions qu'un seul bit pour la partie machine, nous aurions deux possibilités sur ce bit, 0 ou 1. Si nous en avions deux, il y aurait $$\(2^2\)$$  adresses possibles, soit 4 adresses (00, 01, 10, 11) et ainsi de suite.
Si nous avions 10 bits pour la partie machine, nous aurions $$\(2^{10}\)$$  adresses possibles, soit 1024 adresses.

Or, vu que la partie machine est définie par le masque, le nombre de machines disponibles dans un réseau est directement dépendant du masque !

La relation est même encore plus explicite : nombre de machines dans un réseau = $$\(2^{Nombre de 0 dans le masque}\)$$ .

Si nous reprenons notre exemple précédent de l'adresse 192.168.0.1 associée au masque 255.255.240.0, nous pouvons maintenant immédiatement trouver le nombre d'adresses disponibles dans ce réseau. Le masque s'écrit :
255.255.240.0 -> 11111111.11111111.11110000.00000000

Dans lequel nous voyons douze 0 qui identifient la partie machine de l'adresse.
Nombre d'adresses = $$\(2^{Nombre de 0 dans le masque}\)$$  = $$\(2^{12}\)$$  = 4096 adresses !
Facile, non ?

Adresse de réseau, adresse de broadcast

Parmi la plage d'adresses définie par une adresse IP et un masque, deux adresses sont particulières, la première et la dernière.

La première adresse d'une plage est l'adresse du réseau lui-même.
Cette adresse ne pourra donc pas être utilisée pour une machine.

La dernière adresse d'une plage est une adresse spéciale, l'adresse de broadcast.
Cette adresse ne peut pas non plus être utilisée pour une machine. Elle est en fait utilisée pour identifier toutes les machines de mon réseau.
Quand nous envoyons un message à l'adresse de broadcast, ce message va être reçu par toutes les machines de notre réseau.

Nous remarquons par la même occasion que dans un réseau ayant 16 adresses disponibles, seules 14 adresses seront utilisables par les machines du réseau, car la première et la dernière seront réservées pour le réseau et le broadcast. Et cela est vrai pour tout réseau. Pour chaque réseau, il y a deux adresses non utilisables pour les machines.

Nous savons donc maintenant, à partir d'une adresse et du masque associé :

  • déterminer la première et la dernière adresse de la plage ;

  • connaître le nombre d'adresses de cette plage.

Retour sur nos questions

En début de chapitre nous avions beaucoup d'interrogations, regardons si nous avons su y répondre.

Comment allons-nous pouvoir être identifiés par rapport à un autre réseau ?

Ça, c'est bon. C'est la partie réseau de l'adresse IP qui va dire dans quel réseau nous nous situons.

Et d'ailleurs, comment allons-nous identifier les réseaux ? Vont-ils avoir une adresse ? Ou un nom ?

Nous savons identifier un réseau par la partie réseau d'une adresse IP !

S'il faut une adresse pour le réseau et une pour ma machine, nous faudra-t-il deux adresses de couche 3 ?

Nous avons vu qu'en fait nous n'avons pas deux adresses, mais une seule.
Par contre, cette adresse est toujours associée à un masque qui va pouvoir définir la partie réseau et la partie machine de l'adresse.

Vous avez bien bossé et savez donc répondre à ces questions qui nous embêtaient.
Il serait temps de passer à un peu de pratique, histoire de bien fixer les idées !

Le masque mis en pratique

Nous venons de voir beaucoup de notions, et pas si simples que cela !
Étant donné que ces notions sont fon-da-men-tales pour la suite du cours, nous allons faire quelques exercices pour bien fixer les idées et nous entraîner.

Faites ces exercices, même si vous êtes déjà des champions et que vous avez tout compris, car certains exemples sont un peu piégeux et peuvent sembler étonnants...

Adresse de réseau, de machine ou de broadcast ?

Le principe de l'exercice est simple.
Je vais vous donner un couple adresse/masque, et vous devrez me dire si l'adresse est une adresse de réseau, de machine ou de broadcast.

Premier exemple

Je vous donne donc le couple :
192.168.0.15/255.255.255.240

Comment allons-nous procéder ?
Comme auparavant, nous allons calculer la première et la dernière adresse du réseau ainsi défini. Ensuite, nous regarderons simplement si l'adresse donnée est l'une des deux ou pas.

192.168.0.15 -> 11000000.10101000.00000000.00001111
255.255.255.240 -> 11111111.11111111.11111111.11110000

Je fixe la partie réseau dans l'adresse :
11000000.10101000.00000000.00001111

Et je fais varier les bits de la partie machine en mettant tout à 0, puis tout à 1.
11000000.10101000.00000000.00000000 -> 192.168.0.0
11000000.10101000.00000000.00001111 -> 192.168.0.15

Nous avons donc trouvé 192.168.0.0 comme adresse de réseau et 192.168.0.15 comme adresse de broadcast. L'adresse donnée dans l'exercice, 192.168.0.15, est donc l'adresse de broadcast !

Aurait-on pu faire plus vite ?

La réponse est oui. En effet, quand nous avons fait notre calcul, vous avez pu observer que tous les bits de la partie machine de notre adresse étaient à 1 :
192.168.0.15 -> 11000000.10101000.00000000.00001111
Nous pouvions donc déjà deviner que cette adresse allait être l'adresse de broadcast. De même que si nous avions vu tous les bits de la partie machine à 0, nous aurions su que nous étions en présence de l'adresse du réseau.

Des exemples plus complexes

Alors allons-y !

Voici les données, à vous de faire l'exercice et de voir par la suite si vous avez la bonne réponse !

Citation

192.168.0.15/255.255.255.0
192.168.1.0/255.255.255.0
192.168.1.0/255.255.254.0
10.8.65.29/255.255.255.224
10.8.65.31/255.255.255.224
10.0.0.255/255.255.254.0

Et voici les solutions (à ne pas regarder avant d'avoir fait l'exercice !)

192.168.0.15/255.255.255.0
Réseau allant de 192.168.0.0 à 192.168.0.255 -> Adresse de machine !

192.168.1.0/255.255.255.0
Réseau allant de 192.168.1.0 à 192.168.1.255 -> Adresse de réseau !

192.168.1.0/255.255.254.0
Réseau allant de 192.168.0.0 à 192.168.1.255 -> Adresse de machine !

10.8.65.29/255.255.255.224
Réseau allant de 10.8.65.0 à 10.8.65.31 -> Adresse de machine !

10.8.65.31/255.255.255.224
Réseau allant de 10.8.65.0 à 10.8.65.31 -> Adresse de broadcast !

10.0.0.255/255.255.254.0
Réseau allant de 10.0.0.0 à 10.0.1.255 -> Adresse de machine !

Trucs et astuces !

Après ces exercices, vous avez peut-être remarqué des informations intéressantes.

  • Une adresse qui finit en 255 n'est pas obligatoirement une adresse de broadcast.

  • Une adresse qui finit en 0 n'est pas obligatoirement une adresse de réseau.

Par ailleurs, nous avons aussi vu un point commun entre toutes les adresses de broadcast : elles sont impaires !
Ceci est normal. Vu qu'elles n'ont que des 1 dans la partie machine de l'adresse, elles finissent obligatoirement par 1 et sont impaires. De même, les adresses de réseau seront toujours paires !

Cela pourra vous éviter de faire des erreurs dans vos calculs si vous trouvez des adresses de réseau impaires ou des adresses de broadcast paires.

Des adresses particulières

Les RFC

Nous venons de voir les adresses et les masques et nous avons découvert que nous formons des réseaux en les associant.

Cependant, toutes les adresses n'ont pas la même signification, notamment, certaines adresses ont été réservées pour ne pas pouvoir être utilisées sur Internet. Ces adresses sont définies dans la RFC 1918.

Par exemple, si je veux créer un nouveau protocole qui va révolutionner Internet, je vais le présenter dans une RFC qui pourra être lue, puis soumise à proposition, et enfin acceptée comme standard d'Internet.

Ainsi, depuis la nuit des temps, les RFC précisent le fonctionnement détaillé d'à peu près tout ce qui se trouve sur Internet.

Par exemple, il y a une RFC qui présente le protocole IP, la RFC 791.
Il y a même une RFC qui décrit l'envoi de messages par pigeons voyageurs... si si, la RFC 1149 qui était en fait à l'époque un poisson d'avril qui a déjà été repris deux fois dont le 1er avril 2011 avec l'adaptation à IPv6 !

Un RFC ou une RFC ?

Globalement, je n'en sais rien. Vu qu'il n'y a pas de genre en anglais et que la/le RFC n'est pas encore dans le petit Larousse, chacun fait comme bon lui semble. Je la mets au féminin car RFC veut dire Request For Comment et que requête est féminin en français.

Mais revenons à notre RFC 1918.

La RFC 1918

Cette RFC précise des plages d'adresses, soit des réseaux, qui ont une utilité particulière.
En effet, ces plages d'adresses sont réservées pour une utilisation privée. Cela veut dire que si vous faites un réseau chez vous, ou dans une entreprise, il vous faudra obligatoirement utiliser ces adresses.

Je ne peux pas choisir librement les adresses que je veux utiliser chez moi ?

Non. Et il y a une raison à cela : imaginons que j'installe mon réseau chez moi et que je n'ai pas connaissance de la RFC 1918.
Je choisis donc un réseau au hasard, par exemple le réseau 92.243.25.0/255.255.255.0.
Mais malheureusement, cette plage réseau appartient à quelqu'un sur Internet. On pourrait penser que ce n'est pas grave, car de toute façon, mon réseau est privé et ne dérangera personne sur Internet. En fait, je vais avoir des problèmes...

Par exemple, j'essaye d'aller sur mon site préféré, le Site du Zéro. Et badaboum, cela ne marche pas !
En effet, l'adresse du Site du Zéro est 92.243.25.239, qui est une adresse qui appartient à la plage réseau que j'ai choisie.
Ainsi, quand ma machine essaye de joindre cette adresse, elle pense que la machine se situe sur son propre réseau, d'après son adresse, et donc elle n'arrive pas à la joindre. Je ne pourrai donc jamais aller sur le Site du Zéro. :waw:

Comment bien choisir son adresse alors ?

C'est simple, il suffit de choisir sa plage d'adresses dans les plages réservées à cet effet dans la RFC 1918.
Les plages définies sont :

  • 10.0.0.0/255.0.0.0

  • 172.16.0.0/255.240.0.0

  • 192.168.0.0/255.255.0.0

Par exemple, je peux tout à fait choisir la plage 10.0.0.0/255.255.255.0 ou 192.168.0.0/255.255.255.0.
Vu que ces adresses n'appartiennent à personne sur Internet, je serai sûr de pouvoir joindre n'importe quel site sur Internet.
C'est aussi pour cela que, très souvent, les adresses qui sont données par les opérateurs sont dans ces plages.

Bon, vous commencez maintenant à être bien à l'aise avec l'utilisation des masques et des adresses IP. Nous allons pouvoir attaquer la partie ardue des masques : le découpage de plages d'adresses.

  • vous savez maintenant ce qu'est une adresse IP et le masque qui lui est associé ;

  • vous savez aussi ce qu'un réseau est défini par une adresse et un masque ;

  • vous commencez à savoir utiliser le masque pour faire des calculs sur l'adresse IP.

Nous allons maintenant mettre en pratique ce que nous venons d'apprendre pour découper une plage d'adresses.

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