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Last updated on 12/5/13

Les boissons énergisantes

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Un petit coup de mou pendant un marathon ? :'( Un match de tennis qui s'éternise ?

Pour reprendre des forces, les sportifs peuvent avoir besoin de consommer des boissons énergisantes. Non, je ne parle pas de dopage, ni de breuvages à la mode pour pseudo-fêtards qui ne tiennent pas le coup la nuit sans leur petite canette, mais de boissons réellement consommées par les sportifs, en toute légalité, comme Isostar ou Powerade, par exemple.

A - Solutions aqueuses

Dans une boisson énergisante, pour commencer, il y a surtout... de l'eau. C'est l'espèce chimique ultra-majoritaire. Il y a aussi un peu de sel, pour retenir cette eau dans le corps et favoriser l'hydratation. Et pour l'énergie, quelle espèce chimique va l'apporter ?

Vous n'y êtes pas du tout. La caféine maintient éveillé mais qui va s'endormir en plein match ? C'est plutôt un veilleur de nuit qui en aurait besoin. Ni la caféine ni la taurine n'apportent la moindre calorie d'énergie.

Non, le secret :magicien: des boissons énergisantes, le carburant indispensable à tout effort, c'est... le SUCRE ! ;) Ou plutôt les glucides en général : glucose, fructose, saccharose, auxquels on ajoutera l'amidon, le fameux "sucre lent" que les sportifs consomment à presque tous les repas dans leurs pâtes, riz, maïs, pommes de terre et autres féculents.

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On trouve aussi dans ces boissons des vitamines, des colorants et des arômes. Il y a donc toutes sortes d'espèces chimiques. Ce sont des mélanges. Et pourtant, la plupart du temps, quand on les regarde, on ne voit pas que ce sont des mélanges. Où qu'on cherche dans la bouteille, on voit toujours le même liquide vaguement coloré. Ce sont des mélanges homogènes. A croire qu'ils ont honte ! Ils se cachent. :ninja: Ils se font passer pour des corps purs (composés d'une seule espèce chimique).

Pas toujours, ceci dit. Il y en a qui assument. Les boissons contenant de la pulpe de fruits, par exemple. On y distingue plusieurs zones différentes : des phases. Ce sont des mélanges hétérogènes.

Mais, même dans les boissons hétérogènes, on ne voit ni grains de sucre, ni grains de sel. Ces espèces chimiques sont bien là, pourtant. Si on ne les voit pas, c'est parce qu'elles sont divisées en particules microscopiques, invisibles à l'oeil nu. On dit qu'elles sont dissoutes dans l'eau. Ce sont des solutés, l'eau est un solvant et, ensemble, solvant et solutés forment un mélange qu'on appelle une solution.

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Sur ce schéma, par exemple, j'ai représenté les particules microscopiques de la vitamine C, du glucose et du fructose, dispersées et noyées dans l'eau. Glucose, fructose et vitamine C jouent dans ce cas le rôle de solutés et l'eau sert de solvant.

Quand, comme ici, c'est l'eau qui joue le rôle du solvant dans une solution, on dit que c'est une solution aqueuse.

Mais elles sont comment, ces particules microscopiques ?

Elles sont très différentes les unes des autres. Chaque espèce chimique a les siennes. Mais on peut quand même les classer en trois grandes catégories. Pour les trier, on va leur faire subir une épreuve : on va les torturer un peu :diable: avec une tension électrique et observer la façon dont chacune réagit.

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Voici donc un générateur de tension électrique, avec ses deux bornes. Chacune est reliée à une tige (une électrode), qui trempe dans la boisson énergisante. L'électrode reliée à la borne + s'appelle l'anode. Côté -, nous avons la cathode.

Certaines particules microscopiques sont attirées par l'anode et vont migrer lentement vers elle. Ce sont des anions (A, sur le schéma). D'autres sont attirées par la cathode : les cations (C). La troisième catégorie est celle des particules nullement impressionnées par la tension électrique, qui ne sont attirées ni d'un côté, ni de l'autre. On les appelle des molécules (M).

Trois réactions différentes, d'accord, mais pourquoi ? Qu'est-ce qui fascine tant les anions, par exemple, du côté de l'anode ?

Tout ça, en fait, c'est une histoire de charges électriques. Il en existe deux sortes : les charges + et les charges -. Et quand deux charges de même signe s'approchent l'une de l'autre, elles n'apprécient pas du tout >_ et se repoussent aussitôt. Par contre, deux charges de signes opposés ressentiront l'une pour l'autre une attraction irrésistible. :honte: Or, l'anode est reliée à la borne + du générateur, donc elle est chargée positivement. Si les anions se dirigent vers elle, cela ne peut vouloir dire qu'une seule chose : ils portent des charges électriques négatives.

De même, les cations portent des charges électriques positives et sont donc attirés par la cathode (négative). Les ions (cations et anions) ont en commun cette sensibilité aux tensions électriques en raison des charges qu'ils portent. Les molécules, par contre, sont électriquement neutres.

Une boisson énergisante contient à la fois des anions, des cations et des molécules.

B - La concentration massique

Observez à nouveau ce schéma :

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Vous pouvez remarquer que, pour un même volume, il y a moins de vitamine C que de glucose ou de fructose. Ces deux glucides sont plus concentrés que la vitamine C.

La concentration massique d'un soluté est une grandeur physique, tout comme la masse, la longueur, le volume, etc. Elle indique la masse de soluté présente dans un litre de solution. Pour la déterminer, il faut diviser la masse du soluté par le volume de la solution.

Le moment est donc venu de découvrir notre première... formule mathématique. :D Ah, les formules... On aimerait bien les éviter, en général, et explorer le monde sans avoir à s'embêter :( avec des maths. Mais on s'aperçoit qu'elles deviennent vite indispensables. Le mieux est donc de les apprivoiser dès maintenant. Rassurez-vous : elles ne mordent pas. ;)

Pour la concentration massique, cela donne :

$Cm=\frac{m}{V}$

  • m : masse de soluté, exprimée en grammes (g)

  • V : volume de la solution, exprimé en litres (L)

  • Cm : concentration massique (on peut aussi la noter t)

Parfois, on peut aussi regarder tout simplement l'étiquette de la boisson.

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Ici, on peut lire : extrait de thé (1,4 g/L). Il y a donc 1,4 grammes d'extrait de thé dans un litre de solution.

La plupart des grandeurs physiques ont une unité. Pour une distance, par exemple, c'est le mètre (symbole m). Pour la concentration massique, vous voyez qu'on utilise le gramme par litre.

Mais il y a un problème sur cette étiquette. Le gramme par litre y est symbolisé par g/L.

Il est où, le problème ? C'est pas comme ça qu'il faut écrire ?

Vous avez, c'est vrai, l'habitude de voir ce genre de notation dans la vie courante. Et c'est certainement d'elle que vous vous serviez au collège. Mais les scientifiques en utilisent une autre, qui s'avère plus pratique quand les calculs deviennent compliqués. :o

Etrange, n'est-ce pas ? :euh:

D'abord, il y a ce symbole $\cdot$, que vous ne connaissez pas. Il représente la multiplication.

Mais le symbole de la multiplication, ce n'est pas $\times$ ????? :(

Surtout pas ! Jusqu'à maintenant, pour multiplier 25 par 3, vous pouviez vous permettre d'écrire des $\times$. Mais c'est fini ! Dès qu'on commence à faire des calculs plus sophistiqués, des inconnues x apparaissent bien souvent. Et $\times$ ressemble beaucoup trop à x.

Donc, c'est comme ça, la multiplication, désormais, c'est $\cdot$, et puis c'est tout ! :)

Peut-être, mais dans la formule, il n'y a pas de multiplication. Ne faut-il pas plutôt diviser la masse par le volume ?

Exactement ! Et c'est bien pour ça qu'on n'écrit pas $g \cdot L$ mais $g \cdot L^{-1}$. Ne cherchez pas trop, pour l'instant, à savoir pourquoi on a choisi de représenter la division de cette façon. Retenez juste que $g \cdot L^{-1}$ se prononce "grammes par litre" et signifie qu'on divise une masse en grammes par un volume en litres.

J'aimerais bien savoir, quand même. Pourquoi représenter la division comme ça ?

Je vous reconnais bien là, petit curieux. :) OK, vous avez l'esprit scientifique : vous voulez connaître le pourquoi du comment. Je vais vous répondre. Mais d'abord, il faut que je vous parle un peu des puissances de 10.

Comme vous le savez sans doute :

  • $10^3 = 10 \cdot 10 \cdot 10 = 1000$

  • $10^2 = 10 \cdot 10 = 100$

  • $10^1 = 10 = 10$

Figurez-vous qu'on peut continuer comme ça :

  • $10^0 = 1$

  • $10^{-1} = 0,1$

  • $10^{-2} = 0,01$

  • $10^{-3} = 0,001$

A présent, si je multiplie un nombre par $10^{-1}$, donc par 0,1, cela revient bien à le diviser par 10. Pour le gramme par litre, c'est pareil : multiplier $g$ par $L^{-1}$, cela revient à diviser$g$ par $L$.

Bien, votre curiosité est satisfaite. Je reprends :
$Cm=\frac{m}{V}$

  • m : masse de soluté, exprimée en grammes (g)

  • V : volume de la solution, exprimé en litres (L)

  • Cm : concentration massique, emprimée en grammes par litre ($g \cdot L^{-1}$)

Prenons un exemple :

On dissout 5,0 mg de glucose dans de l'eau. La solution obtenue a un volume de 20 dL. Quelle est la concentration massique du glucose ?

5,0 ??? Pourquoi pas 5, tout simplement ?

C'est quelque chose de TRES IMPORTANT en Physique-Chimie : la précision des mesures. En Mathématiques, un 5 ne correspond à rien de réel. Du coup, on peut bien écrire 5,0 ou 5,00, c'est exactement la même chose. Mais là, je suis en train de vous parler d'une masse de glucose, du vrai glucose bien réel. Quand on écrit $m = 5\ g$, la vraie masse n'est peut-être pas exactement de 5 g. C'est peut-être un arrondi. La vraie masse vaut peut-être 4,8 g ou 5,3 g.

Maintenant, si j'écris $m = 5,0\ g$. La vraie masse vaut peut-être 4,99 g ou 5,02 g mais certainement pas 4,8 g ou 5,3 g. C'est plus précis. Et si j'écrivais $m=5,00\ g$, ce serait encore plus précis.

Je recommence : On dissout 5,0 mg de glucose dans de l'eau. La solution obtenue a un volume de 20 dL. Quelle est la concentration massique du glucose ?

Ah mais non, ça ne va pas là, on vient de dire que la masse devait être en grammes et le volume en litres. Comment faire ?

C'est bien ça le problème : les données d'un énoncé ne sont pas forcément exprimées dans la même unité que celles de la formule. Il est donc indispensable de retenir celles de la formule. Maintenant, pour pouvoir faire le calcul, il faut convertir les données de l'énoncé.

La masse, 5,0 mg, doit être convertie en grammes. Il y a 1000 mg dans 1 g donc $m=0,0050\ g$. Il y a beaucoup de zéros, n'est-ce pas ? Normal, c'est le Site du Zéro. ;) Mais on n'a pas envie de s'encombrer avec, donc on va faire appel aux puissances de 10.

Comme je vous le disais plus haut : $10^{-3} = 0,001$. Donc $m=0,0050\ g=5,0 \cdot 10^{-3}g$

Passons au volume : $V = 20\ dL = 2,0\ L$.

Maintenant que chaque grandeur est exprimée avec la bonne unité, on peut appliquer la formule :

$Cm = \frac {m}{V}= \frac {5,0 \cdot 10^{-3}}{2,0}=2,5 \cdot 10^{-3}$$g \cdot L^{-1}$

Vous avez compris ? :)

C'est ce qu'on va voir ! :pirate: Regardez l'étiquette de toute à l'heure et calculez-moi la concentration massique du sodium dans cette boisson.

Masse du soluté (le sodium) : $m = 0,02\ g = 2 \cdot 10^{-2} g$

Volume de la solution : $V=100\ mL=0,1\ L= 1 \cdot 10^{-1} L$

$Cm = \frac {m}{V}= \frac {2 \cdot 10^{-2}}{1 \cdot 10^{-1}}=2 \cdot 10^{-1}$$g \cdot L^{-1}$

C - Préparer une boisson sucrée

Les boissons énergisantes peuvent coûter assez cher. Elles ne sont pourtant pas si difficiles à préparer. Les deux principaux ingrédients, vous l'avez compris, sont l'eau et le sucre. Je vous propose donc de réaliser, avec le matériel du chimiste, une boisson sucrée.

:magicien: Nous voulons préparer :50\ mL de solution aqueuse de saccharose, avec une concentration massique de 30\ g\cdot L^{-1}$50\ mL$ de solution aqueuse de saccharose, avec une concentration massique de $30\ g\cdot L^{-1}$

Autrement dit, nous voulons un mélange d'eau et de sucre, dont le volume total soit de $50\ mL$, et qui contienne juste assez de sucre pour avoir une concentration massique de $30\ g\cdot L^{-1}$

Qu'est-ce que ça change, que la concentration massique vale $30\ g\cdot L^{-1}$ ou autre chose ?

Déjà, ça change le goût. Plus la concentration massique est grande, plus la boisson a un goût sucré. Et dans le cas d'une boisson énergisante, nous voulons une boisson assez concentrée pour apporter de l'énergie mais pas trop quand même pour des raisons diététiques évidentes.

Voyons un peu ce que nous avons sous la main pour préparer cette boisson. Il s'agit du matériel classique que l'on trouve dans tous les laboratoires de Chimie :

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  • Du saccharose en poudre.

  • Une pissette d'eau distillée.

  • Une éprouvette graduée de $100\ mL$.

  • Un bécher gradué de $100\ mL$.

  • Une fiole jaugée de $50,0\ mL$.

  • Une pipette jaugée de $5,0\ mL$.

  • Une spatule.

  • Une capsule en plastique

  • Un entonnoir.

  • Une balance.

Pour mesurer le volume total de $50\ mL$, il y a donc plusieurs candidats : l'éprouvette, le bécher, la fiole jaugée et la pipette jaugée. Mais les graduations d'un bécher, sachez-le, sont toujours très approximatives. Pas question de nous y fier pour des mesures de précision. Celles de l'éprouvette sont déjà un peu plus fiables mais pas tant que ça. En matière de précision, rien ne vaut le matériel jaugé.

La fiole jaugée n'est pas graduée. Elle ne comporte qu'une seule marque : un trait de jauge. Le volume de liquide qu'elle peut contenir, entre le fond et le trait de jauge, est très exactement égal à la valeur inscrite sur la fiole, avec une précision de l'ordre du centième de millilitre. Ici, c'est une fiole jaugée de $50,0\ mL$ (Oh ben, ça, ça tombe bien, alors... ;) ) Il y a donc très exactement $50,0\ mL$ entre le fond de la fiole et le trait de jauge.

Bien, nous savons maintenant avec quoi obtenir le volume de $50\ mL$. Mais comment mesurer une concentration massique de $30\ g\cdot L^{-1}$ ? Nous n'avons pas d'appareil permettant de faire ça. Par contre, nous avons une balance, pour peser le sucre. Mais quelle masse de sucre en poudre faut-il peser pour préparer $50\ mL$ de solution aqueuse de saccharose à $30\ g\cdot L^{-1}$ ?

Calcul de la masse de sucre

Nous allons ressortir notre formule préférée :) :

$Cm=\frac{m}{V}$

  • m : masse de soluté, exprimée en grammes (g)

  • V : volume de la solution, exprimé en litres (L)

  • Cm : concentration massique (on peut aussi la noter t)

Cette fois, nous connaissons la concentration massique Cm et le volume V de la solution. Par contre, on cherche m, la masse du soluté. Il faut donc faire un petit calcul.

Mais attention ! C'est un calcul avec des lettres : un calcul littéral. Pas de chiffres dans ce calcul. Nous cherchons la formule qui permettra de calculer m, c'est à dire une formule du genre :

$m = quelque chose$

Or, nous savons que : $\frac{m}{V}=Cm$

Le calcul va donc consister à multiplier les deux membres de l'équation par V, le volume de la solution :

$m=Cm \cdot V$

Et voila ! Maintenant, nous connaissons Cm, nous connaissons V donc nous pouvons calculer m. Mais avant ça, je tiens d'abord à vous féliciter chaleureusement : vous venez de réussir votre premier calcul littéral ! Bravo ! :D ;) :p :lol:

Une fois que vous avez fini de faire la fête, :D reprenez le calcul. Je vous rappelle que nous cherchons la masse de saccharose à peser pour préparer notre boisson. Maintenant que nous avons la formule littérale, occupons-nous des unités.

$m=Cm \cdot V$m est la masse de soluté en grammes (g). Cm est la concentration massique en grammes par litre ($g\cdot L^{-1}$) et V est le volume en litres (L). Mais, vous l'avez compris, le volume est exprimé en millilitres dans l'énoncé, et il faut le convertir.
$V = 50\ mL = 0,050\ L = 5,0 \cdot 10^{-2} L$

Voila qui est fait. Nous avons maintenant les bonnes unités. L'heure d'appliquer la formule a donc sonné. :diable:

$m=Cm \cdot V= 30 \cdot 5,0 \cdot 10^{-2} = 1,5\ g$

La masse m de saccharose à peser est donc : 1,5 g.

Dissolution

Armés :pirate: de cette information, dirigeons-nous vers la balance. Pas question de verser le sucre en poudre en vrac sur le plateau. Nous allons le transporter dans une capsule en plastique. Donc on commence par poser la capsule sur le plateau de la balance. Aussitôt, avant même qu'on commence à mettre du sucre dans la capsule, la balance indique déjà une masse supérieure à 1,5 g ! o_O Eh oui : c'est celle de la capsule. Il ne faut pas la compter dans la masse de sucre. Heureusement, la plupart des balances électroniques qu'on trouve dans les laboratoires de Chimie disposent d'un bouton TARE. En appuyant sur ce bouton, la masse affichée redevient 0... alors que la capsule est toujours sur le plateau. On peut donc commencer à verser du sucre à l'aide d'une spatule, jusqu'à ce que la balance indique 1,5 g. C'est la masse de sucre présente dans la capsule.

Il faut maintenant mélanger ce sucre avec l'eau distillée. Nous savons déjà où réaliser ce mélange : dans la fiole jaugée. Mais faut-il verser d'abord l'eau ou le sucre ? :euh:

Car, finalement, nous ne savons pas quel volume d'eau il faut verser dans la fiole. Le seul volume que nous connaissions, c'est celui de la solution finale. Impossible donc de commencer par l'eau. Il faut d'abord transférer le saccharose de la capsule dans la fiole. Pas besoin de l'entonnoir pour ça. Il risque même de nous gêner. La capsule est en plastique souple : on peut la plier et guider ainsi le sucre dans l'embouchure de la fiole. Une fois le sucre au fond, on peut commencer à verser de l'eau distillée avec la pissette.

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Tandis que vous versez l'eau, le sucre commence à se dissoudre.

Jusqu'où faut-il verser de l'eau distillée ?

Ce serait tentant, :diable: en effet. Le problème, c'est que quand le sucre se dissout, son volume augmente. Donc, si on verse tout de suite de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge alors que le sucre n'est pas encore complètement dissous, on va se retrouver avec un volume trop grand quand la dissolution sera finie. Et là, tout sera à recommencer ! :waw:

Agissons avec prudence. :colere2: Mettons d'abord juste assez d'eau pour dissoudre le sucre : la moitié (environ) de la fiole suffira. Ensuite, on bouche la fiole et on agite bien pour que le saccharose se dissolve entièrement. On peut alors déboucher la fiole et ajouter encore de l'eau distillée, jusqu'au trait de jauge cette fois-ci. Mais il y a encore un problème...

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Encore ? :colere:

Le problème c'est que la surface du liquide dans le col de la fiole n'est pas horizontale. Comme les parois sont très rapprochées à cet endroit, le liquide adhère au verre et forme un petit arc de cercle qu'on appelle un ménisque. Or, le trait de jauge, lui, est droit. On considère donc que le niveau du liquide a atteint le trait de jauge quand le bas du ménisque est sur ce trait.

On peut agiter à nouveau la fiole (bouchée) pour que la concentration en saccharose soit bien la même partout dans la solution.

C'est prêt ! :D

D - Une solution moins concentrée

Supposons maintenant qu'on veuille préparer une deuxième boisson sucrée, mais moins concentrée que la première. Cette fois-ci, on veut $Cm = 3,0\ g\cdot L^{-1}$. Il faut donc diviser la concentration de la première solution par 10. Facile à dire. :( Mais, en pratique, comment faire ?

Il faut diluer la première solution. C'est à dire lui ajouter du solvant, pour augmenter son volume et donc réduire la concentration massique en soluté. Pour nous, le solvant, c'est l'eau. Et le soluté, c'est le sucre.

On appelle solution mère, ^^ celle qu'on veut diluer (la solution 1), afin d'obtenir une solution fille :honte: moins concentrée (la solution 2). Pour préparer 50 mL de solution fille, il faut prélever quelques millilitres de solution mère, les verser dans une autre fiole jaugée de 50,0 mL et compléter avec du solvant (de l'eau distillée) jusqu'au trait de jauge.

Oui, mais voilà : quel volume de solution mère allons-nous prélever ? C'est parti pour un petit calcul littéral.

  • m1 : masse de saccharose dans la solution mère

  • m2 : masse de saccharose dans la solution fille

  • V1 : volume de la solution mère

  • V2 : volume de la solution fille

  • Cm1 : concentration massique du sucre dans la solution mère

  • Cm2 : concentration massique du sucre dans la solution fille

Là-dedans, nous connaissons Cm1 ($30\ g\cdot L^{-1}$), Cm2 ($3,0\ g\cdot L^{-1}$) et V2 ($50\ mL = 5,0 \cdot 10^{-2} L$). Nous cherchons V1, le volume de solution mère qu'il faut diluer pour obtenir 50 mL de solution fille.

On sait aussi que les deux solutions (la mère et la fille) contiennent exactement la même masse de saccharose. En effet, pour passer de l'une à l'autre, on ajoute de l'eau mais pas de saccharose.

Donc$m1=m2$
Or, je vous rappelle que, tout à l'heure, nous avons découvert que $m=Cm \cdot V$

Par conséquent $m1=Cm1 \cdot V1$$m2=Cm2 \cdot V2$

Et puisque ces deux masses sont les mêmes, cela ne peut vouloir dire qu'une chose :

$Cm1 \cdot V1=Cm2 \cdot V2$

Nous cherchons V1. La prochaine étape consiste donc à diviser des deux côtés par Cm1 :

$V1 = \frac{Cm2}{Cm1} \cdot V2$

Et alors ? C'est-y pas super le calcul littéral ? :D Même pas besoin de nombres !

Maintenant, on peut remplacer Cm1, Cm2 et V2 par leurs valeurs :

$V1 = \frac{Cm2}{Cm1} \cdot V2 = \frac {3,0}{30} \cdot 5,0 \cdot 10^{-2} = 5,0 \cdot 10^{-3} L = 5,0\ mL$

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Dilution

5,0 mL ! C'est le volume de solution mère qu'il nous faut. Et pour le prélever, nous avons justement une pipette jaugée de 5,0 mL. (C'est fou ce que le monde est bien fait. ;) ) Une pipette, c'est un tube en verre très fin à l'intérieur duquel on peut aspirer des liquides. Le principe est un peu le même que celui d'une paille mais avec une énorme différence : on ne pipette JAMAIS avec la bouche ! Imaginez un peu toutes les substances chimiques que vous risqueriez d'avaler. Bon d'accord, là, c'est de l'eau sucrée. Mais prenons quand même de bonnes habitudes. Pour aspirer un liquide dans une pipette, on ne produit pas une dépression avec la bouche mais avec une propipette : un ustensile qu'on fixe à l'extrémité de la pipette.

Comme la fiole précédente, cette pipette est jaugée : elle comporte un ou deux traits de jauge et il y a précisément 5,0 mL entre les deux traits de jauge ou entre le trait de jauge unique et l'extrémité de la pipette. Elle va nous servir à prélever 5,0 mL de la solution 1. Seulement, cette solution 1 se trouve encore dans sa fiole jaugée. Et on ne plonge pas une pipette dans une fiole : ça ne se fait pas.

Il faut donc commencer par verser environ 10 mL de la solution 1 dans un bécher (cette fois, les graduations approximatives du bécher peuvent nous aider vaguement) puis saisir la pipette jaugée et sa propipette et prélever 5,0 mL dans ce bécher. On les verse alors dans une autre fiole jaugée de 50 mL, on ajoute de l'eau distillée jusqu'aux 2/3 de la fiole, on agite, puis on verse encore de l'eau distillée jusqu'à ce que le bas du ménisque atteigne le trait de jauge et on agite à nouveau.

Voilà, j'ai un peu accéléré sur la fin mais vous avez compris le principe. Ces deux techniques, la dissolution et la dilution, sont fondamentales : vous vous en servirez souvent au lycée, et encore par la suite si vous entreprenez des études scientifiques. :soleil:

Votre voyage au coeur de la matière a commencé. :) Vous savez maintenant ce que vous buvez et comment préparer ce genre de boissons. Démarrer était le plus difficile et ce long chapitre comporte beaucoup de notions à assimiler. N'hésitez pas à le relire une ou deux fois à tête reposée et prenez bien votre temps. ;) Nous nous servirons de ces bases tout au long des autres chapitres.

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