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J'ai tout compris !

Mis à jour le 20/12/2018

Anticipez les aspects pédagogiques de l'hybridation

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Créez un alignement constructif

Vous avez décidé de passer votre formation en blended, mais vous ne savez pas par où commencer. La règle d'or : toujours partir de vos apprenants. Vous souhaitez qu’ils apprennent mieux et plus rapidement, bref, vous souhaitez améliorer l’efficacité de votre formation. Or, comme vu précédemment, pour être efficace, votre formation doit respecter une règle très simple : le principe de l’alignement constructif.

En gros, si votre objectif pédagogique est de développer l’esprit critique de vos apprenants, mais que vous évaluez avec des QCM, il y a un problème d’alignement constructif.

En blended learning, ce n'est pas suffisant que les méthodes et les évaluations soient alignées avec les objectifs. Il faut rajouter une quatrième dimension : les outils.

Les outils numériques utilisés doivent être au service des objectifs pédagogiques. Une bonne pratique est donc de tout d’abord définir ses objectifs pédagogiques. Puis ensuite seulement, de réfléchir à comment les outils numériques peuvent aider à les atteindre plus efficacement.

Chaque objectif peut être abordé par 5 facettes différentes que je vais vous détailler. Pour chacune de ces facettes, je vous propose une liste de questions permettant de faire le lien entre les objectifs pédagogiques et les outils numériques. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses à ces questions, l'important est de se les poser. Votre réponse va dépendre de votre contexte d'enseignement. Pour vous aider, je vous indique pour chacune des questions, les réponses apportées par les dispositifs vus en deuxième partie.

Organisez les ressources

Pour acquérir des connaissances et des savoir-faire, les apprenants ont besoin d’avoir accès à des informations. En présentiel “classique”, cela vient du formateur ou de l’enseignant qui parle accompagné d'un support visuel (PowerPoint). Cela peut aussi être complété par un manuel ou tout autre support écrit.

Il y a 4 questions principales à se poser :

  • Quelles ressources ?

  • Qui les produit ?

  • Comment les trouver ?

  • Quelle gestion des learning analytics ?

Quelles ressources ?

En blended learning, les ressources sont avant tout numériques. S'agit-il de fichiers textes, de PowerPoint, de vidéos, d'images ? Ou même d'un mélange de tout cela ?

Le cas particulier de la vidéo

Souvent, les ressources en blended sont des vidéos. Cela pose quelques questions particulières, notamment au niveau de l’hébergement (une vidéo, c’est lourd) et de la visualisation (qui peut être décorrélée). Je vous déconseille très fortement l’utilisation de YouTube ou toute autre plateforme avec des publicités. L’idéal est une plateforme où l’apprenant est en “système fermé” : il ne peut pas visionner d’autres vidéos que celles qui sont prévues.
Faites également attention à la durée des vidéos. Si jamais vous souhaitez que la majorité de vos ressources se retrouvent sur vidéo, n’oubliez pas la règle d’or : maximum 5 minutes par vidéo (scénarisée avec montage, même léger). Si vous avez trop de choses à faire passer, faites plusieurs vidéos. C’est le principe de la granularité.

Qui les produit ?

Ces ressources sont-elles internes (au choix du formateur, voire élaborées par le formateur) ou externes (produites et mises à disposition par une entité autre) ? Par exemple, si vous utilisez un MOOC en formation, il s’agit d’une ressource externe.

L’avantage des ressources externes est qu’elles sont déjà faites, par définition. L’utilisation de ressources internes demande beaucoup plus de temps (il faut créer les ressources). En revanche, vous êtes assuré qu’elles correspondent exactement à vos besoins et vos objectifs pédagogiques.

Pensez également à la place des ressources supplémentaires apportées par les apprenants.  Si c’est important pour vous que les apprenants trouvent leurs propres ressources/sources d’informations, cela sera facilité par un outil numérique. Le plus simple est de mettre en place un outil d’agrégation ou de curation coopérative. Je peux vous citer : Paddlet, Pearltree ou Stample.

Comment les trouver ?

Comment les apprenants trouvent-ils vos ressources ? Sont-elles simples d'accès ? L'idéal est d'avoir une seule plateforme ou un site internet où toutes les ressources de toutes sortes sont regroupées. Un endroit unique où chercher facilite grandement la vie de l'apprenant. Évitez également au maximum la multiplication des comptes, pseudos et mots de passe différents.

Quelle gestion des learning analytics ?

La première question à se poser :  Les apprenants sont-ils obligés de consulter les ressources ? Ou au contraire, est-ce à eux de choisir ce qu’ils souhaitent consulter ? Si c’est obligatoire, cela implique qu’il faut un moyen de le vérifier. Cela peut passer par un petit test de connaissances au début de la séance suivante. Cela peut aussi passer par un outil numérique qui vous tient informé des interactions des apprenants avec le contenu. C’est ce que l’on appelle les “learning analytics”.

Gérer l'engagement et l'activité

Dans un dispositif hybride, le but est de développer la motivation intrinsèque des apprenants comme moteur des apprentissages. Pour cela, vous pouvez jouer sur les 3 leviers de l’engagement : autonomie, expertise et utilité (valeur de la tâche).

Les questions principales à se poser seront donc :

  • Les règles d'évaluation sont-elles claires pour tout le monde ?

  • Comment jouez-vous sur les 3 leviers de la motivation ?

  • Quelle gestion du numérique en présentiel ?

  • Quels sont les outils de régulation pour les apprenants ?

  • Quels sont les outils de régulation pour le formateur ?

Les règles du jeu sont-elles claires pour tout le monde ?

Ce point est particulièrement important pour les formations certifiantes.

Comment jouez-vous sur les 3 leviers de la motivation ?

Le premier levier est le sentiment d'expertise. Pour développer le sentiment d’expertise, il faut développer l’expertise, avec des cours et des entraînements. Il faut également développer le sentiment, avec du feedback régulier sur des exercices de difficulté croissante.

Les connaissances présentées ou à découvrir font-elles sens pour l’apprenant ? En voit-il l'utilité ? Pour que les apprenants s’emparent de ces connaissances, assurez-vous qu’ils voient très rapidement et clairement le lien entre ces connaissances et leur objectif de formation. Autrement dit, faites émerger le besoin de connaissances avant de présenter les connaissances.

Afin de développer l'autonomie des apprenants, le premier prérequis est qu'un choix soit présenté à l'apprenant. Cela peut être un choix dans le parcours choisi, dans l'ordre de suivi, ou même dans les notions explorées. De plus, le contexte (le contenu et le dispositif) doit être exposé de façon suffisamment claire pour que l'apprenant puisse choisir de façon éclairée.

Quelle gestion du numérique en présentiel ?

Quelles autorisations d'utilisation des outils numériques ? Prévoyez-vous des moments "off line" ? Comment vous assurez-vous que les apprenants ne se "perdent" pas sur Facebook ou autre activité parasite ?

Quels sont les outils de régulation pour les apprenants ?

Quels sont les outils de régulation mis à la disposition de l’apprenant pour qu’il puisse voir où il en est ? Cela peut être des grilles d’analyse, une démarche expérimentale, un protocole d’évaluation. Comment l’apprenant peut-il visualiser au fur et à mesure de la formation l’acquisition de ses compétences ?

Quels sont les outils de régulation pour le formateur ?

L’utilisation d’outils numériques va vous donner accès à de nombreuses données concernant les activités des apprenants. Quels indicateurs allez-vous relever ? Comment allez-vous les analyser ? Quels sont vos objectifs chiffrés ? À partir de quel seuil critique mettrez-vous en place des actions correctives ?

Il faut également se demander : que faire des apprenants non impliqués ? Comment les repérer ? Que mettez-vous en place pour relancer leur engagement ?

Coordonnez les interactions

Pour apprendre, les apprenants vont interagir avec vous, le formateur, mais également entre eux.

On distingue 3 sortes d’interactions :

  • Les interactions cognitives : les apprenants parlent du sujet enseigné. Exemple : “Peux-tu m’expliquer pourquoi tu divises ici par x, alors qu’il peut être nul ?”

  • Les interactions sociales : les apprenants créent du lien. Exemple : “As-tu passé un bon weekend ?”

  • Les interactions pédagogiques : interaction asymétrique entre un expert et un novice. Typiquement, les interactions entre le formateur et les apprenants.

Même si ce que l’on recherche en tant que formateur, ce sont les interactions cognitives, celles-ci ne sont possibles que si elles sont soutenues par des interactions sociales et pédagogiques.

Les interactions peuvent être synchrones ou asynchrones. La recherche nous dit que la communication asynchrone est plus puissante pour l’apprentissage. En effet, ce type d’échanges permet la “mise en mémoire” des propos qui deviennent consultables. Cela permet plus de réflexivité, car on peut prendre le temps de la réflexion, alors que dans un échange oral classique, on répond à chaud.

Les questions principales à se poser seront donc :

  • Quel outil numérique pour “enrichir” les interactions synchrones ? 

  • Quel outil numérique pour les interactions asynchrones?

  • Comment incitez-vous aux interactions cognitives ?

  • Comment installez-vous les interactions sociales?

  • Quelle place pour les interactions pédagogiques?

Quel outil numérique pour “enrichir” les interactions synchrones ?

Cela peut être par exemple des outils de QCM en direct comme Plickers, Kahoot ou Socrativ. Cela peut aussi être un outil plus large comme Beekast, par exemple.

Quel outil numérique pour les interactions asynchrones ?

Idéalement, il pourra être utilisable en distanciel et en présentiel. Cela peut être un outil de type forum, du travail sur des documents collaboratifs comme Gdoc ou l’utilisation des réseaux sociaux personnels (Facebook), professionnels (Linkedin) ou mixtes (Twitter). Si vous avez un LMS, n’oubliez pas d’aller regarder du côté de ce qu’il propose.

Comment incitez-vous aux interactions cognitives ?

Il ne suffit pas de donner aux apprenants des outils pour parler entre eux, il faut aussi leur fournir des sujets de conversation. Cela peut passer par des productions à faire à plusieurs, des défis, des questions de relance, etc.

Comment installez-vous les interactions sociales ?

Ce point est crucial, notamment pour les formations ayant peu de présentiel. Pour travailler ensemble, vos apprenants doivent apprendre à se connaître. Incitez-les à se présenter en ligne, à compléter leur profil. Une bonne façon de créer facilement des interactions sociales est d’utiliser les réseaux sociaux des apprenants, en créant un groupe privé Facebook, par exemple.

Quelle place pour les interactions pédagogiques ?

Comment les apprenants peuvent-ils vous joindre en dehors des moments de présentiel ? Intervenez-vous sur le forum ? N’hésitez pas à citer des apprenants de façon nominative dans vos réponses pour les relancer.

Planifiez les productions

Vous allez demander à vos apprenants des productions (c’est ce que l’on appelle les livrables, au sein des projets des parcours OpenClassrooms). Ces productions sont souvent le support pour l’évaluation.

Idéalement, ce que l’on évalue, dans la production, ce n’est pas sa qualité intrinsèque, mais ce que sa réalisation a permis à son auteur d’apprendre.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller voir ce chapitre sur le cours sur l'évaluation qui vous donne la différence entre performance et apprentissage. 

Les questions à se poser seront donc :

  • Les productions demandées sont-elles bien décrites ?

  • Quelle place pour les productions des apprenants ?

  • Quelle évaluation pour ces productions ?

Les productions demandées sont-elles bien décrites ?

L’apprenant sait-il de façon claire à quoi il doit arriver, ce qu’il doit produire et dans quelles conditions ?

Quelle place pour les productions des apprenants ?

Ces productions vont-elles alimenter la banque de ressources ? Si oui, comment évaluer la qualité ?
Quelle valorisation pour les productions de grande qualité ? Cela permettra de renforcer le sentiment d’expertise de son ou ses auteurs et donc leur motivation. Mais cette production sera extrêmement utile aux autres apprenants comme modèle.

Quelle évaluation pour ces productions ?

Évaluation directe par un formateur, évaluation par les pairs ? Modalités mixtes ?

Exemple de certificat de réussite
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