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Mis à jour le 26/10/2021

Interroger les résultats obtenus

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Maintenant que nous avons fait le point sur les différentes sources sur Internet et la façon dont les résultats de recherche peuvent varier, il est temps d’interroger les résultats obtenus !

Analyser le contexte de l'information

L’information, quelle qu’elle soit, s’inscrit toujours dans un contexte. Si quelqu’un a pris la peine de la publier sur Internet, c’est qu’il avait une raison de le faire. Quelle est cette raison ? Comment a-t-il choisi de traiter le sujet ? À vous de le découvrir !

Temporalité de l’information

Vous avez vérifié la source, vous savez quel est le biais de cette source, maintenant observez bien une donnée essentielle : à quel moment a été publié l’article, et à quel moment s’est passée l’information dont il est question ?

Si l’article commente un événement qui s’est déroulé il y a quelques années, vous pouvez supposer que l’auteur cherche à prendre du recul sur la situation, à analyser ce qui s’est passé.

Maintenant imaginez que l’information soit commentée quelques minutes après. L’auteur relate tout ce qui est connu très peu de temps après les faits.

Imaginez encore : l’information vous parvient en temps réel, pendant que les faits se déroulent.

Dans les deux derniers cas, vous voyez que votre informateur n’a pas eu les moyens de prendre du recul sur la situation. Il n’a pas pu recouper les sources, creuser la situation ou demander plus d’informations.

Or, tant que ce travail n’a pas été effectué, vous devez traiter l’information avec la plus grande prudence. Que les faits se soient produits, s’il y a des images ou des vidéos à l’appui, cela semble probable… et encore, la vidéo peut avoir été prise sur un autre événement et l’image peut avoir été retouchée. Vérifiez en recoupant les différents médias !

Faits et interprétation

Ceci nous amène à l’interprétation des faits. En fonction de son éducation, ses croyances, ses intérêts propres, etc., chacun peut faire une interprétation différente d’un même fait.

Différentes interprétations ne veulent pas forcément dire que l’une est fausse et l’autre vraie. Par exemple, si le candidat d’un parti remporte une élection régionale (fait), ce sera une bonne nouvelle pour ce parti (interprétation A) et une mauvaise nouvelle pour le parti adverse (interprétation B).

Encore une fois, il s’agit d’avoir conscience de ces biais pour remonter au fait en lui-même, et se faire sa propre interprétation.

Contenu sponsorisé

Certains articles sur Internet sont dits sponsorisés. Une marque se sert directement de son propre média pour publier (c’est le cas d’Instagram par exemple), ou bien elle paye un média tiers pour publier sur sa plateforme.

Dans les deux cas, le but de l’article est de vous faire acheter ou utiliser le produit proposé. On parle alors de marketing de contenu. Vous pouvez, à titre d’exemple, lire cet article explicitement sponsorisé. Dans son style, vous vous rendez facilement compte que l’auteur cherche à vous vanter les mérites de l’objet exposé.

Il est toutefois important que vous soyez conscient du but de l’article pour que vous puissiez croiser les informations et choisir de leur accorder du crédit ou non.

La plupart du temps, les articles sponsorisés sont indiqués – parfois discrètement – et vous pourrez donc les repérer. D’autres fois, leur forme les rendra difficiles à distinguer des autres contenus tant elle empruntera la mise en forme et le style au site sur lequel ils se trouvent (on parle alors de native advertising). Si rien n’est indiqué et que l’article fait mention d’un seul produit à acheter, méfiez-vous, interrogez, cherchez !

Repérer les fausses informations

Enfin, certaines sources diffusent de fausses informations, dans le but de nuire, de divertir, ou de bonne foi sur la base d’informations erronées ou mal interprétées.

Certains de ces sites sont bien identifiés. Des sites spécialisés comme Hoaxbuster identifient certaines informations erronées. Comme toute source, elle est à utiliser de pair avec votre esprit critique. Elle ne peut pas être exhaustive, aussi il vous sera plus utile de repérer par vous-même les fausses informations.

Avant de revenir en détails sur les différentes catégories de fausses informations, une petite mise en pratique vous est proposée par ici.

Fake news et rumeurs

Les fake news sont des fausses informations diffusées à dessein, dans le but de porter préjudice.

Vous connaissez déjà les outils pour les repérer ! Y a-t-il des sources ? Qui est l’auteur ? Est-il en mesure d’avoir un accès direct aux informations qu’il avance ?

S’il y a des sources, allez les consulter et vérifier que les propos n’ont pas été déformés.

Les vidéos et les images peuvent aussi être fausses. Elles peuvent avoir été sorties de leur contexte. Ainsi, les légendes des images ou des vidéos sont parfois trompeuses : il est peut-être indiqué « Saint-Denis, émeutes mai 2017 » alors que la photo a été prise au festival Solidays à Longchamp en juin 2016.

Voici comment identifier des images ou vidéos prises hors contexte.

  • Recherchez l’image avec Google ou TinEye pour voir si elle existe sur d’autres sites

  • Essayez de repérer des détails qui ne colleraient pas avec le contexte annoncé.

  • Repérez le nom du photographe ou de la source. Est-ce une image d’archive ? Achetée en ligne dans une banque d’image ? 

Les vidéos et images peuvent aussi avoir été retouchées. Voici quelques détails auxquels prêter attention :

  • Les incohérences : la lumière est-elle homogène sur toute l’image ou durant toute la vidéo ? Y a-t-il des personnages qui changent d’habits, de coiffure ?

  • Les logos ou bandeaux : les logos officiels comme les bandeaux incrustés sur la vidéo peuvent avoir été ajoutés après coup. Essayez de remonter à la source de ce logo ou de ces bandeaux et regardez si l’image est disponible sur leur propre site.

  • La qualité : l’image est-elle nette ? La vidéo est-elle de bonne qualité ou filmée depuis un écran d’ordinateur ? Y a-t-il des endroits que l’on distingue mal ?

  • Le montage : y a-t-il des coupures brusques dans la vidéo, des ellipses inexpliquées, des changements de plan fréquents ?
    Les retours en arrière : la même scène apparaît-elle plusieurs fois dans la même vidéo ?

  • La vitesse de la vidéo : certaines scènes semblent-elles ralenties ou au contraire accélérées ?

Si vous n’avez pas d’informations sur la source ou l’auteur, essayez tout de même d’identifier la source ! L’auteur cite des chiffres ? Cherchez-les. Il prête des propos à une personnalité ? Cherchez-les. Il affirme des faits ? Cherchez-les. Les chiffres, les citations et les faits sont introuvables ou déformés ? Vous avez probablement affaire à une fake news.

Théories du complot

Le concept de théorie du complot vous est sûrement familier. Peut-être que ce scénario vous dit quelque chose ?

Un groupe secret et organisé conspire pour prendre le pouvoir sur la population. (Variante : ce groupe ou cette personne nous cache l’existence de quelque chose ou quelqu’un.) Heureusement, une personne dévoile ce complot et en informe la population afin de mettre au jour les agissements de ce groupe et les empêcher.

Souvent, les théories conspirationnistes incitent à la haine du groupe minoritaire qui œuvre en secret.

Ces théories se nourrissent de nos peurs et il est facile de se laisser impressionner par les arguments avancés, surtout quand les choses vont mal (catastrophes naturelles, attentats, crises financières, etc.).

Elles sont aussi irréfutables, autrement dit elles ne permettent aucune discussion ni remise en question. Chaque preuve avancée qui démontrerait que le complot n’existe pas est interprétée comme le signe que le complot existe bel et bien. La preuve a été manipulée, le groupe dont on ne peut pas démontrer l’existence est rompu à la dissimulation, etc.

Prenons quelques exemples :

  • Le monstre du Loch Ness, qui se dissimulerait dans un lac écossais : s’il n’a jamais été vu, c’est qu’il a le pouvoir de se cacher.

  • Les Illuminati, qui contrôleraient le monde en secret : toute preuve de leur non existence est une manipulation des Illuminati eux-mêmes, laissée pour nous induire en erreur.

  • Les laboratoires pharmaceutiques créeraient les maladies qu’ils soignent par leurs propres médicaments : toutes les études qui démontrent que les laboratoires ne créent pas les maladies ont été financées par les laboratoires eux-mêmes.

Faut-il en conclure que s’il n’y a aucune preuve irréfutable, il s’agit forcément d’une théorie du complot ? Non bien sûr, ce serait bien trop simple pour l’esprit critique ! Dites-vous plutôt que si une théorie ne peut pas être infirmée (c’est-à-dire qu’on ne peut pas la remettre en question), c’est qu’il y a quelque chose de louche. Et cela doit allumer les sirènes de votre esprit critique !

Oui, mais voilà : cette théorie, vous, vous y croyez ! Les arguments avancés vous parlent, vous vous dites que les médias boycottent l’information et que les vidéos, les textes, les témoignages que vous avez vus sont probants. Vous avez même rencontré d’autres personnes qui y croient ! Dans ce cas-là, quand on est persuadé de quelque chose, il est difficile d’exercer son esprit critique. Et c’est bien lorsqu’on est absolument sûr de quelque chose que l’esprit critique est le plus important, c’est ce que nous avons vu au début de cette fiche.

Voici une astuce pour vous aider à prendre du recul. Identifiez une théorie à laquelle vous ne croyez absolument pas, qui vous semble ridicule. Par exemple : « la Terre est plate ». Maintenant, identifiez les techniques utilisées par les personnes à l’origine de cette théorie.

  • Identifiez les sources. Qui sont ces gens qui affirment que la Terre est plate ?

  • Remontez à l’origine des sources pour les vérifier. La source a-t-elle été détournée, déformée, tronquée, sortie de son contexte ?

  • Disséquez les arguments. Sont-ils scientifiquement prouvés ? Par qui ? Est-ce que ce sont des arguments raisonnés ? Y a-t-il une prise de distance, de la nuance, un équilibre du propos, ou s'agit-il d'une démonstration ?

  • Recensez les preuves. Quelles sont les preuves avancées ? Sont-elles valables ?

  • Observez le texte, les images et les vidéos. Quels sont les ressorts utilisés ? Est-ce que les médias jouent sur vos émotions, tentent de vous faire peur ? Voici quelques ressorts dramatiques communs à de nombreuses théories conspirationnistes : les coupables ont tous un point commun (origine, orientation sexuelle, etc.) sur lesquels les auteurs de la théorie insistent pour inciter à la haine ; les événements dramatiques qui frappent le monde profitent à quelqu’un ; c’est donc cette même organisation qui les a organisés.

  • Identifiez qui doit apporter la preuve. Est-ce à l’auteur de la théorie du complot de prouver ce qu’il avance ou à celui qui pense qu’il n’y a pas de complot ?

  • Renseignez-vous sur le camp adverse. Y a-t-il des personnes qui pensent l’inverse, et qui démontrent que la théorie est fausse ? Que pensez-vous de leurs arguments ?
    Maintenant que vous avez démonté un complot auquel vous ne croyiez pas, regardez si les ficelles utilisées dans ce complot sont reprises dans la théorie à laquelle vous croyez. Oui ? Méfiance !

Bien sûr, cela ne veut pas dire que les complots n’existent pas. Ce qui différencie une théorie d’une théorie conspirationniste est que l’une peut être prouvée (potentiellement avec des moyens dont vous ne disposez pas personnellement) et l’autre ne peut pas être vérifiée, ni infirmée par qui que ce soit.

  • « La région X utilise des gaz toxiques sur sa population » : il est possible, avec de gros moyens, d’aller vérifier si cette théorie est vraie ou fausse.

  • « La région X est un pantin du peuple Z pour détourner l’attention des crimes de guerre du pays W, et les services secrets du pays Z prennent bien soin de détruire toutes les preuves que l’on pourrait trouver » : cette théorie-là n’est ni vérifiable, ni infirmable.

Bien, cela fait beaucoup de choses à vérifier ! Tout le monde a envie de déjouer un complot international… et peut-être que vous y arriverez un jour ! Cependant, pour vraiment déjouer un complot, il faut exercer votre esprit critique et assembler des preuves solides, tangibles et concrètes. N’empêchez pas les personnes qui ne pensent pas comme vous de réagir à votre théorie, bien au contraire.

C’est l’exemple du mathématicien Srinivasa Ramanujan qui, en cherchant des preuves pour justifier ses théories mathématiques, s’est rendu compte que certaines de ses théories étaient fausses. De même, certains informaticiens laissent leur code en libre accès pour que chacun puisse trouver des failles dans leur raisonnement.

À vous de faire la même chose si vous croyez à une théorie : soyez le premier à réclamer les arguments du camp adverse, vérifiez toutes les informations, remontez à la source, allez chercher des preuves.

Le gouvernement français a créé un site : On te manipule, avec une infographie pour détecter une théorie du complot.

Parodies et satires

L’objectif des sites de parodies et de satires n’est pas en général de nuire, même s’ils portent un regard orienté sur l’actualité, cependant il faut prêter attention à ne pas se faire duper en lisant trop vite un titre d’article accrocheur.

Voici quelques exemples francophones qui ne vous sont sûrement pas étrangers : Le Gorafi, NordPresse, Bilboquet Magazine

Ces sites imitent la présentation et la façon d’écrire des médias. Sur certains articles, le ton est si bien imité qu’on peut s’y laisser prendre.

En général, ces sites affichent clairement leur visée humoristique au moins dans leur page « À propos » que vous avez déjà dû consulter pour identifier la source. Les titres et le contenu des articles, souvent décalés, doivent aussi vous faire réagir.

Confronter les informations recueillies ailleurs que sur Internet

À ce stade de notre fiche, vous avez pris l’habitude de croiser les informations que vous avez recueillies via d’autres sources sur Internet, pour vérifier que les données se recoupent.

Il y a une autre manière de faire, qu’on peut avoir tendance à oublier par manque de temps ou parce que cela nous complique un peu la tâche. Il s’agit de croiser l’information avec d’autres éléments recueillis en dehors d’Internet.

Cela vous demandera d’ailleurs d’exercer doublement votre esprit critique : d’abord pour confronter celle que vous avez recueillie avec d’autres sources, mais aussi pour vérifier que le renseignement que vous lisez sur papier n’est pas directement tiré d’Internet !

Lisez la presse, écoutez la radio, regardez la télévision, lisez des livres, assistez à des conférences, des débats et des meetups, adhérez à des associations sur les sujets qui vous intéressent, interrogez vos professeurs, débattez des sujets qui vous importent avec vos camarades, votre famille…

Le plus possible, posez des questions, et notamment à ceux qui n’ont pas le même point de vue que vous.

Si vous êtes ici, c’est que vous savez utiliser Internet ! Et si vous avez lu la fiche Faire une recherche sur Internet, vous savez valider une information en répondant aux questions « qui est l’auteur ? », « quel est l’objectif du site ? », « quel est le type du site ? » et « comment est présenté le contenu ? »  « quel(s) effet(s) sont recherchés auprès du lecteur? ».

Ces questions sont à la base de la pensée critique. Dans cette fiche, vous allez aiguiser votre esprit critique.

L’esprit critique est le fait de questionner ce que quelqu’un vous donne à entendre. Vous allez chercher à vérifier que ce qu’affirme cette personne est vrai. Vous allez identifier et comprendre son éventuelle intention.

Nous avons tendance à croire ce qui est écrit, ce qui est montré ou ce qui est dit. Votre mission va être pour chaque source de :

  • identifier la nature de l’information : est-ce un retour d’expérience personnelle (témoignage), une hypothèse à démontrer (recherche), une opinion (tribune), un fait…?

  • distinguer la description de faits d’une démonstration. La description est factuelle, la démonstration sert à vous convaincre.

  • passer du temps à recouper l’information avec d’autres sources pour comprendre la situation.

  • identifier pourquoi on fait confiance ou non à l’information : pourquoi croit-on cette information ? Comment notre opinion sur le sujet s’est-elle construite ?

  • questionner particulièrement les informations avec lesquelles on est d’accord

  • accepter qu’il y a plusieurs points de vue sur certaines questions et qu’ils sont valables

Prenons un exemple : vous venez de lire « nous avons tendance à croire ce qui est écrit ». Qu’est-ce qui vous le prouve ? 

Exemple de certificat de réussite
Exemple de certificat de réussite