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J'ai tout compris !

Mis à jour le 05/12/2018

Conduisez les activités différenciées

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Vous avez découvert les outils de différenciation pour optimiser l’engagement de chacun et la dynamique collective.

Dans ce chapitre, je vous propose de les mettre en pratique dans certaines activités classiques de formation, au cours desquelles vous allez mettre vos apprenants en équipe.

Différenciez les exercices et études de cas

Vous avez prévu de proposer à vos apprenants une séance d’exercice ou d’étude de cas. Habituellement, vous laissez travailler les apprenants quelques minutes, avant de faire la correction devant tout le monde.

Ce que je pratique souvent, avec un groupe de 20 comme avec un groupe de 80 apprenants :

Les équipes sont constituées par proximité, et donc souvent par affinité. C’est donc dans le cadrage et dans l’animation que je vais différencier.

  • Phase 1 : je distribue l’énoncé, et surtout je donne les consignes d’animation : “on commencera par un temps seul de 3 minutes”, “puis ensemble : partagez vos blocages et questions”, “établissez votre résolution commune”, “soyez prêt à la partager”.

  • Phase 2 : Temps seul, court. Je n’interviens pas, mais je circule dans les rangs pour faire respecter le temps seul, avec le maximum de silence. Je suis très directif tout en communiquant sur l’intérêt et le sens de ce moment. J’interviens ponctuellement si un apprenant n’écrit rien.

  • Phase 3 : Temps d'échange. Je redonne la consigne, en insistant sur le respect du temps, le fait d’être prêt à communiquer sa réponse, la trace écrite. Je circule d’abord rapidement pour vérifier la dynamique de chaque équipe, et éventuellement les aider à s’organiser en suggérant, voire en imposant doucement, la répartition des rôles. Puis j’interviens ensuite sur le contenu, de façon plus longue et plus ciblée selon les sollicitations, les blocages ou erreurs.

  • Phase 4 : Synthèse, à retrouver dans ce document, provenant du cours "Concevez des activités pédagogiques engageantes".

Différenciez les jeux de rôles

Vous êtes professeur de tennis, aujourd’hui, vous faites travailler le coup droit.

Vous êtes formateur pour des commerciaux en produit d’assurance, aujourd’hui vous faites travailler les entretiens de vente.

Voici deux cas classiques que l’on pourrait transposer à beaucoup de formations. Dans le premier cas, vous voulez faire travailler un geste technique, dans le second cas, vous cherchez à ce que les apprenants structurent leur discours, se confrontent à l’imprévu et testent ainsi leur savoir-être.

L’un des meilleurs moyens est de simuler une situation réelle, dans laquelle l’apprenant va jouer son propre rôle.

Voici ce que je pratique pour des jeux de rôles :

Phase 1 : Préparation de l'activité

Ma posture de formateur : directif

  • Je commence par rappeler le cadre relationnel.

  • Je commence par constituer les équipes, je n’hésite pas à dire “si vous vous connaissez trop bien, évitez de vous mettre ensemble”.

  • Je différencie les rôles :

    • il y a ceux qui simulent leur propre rôle (le tennisman, ou le vendeur) ;

    • ceux qui jouent éventuellement un autre rôle (le client par exemple) ;

    • et les observateurs.

  • Je différencie les tâches et les objectifs pédagogiques :

    • Celui qui joue son rôle a pour objectif d’appliquer les compétences étudiées.

    • Celui qui joue un autre rôle doit être le plus réaliste possible.

    • A ceux qui observent, je propose plusieurs axes d'évaluation (respect de la procédure, la voix, le non-verbal...).

Phase 2 : Préparation côté apprenants

Ma posture de formateur : chef d'orchestre.

Pour la simulation d’entretien de vente, j’aurai préparé en amont une situation crédible, avec deux rôles crédibles, que les apprenants vont devoir s’approprier. Avec un contexte suffisamment riche, cela permettra aux apprenants de s’impliquer et de créer une situation qui sera d’autant plus intéressante à analyser.

Phase 3 : Déroulement de la simulation

Ma posture de formateur : lâcher-prise.

  • Je laisse dérouler les moments de jeu.

  • Je suis prêt à intervenir si l’implication devient trop forte, ou trop tendue. Là, je redeviens très directif si nécessaire. Attention, souvent, l’intervention du formateur stoppe la simulation.

  • Si les apprenants n’arrivent plus à faire avancer la situation, je peux donner un coup de pouce en évoquant un point oublié, ou en sollicitant un observateur pour coacher l’un des acteurs.

  • J’arrête la simulation au bout du temps imparti. Sinon cela peut durer très longtemps.

Phase 4 : Déclusion

Ma posture de formateur : chef d'orchestre.

Il est important de faire sortir les apprenants de leur rôle et de leur faire reprendre leur posture d’apprenants. “La simulation est maintenant terminée, vous pouvez reprendre vos places, sortir de vos rôles, nous allons pouvoir évoquer vos ressentis et observations”.

Phase 5 : Débriefing

Ma posture de formateur : chef d'orchestre.

Là encore, il y a plusieurs façons de faire. Laissez parler, mais soyez très attentif au cadre relationnel, à la façon “dont on parle de l’autre”, on débat souvent ici de savoir-être. N’hésitez à faire reformuler si vous sentez qu’une phrase risque d’être blessante.

  • Je commence par laisser s’exprimer ceux qui ont simulé leur rôle, afin qu’ils puissent exprimer leur ressenti, leurs erreurs. Vient ensuite le tour de ceux qui ont joué un rôle différent.

  • Les observateurs vont ensuite pouvoir évoquer leurs observations sur les différents axes évalués.

  • Quelle que soit la façon choisie pour faire remonter les informations, il est important que vous ayez le dernier mot sur les ressentis. Votre rôle est d’utiliser les remarques des apprenants pour en extraire les savoir, savoir-être, y mettre des mots techniques. Vous êtes en soutien de la relation savoir-apprenant.

Différenciez la conception de projet

Conditions de réalisation
  • Selon le modèle de Tuckman, le groupe est formé, il est en phase de production. 

  • Pour une animation confortable, constituez 2 ou 3 équipes de 4 à 6 apprenants. 4 équipes, cela reste envisageable. Au-delà, il faudra que les équipes soient dans l'autorégulation ! Êtes-vous prêt pour ce niveau de lâcher-prise ?

  • Déléguer une partie de l'animation en précisant rôles et tâches. Le rôle clé ? Le facilitateur.

Comment choisir le projet ?

Un atelier de conception de projet est un excellent moyen de mobiliser les apprenants sur des problématiques qui répondent à leurs besoins, à leurs centres d'intérêts. Voici plusieurs cas de figure envisageables :

  • Le même projet pour tous les apprenants ? Chaque équipe pourra le décliner à sa façon.

  • Plusieurs projets ? Laissez le choix aux apprenants, voire laissez définir le projet par les apprenants. 

  • Une problématique ? Les apprenants vont définir le projet pour répondre à la problématique. Dans ce cas, insérez une phase initiale d'identification des problèmes auxquels ils souhaitent s'attaquer.

Le rôle de facilitateur

Le facilitateur ne participera pas à la réflexion et aux échanges d'idées afin qu'il se focalise sur ces tâches fondamentales :

  • lutter contre le jugement et la censure naturelle des apprenants entre eux ;

  • gérer le temps pour pouvoir aller au bout du processus ;

  • accompagner le bon dérouler du projet.

Ce rôle peut tourner afin de ne pas créer de frustration.

Les clés de l'animation
  • La clé, c'est le timing. Je vous laisse libre du choix de durée pour chacune des phases du projet.

  • L'autre clé, c'est l'outil de production : un template à remplir par les équipes peut s'avérer très cadrant orientant, facilitant ainsi l'autorégulation.

  • Votre posture :

    • Cadrez le temps. Soyez très directif, appuyez-vous sur l’objectif de réalisation avant la fin de la séance.

    • Orientez les équipes ayant du mal à entrer dans la méthode.

    • Lâchez prise pour les équipes qui fonctionnent bien. Restez présent pour écouter, et marquer l’avancement par des signes de reconnaissance.

Un atelier en trois phases

Je vous propose ci-dessous 3 phases pour la conception du projet.

Ces trois phases sont inspirées d’ateliers auxquels j’ai participé, que j'ai pu réinvestir lors de mes formations, et qui m’ont marqué par leur efficacité.

Pour approfondir l'ingénierie et l'animation des différentes phases, n'hésitez pas à cliquer sur le lien correspondant.

  • Phase 1 : un brainstorming, phase créative pour faire émerger les idées ;

  • Phase 2 : une phase logique de définition du projet ;

    • Les apprenants recentrent les idées autour du problèmes à résoudre.

    • Ils remplissent un template modifiable.

  • Phase 3 : un plan d’action à mettre en œuvre.

    • Les apprenants se répartissent les tâches et prévoient un planning.

    • Ils remplissent un template modifiable.

Pour conclure

Bravo ! Vous êtes arrivé au bout de ce cours. Qu'allez-vous en retenir ? De mon côté, je souhaite que vous partiez avec les idées suivantes :

  • Animer, c'est donner vie à l'espace, au temps, aux activités.

  • Animer, c'est s'adapter, grâce à l'écoute, à la lecture des dynamiques individuelles et collectives.

  • Animer, c'est différencier, grâce à la communication, grâce à la pédagogie.

Exemple de certificat de réussite
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