Contrairement au schĂ©ma linĂ©aire "extraction â transformation â consommation â dĂ©chets", lâĂ©conomie circulaire dĂ©signe un concept Ă©conomique dont lâobjectif est de produire des biens et des services tout en limitant les rejets dans lâenvironnement, la consommation et le gaspillage des matiĂšres premiĂšres, de lâeau et des sources dâĂ©nergie.

Dans ce projet, lâindustrie, en tant quâacteur Ă©conomique majeur, est prĂ©sente dans les 5 piliers supĂ©rieurs : du recyclage Ă lâĂ©conomie de fonctionnalitĂ©. Vous allez en dĂ©couvrir quelques-uns.
On Ă©value le contenu Ă©nergĂ©tique dâun matĂ©riau en kWh : câest la consommation dâĂ©nergie nĂ©cessaire pour produire une masse de ce matĂ©riau. Elle est, par exemple, de 31 500 KWh/tonne dâaluminium primaire produit en France (en 2010). On constate que le contenu Ă©nergĂ©tique des matĂ©riaux recyclĂ©s est largement infĂ©rieur Ă celui de ses productions originelles.
Ă lâheure oĂč lâaccĂšs Ă lâĂ©nergie commence Ă ĂȘtre une prĂ©occupation majeure, il est intĂ©ressant de comparer lâĂ©nergie dĂ©pensĂ©e pour extraire un mĂ©tal natif du milieu naturel et celle pour le recycler. Le gain est de : aluminium > 90 % ; cuivre > 84 % ; acier > 60 %.
Par exemple, le contenu Ă©nergĂ©tique de lâaluminium recyclĂ© est de 1 500 KWh/tonne au lieu des 31 500 KWh/tonne dâaluminium primaire ! De plus, les Ă©missions de CO2 associĂ©es Ă la production primaire des mĂ©taux rares est une source gigantesque de gaz Ă effet de serre.
La consommation des ressources de la planÚte atteint au plan mondial un niveau de croissance qui ne peut plus se prolonger sans dommages irréversibles, ou sans hypothéquer la disponibilité de ces ressources pour les générations futures. Au rythme actuel de croissance de la consommation, 183 milliards de tonnes de matiÚres premiÚres seront consommées dans le monde en 2050, contre 85 milliards de tonnes actuellement.
Les matiĂšres premiĂšres, quâelles soient issues de la biomasse, minĂ©rales ou Ă©nergĂ©tiques, et quâelles soient renouvelables ou non, ne doivent donc ĂȘtre exploitĂ©es quâau regard de leur disponibilitĂ© et de leur impact sur lâenvironnement.
LâĂ©coconception est une mĂ©thode de conception dâun produit qui doit permettre, Ă performances Ă©gales, de minimiser ses impacts environnementaux, tout au long du cycle de vie, dans un processus dâamĂ©lioration continue et Ă coĂ»t maĂźtrisĂ©. Elle se dĂ©compose ainsi :
On reprĂ©sente le processus dâinnovation partielle par une succession de jalons qui servent de points de mesure de la maturitĂ© technologique, pour engager la poursuite de lâinnovation. LâĂ©chelle de 1 Ă 9 (TRL â Technology Readiness Level) correspond aux niveaux de maturitĂ©, du plus faible (approche scientifique) au plus Ă©levĂ© (mise au point du produit).

Les exigences intrinsĂšques sâappliquent aux fonctions et aux composants du produit (ex. : rĂ©glementation sur les substances chimiques).
Les exigences extrinsĂšques sâappliquent au cycle de vie du produit, et en particulier Ă sa recyclabilitĂ©.

Il sâagit de dĂ©finir une liste des exigences et de donner pour chacune le livrable correspondant et lâoutil nĂ©cessaire pour fournir ce livrable.

La check-list est utilisĂ©e par les ingĂ©nieurs en innovation afin de contrĂŽler la conformitĂ© de leur innovation, au regard des exigences environnementales dĂ©finies par lâintĂ©grateur environnemental et son Ă©quipe. Pour chaque exigence environnementale, lâexpert associĂ© doit concevoir une sĂ©rie de questions Ă poser pour aboutir Ă trois types de rĂ©ponse :
Go : lâinnovation est conforme Ă , ou nâest pas concernĂ©e par, lâexigence environnementale ;
Go avec livrable : lâinnovation nâest pas conforme Ă lâexigence environnementale et un livrable est attendu afin de mettre lâinnovation en conformitĂ© ;
No Go : lâinnovation nâest pas conforme Ă lâexigence environnementale suite Ă lâidentification dâun problĂšme bloquant, par exemple un problĂšme rĂ©glementaire.

LâĂ©coproduction ou Ă©cologie industrielle, câest miser sur une Ă©conomie sobre sâappuyant sur les concepts dâoptimisation et de rĂ©cupĂ©ration des flux (Ă©nergies, matiĂšres premiĂšre et eau), de cycle de vie ainsi que de gouvernance durable. Elle est basĂ©e sur 3 concepts :
La sobriété : comment faire mieux avec moins.
LâefficacitĂ© : comment rĂ©duire la quantitĂ© dâĂ©nergie pour rĂ©pondre Ă un mĂȘme besoin.
Le renouvelable : comment faire différemment en priorisant les énergies propres.
Certains secteurs industriels sont irrassasiables en terme dâĂ©nergie. Ă ce point gloutons quâils leur faut chercher des sites ou pays dans lesquels lâĂ©nergie est bon marchĂ©, au dĂ©triment de toute considĂ©ration pour lâenvironnement. Câest ainsi que lâaluminium extrait en Australie est traitĂ© en NorvĂšge, bien connue pour son Ă©nergie fossile, ou encore en Savoie, connue pour son rĂ©seau de conduites forcĂ©es dâeau et dâĂ©lectricitĂ© âverteâ peu coĂ»teuse. Dâun cĂŽtĂ© le minerai traverse et pollue la planĂšte, de lâautre lâusine de traitement pollue totalement une petite vallĂ©e encaissĂ©e et perturbe durablement le biotope des versants montagneux sur lesquels les cascades ont Ă©tĂ© collectĂ©es.
LâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique est le rapport entre lâĂ©nergie minimale nĂ©cessaire au fonctionnement dâune installation et lâĂ©nergie totale consommĂ©e. LâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique peut ĂȘtre passive (isolationâŠ) ou active (systĂšme de mesure et de management de lâĂ©nergie, etc.). Dans la vision de lâusine du futur, les procĂ©dĂ©s gĂ©reront intelligemment plusieurs sources dâĂ©nergie (solaire, Ă©olien, chaleur rĂ©cupĂ©rĂ©e, etc.), et pourront dans certains cas en produire.
Sous la pression Ă©cologique, Ă©conomique et rĂ©glementaire, les industriels vont de plus en plus intĂ©grer lâoptimisation de lâutilisation de lâĂ©nergie (consommation, production) dans leur process de production, mais Ă©galement dans la gestion des « utilitĂ©s » (air comprimĂ©, gestion de lâeau de processâŠ). Depuis 2015, les audits Ă©nergĂ©tiques sont obligatoires dans les entreprises de plus de 250 salariĂ©s.
ConcrĂštement, lâentreprise doit :
récupérer son énergie (chaleur, cinétique...), la stocker et la réinjecter dans le réseau ;
augmenter les rendements par diminution des frottements mécaniques (sciences de la tribologie) ;
surveiller le comportement des procédés par analyse comparative et analyses algorithmiques (big data) ;
mesurer la performance et manager en temps rĂ©el lâĂ©nergie consommĂ©e.
Lâusine du futur demande une adaptation humaine et matĂ©rielle Ă moyen terme (dâici 2050). Elle reprĂ©sente une rupture technologique comme celle de lâinternet dans les annĂ©es 90. Lâusine 4.0 est avant tout une usine communicante. Lâobjectif est dâĂȘtre en capacitĂ© de faire des choix fiables et rapides grĂące Ă une panoplie de techniques de surveillance connectĂ©e Ă une intelligence artificielle et renseignĂ© par vos retours dâexpĂ©rience. Vous opterez bientĂŽt pour des apprentissages du personnel par rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, des machines connectĂ©es via des capteurs (dâusure, de comptage, de contrĂŽle qualitĂ©âŠ) Ă lâIA et des AGV nouvelle version, les AIV.
Pour vous prĂ©parer Ă cette rĂ©volution industrielle vous allez commencer Ă travailler avec vos partenaires sur la modĂ©lisation des flux de matiĂšres et dâinformations et leurs flexibilitĂ©s. Demain est dĂ©jĂ lĂ , il sâagit de ne pas rater le train en marche !
De plus vos clients vous mettrons la pression sur le sujet âbrĂ»lantâ de votre empreinte Ă©cologique industrielle. Nous avons vu comment vous pourrez vous associer Ă la dĂ©marche Ă©cologique de lâĂ©conomie circulaire.