Comparez le marketing digital et le marketing traditionnel

Dans le premier chapitre, nous avons clarifiĂ© ce qu’est le marketing “fondamental”.

Dans le deuxiĂšme, nous avons prĂ©cisĂ© ce qu’on entend par marketing “digital” et “web” marketing.

Maintenant que vous ĂȘtes Ă  l'aise avec ces concepts, pouvez-vous en dĂ©duire ce que l'on appelle le marketing “traditionnel” ?

Plus tÎt dans le cours, pour illustrer le déclin de certains médias hors ligne, j'ai déjà mentionné les encarts publicitaires papier : voilà un premier exemple de tactique marketing trÚs traditionnelle.

Mais vous en connaissez certainement d'autres :

  • les catalogues, brochures, flyers et autres imprimĂ©s (“print media” en anglais) 🖹 ;

  • la publicitĂ© Ă  la radio đŸ“» ;

  • la prospection par tĂ©lĂ©phone (“cold-calling” en anglais) ☎.

On dit des actions marketing traditionnelles qu'elles sont indiffĂ©renciĂ©es, ou limitĂ©es dans leur capacitĂ© Ă  diffĂ©rencier leurs cibles. Pour utiliser des termes aussi vagues que le ciblage d’une campagne de marketing traditionnel : ce sont des techniques qui visent “un peu n’importe qui” ou “qui passera par là”.

Faites un arbitrage entre le marketing “entrant” et le marketing “sortant”

Vous savez maintenant qu'un des rîles‌ du marketeur est :

d’analyser un marchĂ© pour mieux mettre en place les actions qui facilitent la rencontre entre son offre et la demande pour cette offre.

Vous savez aussi qu'en marketing digital, les actions peuvent prendre beaucoup de formes diffĂ©rentes. Cela dit, dans l’absolu elle ne peuvent vraiment aller que dans deux sens :

  • soit le marketing pousse son offre vers la demande. On appelle ça du marketing “sortant” (push ou outbound marketing, en anglais) ;

  • soit inversement, il attire la demande vers l’offre. On parle alors de marketing “entrant” (pull ou inbound marketing, en anglais). 

marketing entrant & marketing sortant
Marketing entrant & marketing sortant

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on dit des techniques de marketing sortant qu’elles sont interruptrices.

Personne qui tient un mégaphone.
Le marketeur interrompt un client qui fait autre chose lorsqu'il reçoit le message.

Alors que les techniques de marketing entrant se veulent basées sur la demande de permission.

Personne qui tient un aimant.
Le marketeur tient un aimant car le client lui a donné la permission de l'aider à trouver ce qu'il veut.

Si vous ĂȘtes comme la majoritĂ© d’entre nous, vous prĂ©fĂ©rez qu’on vous demande votre autorisation avant de vous solliciter, que ce soit en personne (vendeur), auditivement (publicitĂ© Ă  la radio), ou visuellement (affiche dans le mĂ©tro).

À votre avis, les techniques de marketing traditionnel s'apparentent-elles plus à du marketing “entrant” ou “sortant” ? Qu’en est-il du marketing digital ?

Plongez-vous dans la peau du consommateur final pour choisir votre stratégie marketing

Pour illustrer cette idée, je vous invite à vous mettre dans la peau de Thomas qui vient de se découvrir une passion pour le jardinage, et plus particuliÚrement pour les bonsaïs.

En route pour vous acheter votre premier arbuste japonais, vous passez devant une dizaine de panneaux publicitaires sans vraiment vous en rendre compte. Aux abords de la jardinerie pendant une fraction de seconde, les couleurs vives d’une publicitĂ© pour de la nourriture pour chat attirent votre attention par hasard. đŸ± ⚠

Un affichage publicitaire traditionnel
Un affichage publicitaire traditionnel

Si vous ĂȘtes comme 80 % des Français et donc plus ou moins 80 % des gens qui passeront devant cette publicitĂ©, vous n’avez pas de chat. Peut-ĂȘtre mĂȘme que vous ĂȘtes allergique aux poils de chats. Tout ce que cette publicitĂ© a donc rĂ©ussi Ă  faire, c’est vous rendre un peu plus familier avec le nom de la marque : "MiamMiaou".

Toujours est-il que tant que vous n’avez pas de chat, il n’y a pas de raison pour que vous deveniez client chez eux. Ni vous ni la vaste majoritĂ© des personnes exposĂ©es Ă  cette publicitĂ© ne contribueront donc directement Ă  la rentabiliser.

Les affichages papier que l'on voit sur le bord de la route, dans le métro ou sur les bus, sont-ils vraiment efficaces ?

Ça dĂ©pend des objectifs de l'annonceur.

  • Si l'objectif est de pousser Ă  l'achat impulsif et donc immĂ©diat, alors dans la majoritĂ© des cas, Ă  eux seuls, les affichages papier sont plutĂŽt inefficaces. 

  • Si l'objectif est de familiariser le grand public avec la marque et son offre, alors, Ă  rĂ©pĂ©tition et indirectement, ils peuvent s'avĂ©rer trĂšs efficaces. Vous souvenez-vous du nom de la marque de nourriture pour chat de notre exemple ? 

Le responsable marketing de chez MiamMiaou est donc confortable avec l'idĂ©e de ne jamais savoir prĂ©cisĂ©ment combien de personnes sont passĂ©es devant son panneau d'affichage ; ni de combien de personnes l’ont regardĂ© ; et encore moins de combien de personnes ont montrĂ© de l’intĂ©rĂȘt pour son offre.

Cette incapacitĂ© Ă  mesurer prĂ©cisĂ©ment la performance d’une campagne est une des limitations majeures du marketing “traditionnel”. Pour reprendre l'exemple de l'affichage publicitaire, Ă  l'instar de la publicitĂ© papier, la publicitĂ© en ligne permet bien de mesurer la performance d'une campagne, que celle-ci serve un objectif de notoriĂ©tĂ©, ou de retour direct sur investissement.

Au fait, quel est le rapport entre la nourriture pour chat et les bonsaĂŻs ?

Il y en a absolument aucun
 Ce qui en dit long sur une deuxiùme limitation majeure du marketing traditionnel : le manque de pertinence.

Dans notre exemple, Thomas Ă©tait en route pour acheter un bonsaĂŻ. Il Ă©tait donc naturellement plus rĂ©ceptif aux offres liĂ©es Ă  ce qu'il cherchait. Si un des panneaux publicitaires avait prĂ©sentĂ© une offre pour une jardinerie locale, Thomas aurait probablement remarquĂ© le panneau. Le panneau aurait mĂȘme pu influencer son comportement d'achat.

Le marketing digital, en revanche, permet un ciblage plus précis et donc généralement plus pertinent. Ci-dessous, vous pouvez voir une autre banniÚre publicitaire pour notre fausse marque de croquettes.

BanniĂšre publicitaire en ligne
BanniĂšre publicitaire en ligne

Celle-ci ne se trouve pas sur un site dédié aux animaux par hasard. En affichant votre banniÚre à cÎté d'un article sur les chats, vous avez naturellement plus de chances de toucher des propriétaires de chats, et donc des acheteurs de croquettes.

Adoptez le point de vue de l'annonceur pour choisir entre marketing traditionnel et digital

Imaginez maintenant que vous ĂȘtes l’auteur d’un livre pour apprendre aux jardiniers dĂ©butants Ă  entretenir leurs bonsaĂŻs. 📗

Comment vous y prendriez-vous pour présenter votre offre à Thomas et aux autres débutants qui veulent en savoir plus sur les plantes naines ?

Il y a plusieurs façons de répondre à cette question.

La rĂ©ponse complĂšte et dĂ©taillĂ©e serait un plan marketing en bonne et due forme. C’est justement ce que vous apprendrez Ă  faire dans la deuxiĂšme partie de ce cours. 😀

En attendant, pour comparer le marketing digital avec le marketing traditionnel, une rĂ©ponse partielle et schĂ©matique fera l’affaire.

Avec l’approche traditionnelle

En tant qu'auteur indépendant, en vous en tenant aux tactiques purement traditionnelles, vos options sont limitées. 

Pour commencer, vous n’avez certainement ni les moyens ni le temps d’acheter des affichages dans toutes les villes oĂč se vendent des bonsaĂŻs. Il y a aussi peu de chances pour que vous puissiez crĂ©er et diffuser un spot publicitaire sur une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision ou Ă  la radio. Imprimer des flyers vous paraĂźt “abordable” Ă  petite Ă©chelle, mais trĂšs vite vous rĂ©alisez qu’il faudra les envoyer ou les distribuer, et vous n’avez ni le temps ni l’envie de faire ça. Sans compter qu’en tant qu’amoureux de la nature, vous n’aimez pas l’idĂ©e de gaspiller autant d’encre et de papier


Un beau jour, vous avez l’idĂ©e d’acheter un encart publicitaire dans BonsaĂŻ Magazine. Quoi de plus pertinent ? Vous appelez donc l'Ă©diteur pour vous renseigner. Vous lui faites part de vos inquiĂ©tudes quant Ă  la mesure de la performance de la publicitĂ©, mais il vous rassure en vous disant que 800 personnes trĂšs prĂ©cisĂ©ment sont abonnĂ©es au magazine.

Convaincu, vous convenez donc de payer 1000 € pour placer votre encart sur toute la treiziĂšme page du magazine. 6 mois plus tard, le magazine publie son Ă©dition annuelle (avec votre encart en page n° 13) et le distribue Ă  ses 800 abonnĂ©s ! Avec une marge de 20 € sur chaque livre, vous devez en vendre au moins 50 pour commencer Ă  gagner de l’argent sur cette campagne. Il faut donc que 6 % des lecteurs vous passent commande en vous appelant au numĂ©ro que vous avez mis dans l’annonce, ou en vous renvoyant un bon de commande Ă  votre adresse (marketing traditionnel oblige).

Disons qu’aprĂšs un mois, vous n’avez vendu que quatre livres... Le taux de conversion (CR) de votre publicitĂ© est donc de 0,5 %.

$\(Taux\,de\,conversion\,= \frac{nombre\,de\,conversions}{nombre\,d'impressions} x 100\)$

$\(\frac{4}{800} x 100 = 0,5\)$

Le bilan de la campagne s'Ă©lĂšve donc à - 920 € et 7 mois d’attente. Vous vouliez trouver plus de clients, mais au final, c'est vous qui avez dĂ©boursĂ© le plus. Pour vous consoler, vous vous dites que les abonnĂ©s du magazine, votre cƓur de cible, connaissent maintenant votre nom et votre livre.

Si vous vendez un produit de niche (c'est-à-dire qui n'est pas de la "grande consommation"), je ne peux que vous déconseiller de vous limiter aux techniques traditionnelles. 

Dans le cas de notre auteur indĂ©pendant, il y a 20 ans, il/elle aurait Ă©tĂ© contraint de nĂ©gocier un contrat de distribution avec une maison d’édition, une chaĂźne de librairies ou de jardineries. Sans ça, il aurait Ă©tĂ© trĂšs difficile pour lui de vendre des livres sur les bonsaĂŻs.

Avec l’approche digitale

Internet a fondamentalement transformé la vie des créateurs indépendants. Il est plus facile que jamais de lancer votre produit sur le marché, et ce sans passer par un distributeur.

En un rien de temps et sans l’aide de qui que ce soit, vous pouvez donc crĂ©er un point de vente pour votre livre sur Amazon, eBay, CDiscount, ou les trois ! Tout ce que ces plateformes de e-commerce vous demandent en retour, c’est une commission. Autrement dit, si vous ne vendez pas, vous ne payez pas. On parle alors d’une rĂ©munĂ©ration “à la performance”. 😌

Si le volume d’affaires apportĂ© naturellement par ces plateformes ne vous suffit pas, un arsenal de techniques digitales s'offrent Ă  vous pour booster vos ventes. En voilĂ  3 exemples parmi tant d'autres :

Social Media Marketing

Rejoignez ou crĂ©ez votre propre communautĂ© de jardiniers sur Facebook. Vous pourrez alors converser directement, gratuitement et mĂȘme personnellement avec tous les “Thomas” et autres prospects connectĂ©s. 

Marketing de contenu

Toujours gratuitement, vous pourrez toucher d’autres amateurs en crĂ©ant du contenu dĂ©rivĂ© de votre livre (tutoriels vidĂ©o, newsletter, blog). En plus d’attirer de nouveaux prospects, ces techniques vous permettront de vous positionner en tant qu’expert, et donc en tant que rĂ©fĂ©rence dans le milieu du bonsaĂŻ. Ces contenus viendront ensuite nourrir votre activitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux.

Publicité en ligne

Si vous voulez encore accĂ©lĂ©rer vos ventes et que vous ĂȘtes prĂȘt Ă  investir de l'argent, vous pouvez aussi vous essayer Ă  la publicitĂ© en ligne. LĂ  encore, vous pourrez cibler vos prospects avec prĂ©cision, et ne payer que s'ils cliquent sur vos annonces.

Que vous utilisiez ces techniques ou d'autres, gardez présent à l'esprit que vos efforts marketing d'aujourd'hui peuvent aussi s'avérer trÚs utiles à l'avenir.

En d'autres termes, vous voulez chercher à acquérir des prospects une bonne fois pour toutes. 

Prévoyez donc un moyen de rester en contact et de développer une relation avec les gens intéressés par votre offre. Ainsi, vous n'aurez pas à payer pour les recontacter au moment de communiquer sur votre prochain livre.

Vous pouvez développer votre audience ou acquérir de nouveaux prospects en les invitant à vous suivre sur les réseaux sociaux, ou en rentrant leurs informations dans un fichier clients, voire un logiciel de gestion de la relation client (CRM).

Obligations légales

Monétiser ou simplement stocker des données personnelles qui ont été collectées sans le consentement de l'individu est illégal.

Ainsi, vous n'avez pas le droit – par exemple – d'ajouter des adresses e-mail Ă  votre newsletter sans l'autorisation prĂ©alable de ces contacts.

De la mĂȘme maniĂšre, vous avez l'obligation de permettre Ă  une personne dont l'adresse est dans votre liste de diffusion, de se dĂ©sinscrire.

Prenez la mesure des différences entre le marketing digital et le marketing traditionnel

5 diffĂ©rences

Marketing traditionnel

Marketing digital

Support

Hors ligne

Numérique et souvent en ligne

Ciblage

Indifférencié

Personnalisé

Planification

Lente et irréversible

Instantanée et agile

Relation client

Interruption / préméditée / unidirectionnelle

Demande de permission / spontanée / multidirectionnelle

Performance

Difficilement mesurable

Facilement mesurable (data-driven)

Le tableau que je viens de dresser renvoie une image plutĂŽt nĂ©gative des techniques traditionnelles. Cela dit, il ne faut pas les proscrire pour autant. Selon l’objectif de la campagne, certaines techniques classiques restent tout Ă  fait lĂ©gitimes.

Le marketing digital n’est ni plus ni moins qu’une Ă©volution du marketing traditionnel. En biologie, les espĂšces s’adaptent Ă  leur environnement pour amĂ©liorer leurs chances de survie ; en marketing, les techniques Ă©voluent en fonction des technologies et des usages, pour amĂ©liorer leurs performances.

Certaines techniques comme la publicitĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision sont mĂȘme en “cours de mutation”. Bien que la tĂ©lĂ©vision soit un support numĂ©rique, aujourd'hui le ciblage des spots de publicitĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision sont peu diffĂ©renciĂ©s, la planification d'une campagne TV prend du temps et ne peut pas ĂȘtre adaptĂ©e en cours de diffusion. La relation client Ă  la tĂ©lĂ©vision est interruptrice au possible (on parle mĂȘme de "coupure pub" !) et enfin, la performance d'une publicitĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision est modĂ©rĂ©ment mesurable. Tant que les nouvelles gĂ©nĂ©rations de tĂ©lĂ©visions connectĂ©es ne seront pas une norme, doit-on voir la publicitĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision comme une technique moderne ou non ? 

En fin de compte, catégoriser une technique comme étant traditionnelle ou moderne ne permet pas de dire si elle est bonne ou mauvaise pour vous et vos objectifs. Vous devez donc systématiquement analyser les forces et les faiblesses de chacune des tactiques que vous pourriez employer, et les replacer dans votre contexte.

En résumé

Dans cette partie, vous avez appris Ă  distinguer :

  • le marketing fondamental, dont le principal concept est le marketing-mix. Il permet de solidifier sa stratĂ©gie grĂące Ă  4 piliers : le produit, le prix, la promotion et la distribution de son offre ;

  • le marketing digital, un sous-domaine du marketing. Il permet de dĂ©cliner sa stratĂ©gie et d'approcher les consommateurs au travers des Ă©crans ;

  • le marketing traditionnel, qui adresse le mĂȘme message Ă  une audience large, et qui sera moins efficace que le digital pour de nombreuses structures. NĂ©anmoins, le choix doit dĂ©pendre des objectifs.

Sur ce dernier point, vous avez compris les avantages du marketing digital par rapport aux méthodes traditionnelles ; notamment :

  • de demander la permission aux consommateurs, grĂące Ă  des techniques liĂ©es au marketing "inbound" ;

  • de pouvoir cibler avec prĂ©cision l'audience intĂ©ressĂ©e par votre message (les potentiels consommateurs) ;

  • de maĂźtriser, cĂŽtĂ© annonceur, la performance d'actions marketing.

Maintenant que vous disposez de bases solides en marketing, vous ĂȘtes prĂȘt Ă  vous lancer ! Dans la prochaine partie, vous dĂ©couvrirez comment crĂ©er votre premier plan marketing.

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