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Mis à jour le 08/04/2020

Réduisez l’empreinte écologique de votre site web

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Comme nous l’avons vu dans le premier chapitre, le numérique a des impacts écologiques concrets et croissants. Le web n’échappe pas à ce constat. La place omniprésente qu’il occupe dans l’univers numérique fait de lui une source importante d’impacts écologiques.

Pour rappel, le web fonctionne sur une architecture client-serveur composée de 3 « tiers » : serveur, réseau et client. Chaque « tiers » est producteur d’impacts écologiques, notamment lors de la fabrication, de l’utilisation et de la fin de vie des équipements. Ainsi, les 3 sources d’impacts écologiques sont l’hébergement (serveur), le réseau et les terminaux (client).

Les terminaux (et notamment leur fabrication) représentent la principale source d’impacts (source : GreenIT.fr). En cause, la multiplication des terminaux pour un même individu (ordinateurs portables, smartphone, télévision, réfrigérateur et autres objets connectés) et leur renouvellement fréquent (tous les 12 à 18 mois environ pour les smartphones, par exemple).

Des sites plus légers pour prolonger la « durée de vie utile » des terminaux

Deux causes principales peuvent expliquer le renouvellement accéléré des terminaux : l’obsolescence programmée par les constructeurs et le poids des contenus.

Le phénomène d’obsolescence programmée résulte de stratégies commerciales délibérées des fabricants. Elle se traduit de deux manières :

  • La sortie fréquente de nouvelles versions (comportant des améliorations mineures) pour démoder les produits disponibles sur le marché.

  • La conception de produits difficilement réparables (batterie soudée, par exemple) ou présentant des « erreurs » de conception (condensateurs localisés près d’une source de chaleur, par exemple).

Le poids des contenus suit une croissance exponentielle. Celle-ci s’explique par l’innovation technique (réseaux plus rapides, appareil photo et caméra aux définitions plus élevées), la faible optimisation des contenus et sites web, et une méconnaissance du problème par les différents acteurs du web. 

Des contenus plus lourds nécessitent des équipements de plus en plus puissants pour les lire. Ainsi, un smartphone ou un ordinateur de conception un peu ancienne aura des difficultés à lire le contenu, même s’il est en bon état de marche. Autrement dit, un contenu plus lourd réduit la « durée de vie utile » d’un terminal.

Que peut faire un concepteur, administrateur ou contributeur d’un site web pour prolonger la « durée de vie utile » des terminaux ?

Pour le concepteur, l’administrateur ou le contributeur d’un site web, difficile d’agir directement contre l’obsolescence programmée – c’est davantage le rôle des pouvoirs publics, ONG environnementales et associations de consommateurs. En revanche, il est tout à fait possible de produire du contenu plus léger, autrement dit de diminuer le poids de son site web. C’est ce que nous allons voir ensemble dans le reste de ce chapitre.

Principes pour un site web allégé

Alléger l’empreinte écologique d’un site web consiste à diminuer ses impacts environnementaux pour un certain niveau de service. Comme pour écoconcevoir un service numérique, la première tâche à effectuer est de définir la ou les fonctionnalités proposées par le site. Il peut également être utile de définir une unité fonctionnelle (par exemple, acheter un produit ou afficher l’horaire d’un train).

Trois leviers d’améliorations complémentaires peuvent être mobilisés successivement :

1. Frugalité fonctionnelle :

  • Éliminer les fonctionnalités peu utilisées.

  • Sélectionner la manière la plus économe de remplir une même fonctionnalité (par exemple, envoyer un SMS de confirmation plutôt qu’un e-mail, n’afficher qu’un nombre limité d’informations essentielles sur la page).

2. Optimisation du contenant :

  • Optimiser les codes sources serveur et client : inspecter le code pour identifier les éléments de code inutiles, séparer et minifier le CSS, changer de langage (voir encadré ci-dessous).

  • Optimiser l’hébergement : choisir un hébergeur ayant une bonne performance environnementale et alimenté en énergie renouvelable (pour les sites à fort trafic), rapprocher l’hébergement des visiteurs du site grâce à un CDN (Content Delivery Network).   

3. Optimisation du contenu :

  • Optimiser la définition des images et vidéos.

  • Optimiser la taille des textes.

  • Proposer par défaut du contenu statique plutôt que du contenu dynamique (par exemple, une image cliquable de carte plutôt qu’un véritable rendu cartographique).

Les leviers 1 et 3 sont ceux qui permettent généralement d’effectuer les gains les plus importants. Le levier 2 est celui qui est le plus facile à mettre en œuvre si vous avez les compétences techniques.

Méthode et outils pour un site web allégé

Pour alléger l’empreinte écologique d’un site web, nous allons d’abord évaluer la situation actuelle pour savoir d’où l’on part et ce que l’on peut améliorer. Ensuite, nous allons mettre en place une série d’actions pour réduire l’empreinte écologique du site web et évaluer le gain réalisé. Enfin, nous allons faire connaître la démarche pour valoriser le travail réalisé et enclencher un cercle vertueux.

Par conséquent, voici les différentes étapes à suivre :

  • Réaliser un état des lieux

  • Identifier et sélectionner des pistes d’amélioration

  • Mettre en place les pistes d’amélioration retenues

  • Mesurer les résultats

  • Partager les résultats

Réalisez un état des lieux

Pour rappel, 3 leviers permettent d’alléger l’empreinte écologique d’un site web : la frugalité fonctionnelle, l’optimisation du contenant, l’optimisation du contenu. L’état des lieux va consister à identifier les fonctionnalités inutiles, l’empreinte écologique du site web et les bonnes pratiques écologiques déjà en place. 

L’identification des fonctionnalités inutiles s’appuie sur les statistiques de fréquentation de votre site web (notamment l’analyse des parcours utilisateurs). Il s’agit d’étudier quelles sont les fonctionnalités réellement utilisées par les utilisateurs comparées à l’ensemble des fonctionnalités du site. Pour effectuer cette analyse, vous aurez besoin d’accéder au module de mesure statistique de votre site web (Google Analytics ou Matomo – anciennement Piwik, par exemple), ainsi qu’au cahier des charges fonctionnel utilisé pour le développement du site web. Si celui-ci n’est pas disponible, vous pouvez vous entretenir avec le développeur ou l’administrateur, ou à défaut, effectuer une visite en profondeur du site.

Pour la mesure de l’empreinte écologique et l’identification des bonnes pratiques en place, vous allez travailler avec un échantillon représentatif du site web d’une dizaine de pages, c’est-à-dire comportant les différents types de pages qu’un utilisateur peut rencontrer. La composition de cet échantillon varie suivant le site. Voici un modèle d’échantillon sur lequel vous pouvez vous baser :

  • Page d’accueil

  • Pages de résultats de recherche

  • Formulaire de contact

  • Pages comportant un contenu vidéo

  • Pages donnant accès à un document (rapport, livre blanc, etc.)

  • Pages d’actualité (ou de blog)

  • Pages de recrutement

  • Page de connexion à un compte utilisateur

La mesure de l’empreinte écologique s’effectue à l’aide de l’outil en ligne Ecoindex. Vous allez effectuer une mesure Ecoindex pour chacune des pages de votre échantillon représentatif et compiler les résultats dans un tableau récapitulatif (cf. exemple ci-dessous). 

Pour le site bl-evolution.com, la performance énergétique est de 11.1 (barème de 0 à 100) ce qui donne une note de F.
Page de résultats d’une analyse Ecoindex

L’identification des bonnes pratiques en place repose sur la check-list du référentiel « 115 bonnes pratiques d’écoconception web » (source : Collectif Green IT), l’outil Ecometer et un entretien avec le développeur ou administrateur du site web. Ecometer teste automatiquement l’application de 15 des 115 bonnes pratiques du référentiel. L’entretien avec le développeur ou l’administrateur consiste à balayer le référentiel avec lui pour identifier d’autres bonnes pratiques déjà en place. Vous allez effectuer les tests Ecometer pour les pages de votre échantillon représentatif, tandis que l’entretien pourra porter sur l’ensemble du site web.

Résultat pour le site bl-evolution.com, chaque bonne pratique est évaluée (oui/non).
Page de résultats d’une analyse Ecometer

Identifiez, sélectionnez et mettez en place des pistes d’amélioration

À l’aide de l’état des lieux et de la check-list, vous allez identifier les fonctionnalités à retirer et les bonnes pratiques supplémentaires qui pourraient être mises en place.

Parmi l’ensemble des bonnes pratiques supplémentaires, vous allez ensuite sélectionner celles qui sont prioritaires à l’aide d’une analyse multicritère (difficulté de mise en œuvre, intérêt écologique, etc.). Pour vous aider dans cette analyse, je vous conseille de travailler avec la version Excel ou OpenDocument de la check-list (source : Collectif Green IT). Nous vous conseillons de réaliser l’ensemble de ce travail avec le concepteur ou l’administrateur du site web.

Mesurez les résultats

À la suite de la mise en place des pistes d’amélioration, refaites une nouvelle mesure de l’impact écologique des pages de votre échantillon représentatif. Comparez les résultats avec les impacts écologiques initiaux. Ces données vous permettent d’attester de l’efficacité de la démarche. Elles serviront de base pour communiquer.

Partagez les résultats

Comme pour l’écoconception de services numériques, il est important de faire connaître votre démarche. Cela permet de valoriser le travail effectué, de renforcer la motivation des salariés impliqués (et des autres) et l’image de votre entreprise. Pour cette communication, rapprochez-vous de la ou des personnes en charge de la communication interne et externe de votre entreprise. Pour rester cohérent avec la démarche, je vous conseille une communication humble et factuelle basée sur les résultats.

Mettez en pratique : auditez la performance écologique d’une page web

Pour mettre en pratique ce que vous avez appris dans ce chapitre, je vous propose de réaliser un petit projet. Vous allez travailler sur un audit de performance d’une page web. Une fois n’est pas coutume, vous allez cette fois-ci travailler sur un cas réel. :)

Le directeur de la communication de votre entreprise souhaite préparer la refonte du site web de votre entreprise. Touché par le documentaire Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent qu’il a visionné récemment, il souhaite participer à la résolution des enjeux écologiques. Dans son travail de veille informationnelle, il croise de plus en plus d’articles de presse sur les impacts écologiques du web. 

Ceci lui a donné l’envie d’inscrire l’allègement de l’empreinte écologique du site web dans le cahier des charges de sa refonte. Si l’envie est là et le cadre propice à l’action, le directeur ne sait malheureusement pas comment procéder sur le sujet.

Grâce à votre travail sur la démarche Green IT, vous avez été identifié comme une personne-ressource en interne. Le directeur de la communication vous propose donc de l’accompagner sur le volet allègement de l’empreinte écologique du site web. Il aimerait dans un premier temps que vous lui montriez en quoi consiste concrètement le sujet.

Votre mission, si vous l’acceptez

Afin de permettre au directeur de mieux comprendre le sujet, réalisez une diapo présentant les résultats aux tests Ecoindex et Ecometer de la page d’accueil de votre site web préféré, ainsi que 3 bonnes pratiques à appliquer pour réduire son impact écologique (que vous aurez identifiées grâce à Ecometer).

En résumé

  • Dans une architecture web client-serveur, les impacts écologiques proviennent en priorité des terminaux, puis du réseau et des data centers. Pour rappel, la fabrication des terminaux est l’étape de leur vie qui est la plus impactante. Le principal enjeu est donc de prolonger la « durée de vie utile » des terminaux actuellement utilisés pour limiter la fabrication de nouveaux terminaux.

  • 3 leviers permettent d’alléger l’empreinte écologique d’un site web : la frugalité fonctionnelle, l’optimisation du contenant, l’optimisation du contenu.

  • Il est possible de travailler sur un site web existant, un site en cours de refonte ou sur un projet de site.

  • La démarche à suivre part de l’existant et consiste à mettre en place une série d’actions pour réduire l’empreinte écologique du site web, puis à évaluer le gain réalisé (par rapport à la situation initiale).

  • 2 outils en ligne sont utiles dans cette démarche : Ecoindex et Ecometer. Le premier permet de mesurer l’impact écologique, le second d’identifier les premières pistes d’action pour le réduire. 

Vous êtes arrivé à la fin de ce cours d’initiation sur le Green IT. Vous possédez maintenant de solides bases pour appréhender le numérique de manière écologique. J’espère que ce cours vous a plu et vous donnera envie d’aller plus loin. Pour terminer, je vous invite à effectuer le quiz pour voir si vous avez bien retenu les principaux éléments du cours ou s’il faut que vous repassiez du temps sur certains d’eux pour consolider vos connaissances.

Je vous souhaite une très bonne continuation !

Exemple de certificat de réussite
Exemple de certificat de réussite