
Au chapitre précédent, vous avez facturé les consultations de la matinée. À chaque fois, un mot est revenu sans qu’on s’y attarde : la cotation. Il est temps de lever le voile. Derrière chaque acte facturé se cache un code, tiré d’une nomenclature officielle, qui fixe son tarif. Rassurez-vous : l’objectif n’est pas de faire de vous un expert du codage, mais de vous apprendre à reconnaître la bonne nomenclature et à savoir où chercher, que vous travailliez en cabinet de ville ou à l’hôpital.
Reprenons une ligne de facturation. Quand vous saisissez un acte, vous ne tapez pas un prix au hasard : vous choisissez un code officiel, et ce code porte avec lui un tarif de référence. C’est exactement ce que désigne le mot cotation rencontré au chapitre précédent.
Toutes les nomenclatures ne servent pas les mêmes actes. Trois d’entre elles couvrent l’immense majorité de ce que vous facturerez au quotidien. Découvrons-les une par une.
La NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) couvre les actes médicaux courants : la consultation d’un médecin généraliste, une visite à domicile, un acte infirmier de soins. C’est la nomenclature que vous croiserez le plus souvent en cabinet de ville.
La CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux) recense les actes techniques spécifiques : une radiographie, une échographie, un acte de chirurgie, une endoscopie. Dès qu’un acte suppose un geste technique ou un appareil, on le cherche dans la CCAM.
La NABM (Nomenclature des Actes de Biologie Médicale) est dédiée aux examens de laboratoire : une prise de sang, un dosage, une analyse d’urine. Si l’acte se déroule au laboratoire, c’est la NABM qui s’applique.
Gardez ce mémo des trois nomenclatures du quotidien à portée : il les reprend en une ligne chacune.
Sigle | Signification | Rôle en une ligne |
NGAP | Nomenclature Générale des Actes Professionnels | Code les actes cliniques (consultations, soins infirmiers) |
CCAM | Classification Commune des Actes Médicaux | Code les actes techniques (imagerie, chirurgie) |
NABM | Nomenclature des Actes de Biologie Médicale | Code les examens de laboratoire |
Pour relier chaque type d’acte à sa nomenclature d’un coup d’œil, appuyez-vous sur ce tableau d’association.
Type d’acte | Nomenclature | Exemple courant |
Acte clinique | NGAP | Consultation chez le généraliste |
Acte technique | CCAM | Radiographie du thorax |
Acte de biologie | NABM | Prise de sang pour un bilan |
Au quotidien en cabinet ou en laboratoire, vous manipulerez surtout ces trois nomenclatures : la NGAP, la CCAM et la NABM. Bonne nouvelle : dans les logiciels métiers, ces sigles et leurs libellés sont détaillés à l’écran, vous n’avez donc pas à les retenir par cœur. La logique hôpital qui suit est là pour que vous sachiez la reconnaître, pas pour que vous la pratiquiez.
Tout ce que nous venons de voir vaut pour la facturation à l’acte : un acte réalisé, un code, un tarif. C’est la logique du cabinet de ville. À l’hôpital, le raisonnement change : on ne facture pas chaque acte séparément, on finance le séjour du patient dans son ensemble.
Pour attribuer le bon forfait, l’hôpital doit décrire son activité de façon standardisée. C’est le rôle du PMSI.
Voici les sigles de la logique hospitalière, réunis en une ligne chacun.
Sigle | Signification | Rôle en une ligne |
T2A | Tarification À l’Activité | Mode de financement des séjours à l’hôpital |
PMSI | Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information | Recueille et code l’activité hospitalière pour la financer |
GHM | Groupe Homogène de Malades | Classe un séjour hospitalier selon sa nature |
GHS | Groupe Homogène de Séjours | Porte le tarif associé à un GHM |
Ces sigles peuvent sembler abstraits, alignés dans un tableau. La vidéo ci-dessous leur redonne du sens en les remettant dans l’ordre d’une histoire : celle d’un séjour à l’hôpital, d’abord décrit, puis classé, puis tarifé. Regardez-la avec une question en tête : qu’est-ce qui distingue vraiment un GHM d’un GHS ? Vous verrez que la réponse tient en deux verbes.
Retenez surtout la bascule de logique : à l’acte en ville, au séjour à l’hôpital. Vous n’aurez pas à calculer un GHS vous-même ; il vous suffit de comprendre que le financement hospitalier suit cette autre grammaire.
Reste un dernier sigle, un peu à part : la CIM-10. Contrairement aux nomenclatures précédentes, elle ne code pas des actes, mais des diagnostics, c’est-à-dire des maladies.
À quoi sert-elle concrètement ? À deux choses. D’abord au suivi du patient : le diagnostic codé garde une trace claire et partagée de sa situation médicale. Ensuite au financement hospitalier : c’est en partie sur ces diagnostics que repose le classement d’un séjour dans son GHM, dans le cadre du PMSI.
Est-ce que je vais devoir apprendre à coder les maladies avec la CIM-10 ?
Non, rassurez-vous. Coder les diagnostics est le métier de professionnels dédiés, souvent des médecins ou des techniciens de l’information médicale. Votre objectif à vous est de reconnaître la CIM-10 quand vous la croisez et de savoir à quoi elle sert, pas de l’utiliser pour coder.

Vous préparez la cotation d’une série d’actes de la journée. Pour chacun, vous devez retrouver la bonne nomenclature et dire s’il relève d’une facturation à l’acte (cabinet de ville) ou d’un financement au séjour (hôpital). C’est exactement le tri que vous ferez en poste avant de saisir une ligne de facturation.
Les actes à classer
une consultation chez un médecin généraliste ;
une radiographie du genou dans un centre d’imagerie ;
une prise de sang pour un bilan en laboratoire ;
une appendicectomie (opération de l’appendice) avec hospitalisation.
Votre travail
Pour chaque acte :
indiquez la nomenclature de référence : NGAP, CCAM ou NABM ;
précisez le mode de financement : facturation à l’acte (ville) ou financement au séjour (T2A, hôpital) ;
justifiez chaque choix en une phrase.
Votre livrable
Le tableau d’association complété (nomenclature et mode de financement pour chaque acte) ;
Une phrase de justification par acte.
Prenez cinq minutes pour compléter votre tableau avant de consulter le corrigé.
Chaque acte facturé porte un code tiré d’une nomenclature, qui fixe son tarif de référence ;
Trois nomenclatures couvrent le quotidien : la NGAP pour les actes cliniques, la CCAM pour les actes techniques, la NABM pour la biologie ;
En cabinet de ville, on facture à l’acte ; à l’hôpital, on finance le séjour via la Tarification À l’Activité (T2A) ;
Le PMSI décrit l’activité hospitalière et classe chaque séjour dans un GHM, valorisé par un tarif porté par un GHS ;
La CIM-10 code les diagnostics, pas les actes : il suffit de la reconnaître et de savoir à quoi elle sert.
Vous savez désormais reconnaître la nomenclature d’un acte et distinguer la facturation en ville du financement à l’hôpital. Dans le dernier chapitre, vous bouclez le cycle : traiter les retours de télétransmission, corriger les rejets et sécuriser durablement les recettes de la structure.