Découvrez le fonctionnement des chaudières gaz, fioul ou biomasse

Découvrez le principe de fonctionnement d’une chaudière

Une chaudière est un équipement thermique permettant de produire de la chaleur pour le chauffage d’un bâtiment et, selon son usage, pour la production d’eau chaude sanitaire (ECS). Son fonctionnement repose sur l’utilisation d’une source d’énergie (gaz, fioul, bois ou électricité) pour chauffer un fluide caloporteur qui est ensuite distribué dans un réseau de chauffage.

Qu’est-ce qu’un fluide caloporteur ?

Le fluide caloporteur qui est transporté entre la chaudière et ses radiateurs
Le fluide caloporteur qui est transporté entre la chaudière et ses radiateurs

Dans une chaudière qui produit du chauffage, le fluide caloporteur est souvent l’eau. Voici comment cela fonctionne :

  • L’eau circule dans les tuyauteries et les organes de la chaudière.

  • Lorsqu’elle passe dans l’échangeur de chaleur (chauffé par le brûleur), elle capte les calories produites par la combustion.

  • L’eau chauffée est ensuite redistribuée dans le réseau de chauffage, vers les émetteurs (par exemple, des radiateurs).

  • Les radiateurs transfèrent la chaleur de l’eau à l’air ambiant par conduction et convection, ce qui réchauffe la pièce.

Comment fonctionne une chaudière ?

Le fonctionnement d’une chaudière commence par la combustion du combustible(ou l’activation d’une résistance électrique pour les chaudières électriques) dans ce qu’on appelle le corps de chauffe, la partie principale de l’appareil. Cette combustion produit de la chaleur, qui est ensuite transférée à l’eau qui circule dans un circuit fermé à l’intérieur du corps de chauffe.

L’eau chauffe progressivement en passant par ce circuit, puis elle est envoyée vers les émetteurs de chaleur du logement, comme les radiateurs. Si la chaudière produit aussi de l’eau chaude sanitaire, une partie de l’eau chaude peut être dirigée vers un ballon de stockage d’eau chaude sanitaire.

La combustion des énergies primaires requiert un apport d’air neuf pour assurer une réaction efficace. Une fois cette combustion réalisée, des fumées se forment et doivent être évacuées. L’extracteur de fumées prend en charge cette évacuation en les acheminant vers l’extérieur, tout en permettant l’admission d’air neuf via un conduit spécifique, appelé ventouse.

Nous allons donc voir ensemble comment identifier les différents types de chaudières que vous pourrez rencontrer.

Identifiez les différents types de chaudières

Trois critères principaux permettent de distinguer les différents types de chaudières :

  • L’énergie primaire utilisée ;

  • La technologie employée ;

  • Le mode d’installation.

Voyons ça ensemble.

Selon l’énergie primaire utilisée

Puisque la production de chaleur résulte de la combustion d’une énergie primaire, il existe autant de types de chaudières qu’il existe de combustibles. On distingue :

  • Les chaudières à gaz 

Elles sont alimentées par du gaz naturel ou du propane. Les chaudières au gaz naturel sont particulièrement répandues en zones urbaines, où elles nécessitent un raccordement au réseau de distribution GRDF.

En l'absence de ce raccordement, il est possible d’installer une cuve de stockage de propane, une solution principalement utilisée en zones périurbaines ou rurales. Cependant, cette alternative reste peu répandue en raison de plusieurs contraintes : technologie plus complexe, approvisionnement en combustible plus difficile et coût élevé.

  • Les chaudières au fioul

Elles fonctionnent avec du fioul domestique et nécessitent systématiquement une cuve de stockage pour l’approvisionnement en combustible.

Elles sont très répandues en zones périurbaines et rurales, où de nombreuses habitations ne sont pas raccordées au réseau de gaz naturel. À l’époque, cette énergie était largement disponible, facile à acheminer et relativement peu coûteuse, ce qui en faisait une solution de chauffage privilégiée. Aujourd’hui, son utilisation tend à diminuer en raison de la hausse des prix du fioul et de son impact environnemental élevé.

  • Les chaudière biomasse

Elles fonctionnent avec du bois sous différentes formes (bûches, granulés). Plus écologique que les énergies fossiles, elle nécessite cependant un espace de stockage conséquent.

Historiquement, elle était surtout répandue en zones rurales où les utilisateurs avaient accès à des ressources locales (par exemple le bois ; pratique de l’affouage) ou à des prix compétitifs pour le combustible. 

Le marché a connu une forte croissance en 2020-2021, portée par les aides financières et le remplacement des chaudières au fioul. Cependant, depuis, il subit une baisse drastique, principalement due aux fortes fluctuations des prix des combustibles et à une concurrence accrue avec d'autres systèmes de chauffage.

  • Les chaudières électriques

Peu encombrante et facile à installer, elles ont été largement déployées après 1973, à la suite du choc pétrolier. À cette époque, la France avait lancé un vaste programme nucléaire et encouragé le recours à l’électricité pour le chauffage. 

Cependant, aujourd’hui, leur coût d’utilisation est très élevé et elles sont fortement concurrencées par des systèmes plus performants, comme les pompes à chaleur.

Selon la technologie

Le second facteur qui définit le type de chaudière concerne son mode de combustion. On en distingue deux.

  • Chaudière classique 

Elle fonctionne en chauffant directement l’eau, mais avec un rendement énergétique limité. Elle ne récupère pas l’énergie contenue dans les fumées de combustion et fonctionne uniquement à haute température.

Cette technologie a été largement utilisée depuis les années 1950, avec un fort développement dans les années 1970, notamment en raison de l’essor du chauffage central. Cependant, son usage est en déclin depuis les années 2000, remplacé progressivement par des chaudières à condensation et des pompes à chaleur, qui offrent un meilleur rendement énergétique et une consommation plus faible.

Le fonctionnement d’une chaudière classique
Le fonctionnement d’une chaudière classique
  • Chaudière à condensation

Cette technologie s’est développée à partir des années 1990 et s’est imposée progressivement comme la norme pour le chauffage domestique et collectif.  La chaudière à condensation fonctionne comme une chaudière classique, mais avec une différence majeure : elle récupère une partie de la chaleur habituellement perdue dans les fumées de combustion

En brûlant du gaz ou du fioul, une chaudière produit de la chaleur, mais aussi de la vapeur d’eau. Plutôt que de rejeter cette vapeur directement, la chaudière à condensation la refroidit jusqu’à la transformer en eau. Ce changement d’état libère de l’énergie supplémentaire, qui est utilisée pour chauffer l’eau du circuit de chauffage.

Le fonctionnement d’une chaudière à condensation
Le fonctionnement d’une chaudière à condensation

Grâce à cette récupération de chaleur, la chaudière à condensation est bien plus efficace. Son rendement dépasse 100 % sur le pouvoir calorifique inférieur (PCI)* du combustible, alors qu’une chaudière classique atteint environ 85-90 %. C’est-à-dire qu’elle consomme moins d’énergie pour produire la même quantité de chaleur, ce qui réduit la facture et les émissions polluantes comme le CO₂ et les oxydes d’azote (NOx).

Pour profiter au maximum de cet effet de condensation, la chaudière fonctionne mieux lorsque l’eau qui revient du circuit de chauffage est à basse température. Néanmoins, elle peut fonctionner à différents régimes de température :

  • En haute température (70-90°C), mais la condensation est alors faible.

  • En moyenne température (50-70°C), elle reste performante tout en s’adaptant aux anciens radiateurs.

  • En basse température (30-50°C), elle atteint son rendement optimal, notamment avec des planchers chauffants ou des radiateurs basse température.

Selon l’installation

Enfin, le dernier aspect qui définit le type de chaudière est son installation. Là aussi, on en distingue deux.

  • Chaudière murale 

Compacte et adaptée aux petits espaces, elle est fixée sur le mur. Son installation est simple et elle est souvent choisie pour les besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire d’un foyer de taille modeste. Elle convient particulièrement aux systèmes de chauffage central de petite à moyenne puissance.

Photographie d'une chaudière murale installée au-dessus d'un plan de travail dans une cuisine
La chaudière murale est installée au-dessus du plan de travail de cette cuisine
  • Chaudière au sol

Plus volumineuse et plus puissante qu’une chaudière murale, elle est posée directement sur le sol et convient aux maisons ou aux bâtiments ayant un besoin de chauffage plus important. 

 

Grâce à sa capacité à accueillir un ballon d’eau chaude intégré, elle est particulièrement adaptée aux foyers ayant une forte consommation d’eau chaude sanitaire.

Photographie d'une chaudière au sol installée dans une buanderie
La chaudière au sol est installée dans cette buanderie

Tenez compte de caractéristiques supplémentaires 

Les caractéristiques précédemment citées vous permettent d’identifier le type de chaudière auquel vous êtes confrontés. Cependant, deux éléments essentiels doivent également être considérés :

  • Le régime de température du circuit de chauffage,

  • La production et le stockage de l’eau chaude sanitaire.

Le régime de température du circuit de chauffage

Ce paramètre est fondamental, quel que soit le système de chauffage proposé à votre client. En effet, le régime de température des émetteurs (radiateurs, plancher chauffant, etc.) influence directement le choix technologique de la chaudière. Certaines technologies ne seront pas adaptées à des régimes de température élevés ou, au contraire, à des besoins en basse température.

La production et le stockage de l’eau chaude sanitaire (ECS)

La prise en compte de la production et du stockage d’eau chaude sanitaire est essentielle pour garantir une solution de remplacement adaptée au système existant.

 

Selon la taille du foyer et la consommation en eau chaude, certaines chaudières sont capables de produire de l’eau chaude en instantané ou via un système de micro-accumulation.

  • Petits logements (1 à 3 personnes) 

La consommation en eau chaude étant modérée, une production instantanée est souvent suffisante. Dans ce cas, la chaudière chauffe l’eau à la demande, sans stockage préalable. 

Néanmoins, il est courant que les chaudières disposent d’une micro-accumulation, c’est-à-dire un petit volume d’eau chaude (entre 2 et 5 litres) maintenu en température dans l’appareil, garantissant un débit immédiat d’eau chaude au robinet. Ce type de production est fréquent sur les chaudières murales compactes, souvent installées dans les appartements ou petits logements.

 

  • Grandes familles ou foyers avec forte consommation d’eau chaude 

Lorsque plusieurs occupants utilisent fréquemment l’eau chaude (notamment pour des douches successives), une production instantanée devient insuffisante. Dans ce cas, la chaudière est associée à un ballon d’accumulation où l’eau est stockée et maintenue en température. Ce système garantit une disponibilité immédiate d’un grand volume d’eau chaude, évitant les interruptions en cas de forte demande. 

Lors de l’audit d’un client possédant une chaudière, il est essentiel d’identifier les éléments suivants :

  • Le type de combustible utilisé (gaz, fioul, etc.),

  • La technologie de la chaudière (standard ou à condensation),

  • Son mode d’installation (murale ou au sol),

  • Son régime de température de fonctionnement,

  • Sa capacité à produire ou non de l’eau chaude sanitaire.

Pour aller plus loin dans la compréhension d’une chaudière, je vous invite à parcourir un extrait de cette fiche technique d’une chaudière sol, gaz à condensation.

Retenez les avantages et les inconvénients des chaudières à condensation

Les avantages

  • Augmentation du confort : Grâce à leur technologie, ces chaudières régulent précisément leur puissance, ce qui permet de maintenir une température stable dans l’habitat durant toute l’année.

  • Meilleur rendement énergétique et réduction de la consommation de gaz : Une chaudière à condensation récupère la chaleur des fumées, ce qui permet un meilleur rendement PCI. Pour la même raison, elle permet des économies d’énergie car elle consomme moins de matière première pour la même puissance restituée.

  • Moins d’émissions polluantes : Puisqu’elle régule ces besoins, elle consomme moins d’énergie primaire et par conséquent, elle rejette moins de CO₂ et de NOx, contribuant ainsi à la réduction de l’empreinte carbone.

  • Conformité aux réglementations : Les chaudières standard ne sont plus autorisées en remplacement dans le résidentiel depuis 2018 (directive ErP). Une chaudière à condensation respecte les normes en vigueur.

  • Éligibilité aux aides financières : Selon la région et les dispositifs en place, ce type d’installation peut donner droit à des aides (ex : MaPrimeRénov’ en France).

  • Coût d’achat et d’installation : Une chaudière à condensation représente une solution plus abordable que l’installation d’une pompe à chaleur.

  • Adaptabilité aux équipements existants : Grâce à sa flexibilité en termes de régimes de température, la chaudière à condensation est compatible avec les émetteurs en place. Toutefois, il convient de se référer au cours sur le dimensionnement des émetteurs, qui apporte une nuance à ce principe.

Les inconvénients

  • Les eaux de condensation : Les chaudières à condensation génèrent des eaux de condensat lors de la récupération de la chaleur issue des fumées. Ces eaux, naturellement acides, doivent être neutralisées avant d'être rejetées dans les réseaux d'eaux usées.

En effet, les condensats contiennent des résidus acides, principalement des acides nitriques et sulfurés, issus de la combustion du gaz naturel ou du fioul. Leur pH est généralement compris entre 3 et 5, ce qui est trop acide pour être rejeté directement dans le réseau d'eaux usées.

Sans neutralisation, les condensats peuvent :

  • Endommager les canalisations (corrosion),

  • Polluer le réseau d’assainissement,

  • Et surtout, contrevenir à la réglementation, notamment les prescriptions du service des eaux ou de l’urbanisme.

Par conséquent, on utilise un neutraliseur de condensats : un petit boîtier rempli de granulés neutralisants (généralement du carbonate de calcium ou du marbre concassé) installé sur la canalisation d’évacuation. Son rôle :

  • Élever le pH des condensats (idéalement autour de 6 à 7),

  • Permettre le rejet en toute sécurité dans les eaux usées domestiques.

À noter :

  • Le neutraliseur nécessite un entretien régulier (remplacement des granulés quand ils sont dissous) ;

  • Il est obligatoire.

Le remplacement des chaudières standards par des chaudières à condensation ne présente pratiquement aucun inconvénient. En effet, cette technologie s’adapte à toutes les installations existantes. Son progrès technologique permet directement des gains de productivité et, par conséquent, des économies d'énergie ainsi qu'une réduction des émissions de polluants. Enfin, leur coût de mise en œuvre reste la solution la plus accessible sur le marché, à condition que le remplacement se fasse en lieu et place de l’installation existante, sans contrainte particulière.

En résumé 

  • Identifiez les chaudières selon l’énergie, la technologie et l’installation.

  • Tenez compte du régime de température et des besoins en eau chaude.

  • Prenez en compte les avantages et des inconvénients d’une chaudière dans vos recommandations.

Bien que la chaudière réponde à toutes les conditions idéales pour remplacer la production de chauffage et d'eau chaude sanitaire lors de la rénovation d'un logement, elle n'est pas la seule solution. 

Les avancées technologiques des dernières décennies ont permis l'émergence des pompes à chaleur. C’est ce que vous allez découvrir dans la partie suivante, tout de suite après le quiz. 

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