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Introduction du cours

Introduction

De la même façon qu’un commentaire de carte (voir la fiche Lire une carte), le commentaire de texte semble souvent plus facile qu’une dissertation, mais c’est rarement le cas en vérité ! Le gros risque est d’aborder le commentaire de texte sans aucune connaissance préalable, en se disant “Au moins j’ai le texte, j’aurai toujours des choses à raconter !”, ce qui mène invariablement à reformuler le texte sans y apporter grand chose, et probablement à une mauvaise note...

Alors comment faire un commentaire de texte qui ne soit pas une longue et pénible paraphrase (qui consiste à reformuler sans rien apporter) ?

Que ce soit en lettres, en histoire, en philosophie, ou autre, il faut passer, face à un texte inconnu, par 4 étapes nécessaires :

  1. Décrypter le texte

  2. Le décortiquer en profondeur

  3. Structurer le plan du commentaire

  4. Rédiger l’analyse

Cet exercice vous semble sûrement un peu académique, et c’est sûr que, dans votre vie quotidienne, vous ne ferez jamais ce travail de décortiquage précis. Mais ces techniques vont vous servir tout au long de votre vie. À chaque fois que vous aurez à lire un texte, vous aurez acquis des automatismes précieux, qui vous permettront de mieux comprendre tout élément écrit, que vous lisiez un rapport, un article ou même un mail ! Il s’agit de prendre l’habitude de remettre en contexte et de débusquer les sous-entendus.

Pour avoir une bonne note à un examen de commentaire de texte, il faut aussi comprendre le but réel de cet exercice. Officiellement, on dit qu’il faut que vous expliquiez le texte et ses enjeux à quelqu’un qui ne connaîtrait pas le texte. C’est à relativiser ! Vous savez très bien que votre correcteur connaît le texte, voire le comprend beaucoup mieux que vous. Et heureusement, sinon comment pourrait-il vous noter ?
Il faut faire “comme si” le lecteur ne connaissait pas le texte, mais gardez en tête le vrai objectif de l’exercice : il s’agit en fait de montrer à votre correcteur que vous avez compris le texte, saisi les enjeux sous-jacents et que vous êtes capable de développer une réflexion autour. Il ne faut PAS que cela soit exprimé clairement dans votre texte (PAS de “j’ai compris que…”, etc.), mais c’est le but réel de votre devoir.

Décryptez !

Face à un texte inconnu, on est parfois désemparé. Le premier réflexe à prendre est de comprendre son contexte.
D’abord, son énonciation : qui parle ? à qui ? l’auteur répond-il à un autre auteur ? Puis, la nature du texte, le contexte historique et géographique, etc. Bref, identifiez toutes les informations que vous pouvez collecter ou savoir à propos de ce texte.
Pour une épreuve de 4h, rassemblez ces informations au brouillon en 10 minutes. Pour une épreuve plus courte, comme l’examen d’entrée à Sciences Po, consultez la fiche Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps.

Apprivoisez le texte

Il est 8h, vous commencez votre épreuve, probablement en ayant révisé tard… Alors ouvrez bien les yeux, et commencez par lire une première fois le texte !

Vous devez repérer les informations suivantes :

  • Le nom de l’auteur, et si possible sa fonction : romancier, journaliste, philosophe, homme politique…

  • La nature du texte : article de journal, extrait d’un roman, tract...

  • La date d’écriture

  • Les lieux : où le texte a-t-il été écrit ? Et publié ?

Ce sont les métadonnées, c’est-à-dire les informations À PROPOS de ce texte, que vous ne trouverez pas DANS le texte. Elles vous donneront une idée de l’orientation idéologique du texte, de son ancrage historique, de son objectif, etc.

Prenons un exemple avec un texte historique.

La nouvelle politique étrangère des États-Unis
Discours de George W. Bush sur l’état de l’Union, 29 janvier 2002

Alors que nous sommes réunis ici ce soir, notre pays est en guerre, notre économie est en récession, et le monde civilisé doit faire face à des dangers sans précédent. Et pourtant, notre Union n’a jamais été aussi solide. Lors de notre dernière réunion, nous étions sous le choc et en proie à la souffrance. En quatre mois à peine, notre pays a réconforté les victimes, commencé à reconstruire New York et le Pentagone, formé une grande coalition, capturé, arrêté et mis hors d’état de nuire des milliers de terroristes, détruit des camps d’entraînement de terroristes en Afghanistan, sauvé un peuple de la famine et libéré un pays d’une oppression brutale. (…)
Il reste des dizaines de milliers de terroristes bien entraînés. Ces ennemis assimilent le monde entier à un champ de bataille, et nous devons les pourchasser, où qu’ils se trouvent. Tant qu’il restera des camps d’entraînement, tant que des États donneront asile aux terroristes, la liberté sera compromise ; cela, les États-Unis et leurs alliés ne doivent pas le tolérer, et ils ne le toléreront pas. Les États-Unis poursuivront deux grands objectifs sans relâche et patiemment. (…)
Notre second objectif consiste à empêcher les gouvernements qui parrainent le terrorisme de menacer les États-Unis et leurs amis au moyen d’armes de destruction massive. Certains de ces gouvernements se tiennent tranquilles depuis le 11 septembre. Mais nous connaissons leur véritable caractère. La Corée du Nord a un gouvernement qui s’équipe de missiles et d’armes de destruction massive tout en affamant sa population. L’Iran s’emploie activement à fabriquer de telles armes et exporte le terrorisme tandis qu’une minorité non élue étouffe l’espoir de liberté du peuple iranien. L’Irak continue à afficher son hostilité envers les États-Unis et à soutenir le terrorisme. (…) De tels États constituent, avec leurs alliés terroristes, un axe maléfique et s’arment pour menacer la paix mondiale. En cherchant à acquérir des armes de destruction massive, ils posent un danger dont la gravité ne fait que croître.
Nous coopérerons étroitement avec les membres de notre coalition pour refuser aux terroristes et aux États qui les parrainent le matériel, la technologie et le savoir-faire qui leur permettraient de fabriquer et de lancer des armes de destruction massive. Nous mettrons au point et déploierons une défense antimissile pour protéger les États-Unis et leurs alliés d’une attaque surprise. Et tous les pays devraient savoir que les États-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de notre nation. (…) L’Amérique sera le champion de la défense de la liberté et de la justice, parce que ces principes sont justes, vrais et inaliénables pour tous les peuples du monde.

Premier repérage :

  • Auteur : George W. Bush

  • Nature du texte : Discours

  • Date d’écriture : 2002

  • Lieu de la déclaration (puisque c’est un discours) : Congrès des États-Unis

Définissez le contexte

À partir de ces métadonnées, il va falloir mobiliser vos connaissances pour contextualiser. Ce qui veut dire rassembler tous les éléments que vous pourriez connaître concernant l’auteur, l’époque, le pays, le journal ou la maison d’édition, bref, tous les éléments extérieurs au texte qui vont pouvoir éclairer votre lecture et vous permettre de comprendre l’arrière-plan, les sous-entendus, l’implicite du texte.

Vous allez forcément le faire de façon intuitive lorsque vous lirez le texte, par exemple vous rappeler ce que vous savez de Flaubert au moment de lire un extrait de Madame Bovary. Mais il est important de noter ces éléments afin de les garder en tête tout au long de votre lecture et de ne pas oublier de les solliciter à chaque fois que cela donne du sens à votre lecture.

Donc on reprend les premiers éléments ci-dessus, et on creuse.

  • Qui est l’auteur ? 
    Quel est son statut ? est-ce un anonyme ? un écrivain ? un homme politique ?...  Cela permet d’évaluer le degré d’implication de l’auteur, de comprendre ses objectifs personnels qui l’ont poussés à écrire ce texte. Bien connaître l’auteur permet de savoir comment il se positionne par rapport à son sujet.

  • Quelle est la nature du document ?
    Mémoires, propagande, fiction, article de presse... Ainsi vous pourrez repérer les destinataires éventuels et le message que l’auteur fait passer. Dans le cas d’un texte littéraire, il faut le rattacher à un genre (roman, poésie, théâtre, essai) et à un type (narratif, descriptif, argumentatif), encore une fois vous pourrez mieux cerner le sens du texte grâce à ces éléments.

  • Le document est-il entier ou coupé ?
    Les extraits peuvent être repérés facilement, car les coupes sont signalées par des points de suspension entre parenthèses ou entre crochets. Dans ce cas, il faut se demander pourquoi le texte a été coupé : texte trop long, détails non nécessaires, volonté d’orienter la lecture…

  • De quelle époque parle-t-on ?
    Il y a deux éléments temporels distincts à identifier : la date de publication, qui donne une information la plupart du temps sur le moment de l’écriture (mais pas toujours, attention aux publications posthumes par exemple, dans ce cas il faut essayer de retrouver l’année d’écriture), et la période dont le texte traite, qui n’est pas forcément contemporaine du moment de l’écriture.
    La date d’écriture permet de resituer le texte dans son cadre historique, politique ou artistique. C’est d’autant plus important en histoire, pour comprendre les influences qu’a pu subir l’auteur. Écrit-il à chaud ? Ou au contraire avec beaucoup de recul ? Dans ce cas, cherche-t-il à expliquer un moment de son propre présent à travers son discours sur le passé ?
    Mais en lettre et en philosophie, ce sont aussi des informations à mentionner, pour inscrire le texte dans son contexte artistique, nécessaires pour ne pas faire de contresens. Par exemple, on évitera de dire qu’un auteur s’inspire d’un autre alors que chronologiquement c’est impossible !

  • De quel lieu parle-t-on ? 
    Comme pour la date, il faut identifier deux choses différentes : le lieu de publication et le lieu où se déroule l’action du texte, qui ne sont pas forcément identiques. En philosophie par exemple, il est important de savoir de quel pays l’auteur est originaire pour le confronter à la société dans laquelle il vit, mais s’il évoque des considérations universelles, elles seront bien sûr à mettre en perspective avec des philosophes du monde entier.

  • Finalement, quel est le but de ce texte ?
    Sert-il à informer ? Convaincre ? Influencer ? Divertir ? C’est important de caractériser l’objectif apparent de l’auteur, il est souvent à relier à votre problématique.

Ne laissez rien de côté

Si vous butez sur des phrases, des expressions, des concepts à la première lecture, ne vous contentez pas de glisser dessus pour avancer. Pensez à les souligner, les noter, puis interrogez-vous dessus, forcez-vous à essayer de comprendre, sinon vous pourrez avoir l’impression d’avoir compris le texte alors qu’il vous manque des informations importantes, et ainsi aboutir à des contresens.

Et une fois que vous aurez exploité toutes les métadonnées et vos connaissances reliées au contexte de l’écriture du texte, identifiez les notions clés du texte et tentez, elles aussi, de les mettre en perspective dans leur époque. Car les mêmes mots veulent rarement dire la même chose à quelques siècles d’écart !

Par exemple, dans un texte glorifiant la « race aryenne », on attendra un rappel sur l’influence des théories racistes qui se sont développées depuis le XIXe siècle, prétendant classer l’espèce humaine en plusieurs « races », sur des bases non scientifiques. Ces théories constituent l’une des croyances fondamentales de l’idéologie nazie.

Vous pensez avoir bien compris comment décrypter un texte ? Testez-vous !

Décortiquez !

Une fois que vous avez identifié tous ces éléments extérieurs qui donnent du sens à votre lecture, il est temps de se confronter au texte lui-même ! Il faut le détailler sous toutes ses coutures, comprendre chaque mot, le travailler, essayer d’en sortir tout son jus.

Pour une épreuve de 4h, passez 1h en moyenne à analyser précisément le texte, toujours au brouillon. C’est cette analyse précise qui vous donnera toute la matière ensuite. Pour une épreuve plus courte, comme l’examen d’entrée à Sciences Po, consultez la fiche Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps.

Annotez le texte

Stylo en main, repérez les grandes articulations (mots de liaison, transitions...). En marge, notez les connecteurs logiques qui rythment l’argumentation ou qui font progresser la narration. Cela vous permettra de comprendre comment le texte est structuré.

Habituellement, on utilise des / pour signaler des ruptures, X pour marquer des points essentiels de l’argumentation, [… ] pour un même bloc d’idées, cercle autour des mots de transition, les moments introductifs… Vous devez donner du relief au document que vous lisez, en investissant le texte. Identifiez les grands ensembles, les enchaînements, les moments clés.

Un texte annoté
Un texte annoté

Problématisez

Tout ceci devrait vous aider à déterminer une problématique ! (Voir la fiche Comprendre la problématique dans un sujet de dissertation.) Un peu comme pour une dissertation, il faut définir une question qui permettra d’aiguiller votre argumentation. Pour le commentaire de texte, on peut aussi appeler ça un “projet de lecture”. C’est un questionnement ou une hypothèse, dont il faudra démontrer la véracité et examiner les subtilités tout au long du commentaire.
C’est INCONTOURNABLE ! Sinon vous allez vous noyer dans les détails et paraphraser, sans apporter de réelle analyse. La problématique va vous permettre de toujours rester sur le bon chemin. À chaque remarque que vous ferez sur le texte, il faudra toujours vous demander en quoi elle vérifie ou infirme la problématique. La problématique définit l’éclairage que vous donnez au texte, elle guide l’interprétation que vous en faites.

Une fois que vous avez cette question directrice, reprenez le texte et repérez précisément les quelques idées principales (entre 2 et 4). Ces éléments sont soit regroupés en paragraphes cohérents, soit disséminés dans le texte, dans ce cas, rassemblez-les en utilisant différents marqueurs de couleur par exemple.

Creusez

En fonction de la problématique et des idées directrices que vous aurez dégagées, interrogez attentivement TOUS les éléments du texte. Vous devez déplier le sens du texte. Il faut imaginer chaque mot, chaque phrase comme des petits papiers froissés, et votre travail est de les déplier pour comprendre le sens réel de chaque élément.
C’est particulièrement vrai pour les textes littéraires : c’est ce qu’on appelle la lecture analytique. Pour chaque mot, phrase, ponctuation, etc., il faut se poser la question : à quoi ça sert ? pourquoi ce terme et pas un autre ? Qu’est-ce qu’il sous-entend ?
Plus généralement, on peut toujours se poser la question “Qu’est-ce qu’on dit au fond quand on dit que…?” Cela permet de creuser et de trouver les enjeux sous-jacents.
En même temps, confrontez tous ces éléments à votre problématique, pour comprendre en quoi le texte répond à votre problématique. Cela permet de donner un angle à votre analyse, votre projet de lecture/problématique est un parti pris d’interprétation, et afin de le justifier, il faut attester des preuves que vous trouvez dans le texte.
Cette lecture très précise vous évitera de faire des contresens, et vous évitera aussi de plaquer des interprétations artificielles.  

Mais n’oubliez pas de prendre en compte les limites du texte, d’expliquer les non-dits, les sous-entendus. Mais fondez-vous sur le contexte de l’époque, il ne faut surtout pas “psychologiser” ! C’est-à-dire tenter d’entrer dans la tête de l’auteur pour expliquer qu’il a voulu dire ceci ou cela. Dans un commentaire de texte, il faut faire état de ce que l’on comprend du texte, pas imaginer l’intention de l’auteur.
C’est surtout vrai dans le cas d’un texte littéraire : c’est une oeuvre d’art séparée de son auteur, et revenir à des considérations biographiques mènera probablement à des erreurs et limite beaucoup la possibilité de voir les aspects symboliques du texte, qui sont bien plus intéressants.

MAIS n’oubliez pas non plus de confronter le texte aux éléments de contexte que vous avez identifiés lors de la première étape. Par exemple, le fait qu’un texte s’inscrive dans un mouvement esthétique vous donnera souvent de précieuses clés de compréhension.

Peut-on faire des comparaisons ?
La confrontation avec d’autres textes est indispensable, sous peine de rester coincé dans la logique du texte proposé et de tourner en rond avec les mêmes arguments. N’hésitez pas à les mentionner si vous en avez en tête, que ce soit pour souligner leurs similitudes ou mettre en valeur leurs différences. Le plus important : montrer en quoi ces comparaisons permettent de mieux comprendre le texte. Comparez par exemple avec d’autres textes du même auteur pour restituer le texte en question au sein d’une oeuvre, ou encore avec des oeuvres contemporaines afin de faire ressortir les particularités de l’auteur dans son époque.

Prenons la première phrase du texte de Bush et décortiquons-la, comme on doit le faire pour tout le texte.

Alors que nous sommes réunis ici ce soir, notre pays est en guerre

=> Officiellement, les États-Unis ne sont pas en guerre contre un pays. Le fait de l’affirmer ici est une forme de déclaration de guerre, mais une guerre d’un nouveau genre, pas contre un pays mais contre une idéologie terroriste.

notre économie est en récession

=> Rappel pour dramatiser le propos, mais aussi pour souligner la force des États-Unis même en période de crise

et le monde civilisé doit faire face à des dangers sans précédent.

=> Le terme “civilisé” commence à dessiner l’opposition pays occidentaux “civilisé” / ennemis “barbares”, qui permet aussi de justifier la guerre qui va être menée contre des “barbares” (le mal) qui menacent les États-Unis et la civilisation (le bien).

Vous pensez avoir bien compris comme décortiquer un texte ? Testez-vous !

Structurez !

Vous avez détaillé le contexte et vous avez travaillé précisément le texte : le travail de collecte est terminé. Maintenant, il faut produire ! Et produire de façon structurée, pour rendre compte de votre lecture de façon synthétique.

Pour une épreuve de 4h, faites votre plan détaillé en 20 minutes. Pour une épreuve plus courte, comme l’examen d’entrée à Sciences Po, consultez la fiche Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps.

Comment faire un plan ?

Chaque texte est unique, donc il n’existera jamais de plan type valable pour tous les textes.
À partir de la collecte que vous avez faite lors des deux premières étapes, il faut synthétiser les éléments en grands ensembles, de façon à répondre à la problématique. C’est ça le plus important : la problématique est votre guide, et vous trouvez plusieurs façons d’y répondre à travers les éléments du texte.

Il ne faut pas faire d’explication ligne à ligne ici, c’est uniquement l’étape précédente qui permet d’aller vers le plan. On ne doit pas trouver des parties qui regroupent uniquement “début du texte”, “milieu du texte”, “fin du texte” sans thématisation. Sinon cela veut dire que vous n’avez pas réussi à développer de compréhension globale du texte. Si le texte a une progression très linéaire, vous pouvez envisager de faire un plan qui suit les articulations du texte, mais il faut le justifier clairement, faire très attention à la paraphrase et privilégier des sous-parties thématiques, sinon vous risquez de retomber dans le commentaire ligne à ligne, sans prendre de recul.

Il ne faut pas non plus séparer complètement le fond et la forme, car les deux se conjuguent habituellement pour créer du sens. Vous risquez de passer à côté du texte dans ce cas.
On parle donc d’un commentaire composé/thématique : il faut reconstituer une interprétation du texte à travers votre plan.

Traditionnellement, en lettres et en philosophie, on trouve 2 à 4 parties, avec une préférence académique pour le plan en 3 parties. Et on doit aller crescendo dans la compréhension du texte. Il faut aller du plus près au plus éloigné, du plus évident au plus complexe, du stylistique au symbolique, du détail au général, pour emmener progressivement le lecteur vers une meilleure compréhension du texte.
Dans le cadre d’un plan en 3 parties, la progression est assez classique.
La première partie doit expliquer le plus évident, ce qui se comprend à la première lecture : la première couche du texte.
La deuxième apporte un tournant, un éclairage, un niveau de complexité supplémentaire.
La troisième partie, elle, dépasse les autres pour dégager les enjeux plus vastes, qu’ils soient symboliques, historiques, esthétiques…
Et tout ceci en répondant à la problématique ! Ne l’oubliez jamais. Une fois que vous avez noté les titres des parties au brouillon, demandez-vous bien si elles répondent à la question posée. Si non, c’est que vous faites de la paraphrase ou du hors sujet.

Ensuite, au brouillon toujours, définissez 2 à 4 sous-parties pour chaque partie, afin de constituer complètement votre canevas. Notez rapidement les exemples principaux tirés du texte que vous utiliserez pour chaque sous-partie afin de pouvoir suivre votre plan lors de la rédaction. Pour cela, vous pouvez soit les récapituler pour chaque sous-partie sur votre brouillon de plan, soit noter sur votre lecture analytique les 1.1, 1.2, etc. correspondants à côté de chaque idée.

En histoire, le commentaire de texte suppose une construction plus légère que le commentaire composé pratiqué en lettres et en philosophie. Il s’agit plutôt de plans simples, en 2 ou 3 parties, elles-mêmes composées d’une succession de 3-4 paragraphes bien articulés entre eux et correspondants autant que possible à la progression logique du texte proposé.

Le texte de Bush est assez simple, il se prête plutôt à un plan en 2 parties, qui répondrait à la problématique suivante : comment la politique étrangère américaine est-elle réaménagée après 2001 ?
Et le plan s’organiserait comme suit :
1. Quelle vision du monde ?
- Les États-Unis sont menacés depuis le 11 septembre 2001
- Il existerait un « axe maléfique » qui soutiendrait le terrorisme et menacerait la paix internationale
-Les ennemis sont divers (point commun : contestation du modèle américain)
2. Quelle politique va être mise en place ?
- Les États-Unis combattent activement le terrorisme et les États qui le soutiennent.
- Les États-Unis seraient les champions de la liberté et de la paix, et sont donc soutenus par le reste du monde “civilisé”.

Des démarches différentes selon la matière

Chaque discipline comporte des enjeux différents, ce qui oblige, dans le commentaire de texte, à ne pas se concentrer sur les mêmes éléments selon la matière et à construire son plan différemment.

En lettres, l’explication de textes est une épreuve littéraire. Elle ne consiste pas à étudier un texte selon une grille de lecture exclusivement historique, philosophique, sociologique ou psychanalytique. Il faut se concentrer sur les procédés d’écriture (discours direct ou indirect, l’utilisation des pronoms, l’utilisation de la citation…), les figures de style (métaphore, anaphore, litote…), sur l’aspect symbolique du texte, sur le mouvement littéraire dont le texte est issu (romantisme, réalisme, naturalisme..) et surtout bien distinguer le narrateur de l’auteur, sauf peut-être dans la littérature d’idée. Il ne faut pas replaquer des éléments biographiques de l’auteur pour expliquer des textes. Un poème triste de Rimbaud ne sera pas à expliquer en fonction d’une dispute avec Verlaine ! Ce serait appauvrir le texte, le limiter à des considérations triviales et ne pas le considérer en tant qu’oeuvre.

En histoire, il faut se concentrer principalement sur ce que dit le texte sur l’époque, bien remettre en contexte, pour montrer en quoi il est symptomatique d’un moment. C’est aussi l’occasion d’expliquer des doctrines qui infusent le texte ou auxquelles il s’oppose, montrer que le texte prend un parti, et contre quoi. Donc le texte historique est beaucoup moins autosuffisant que le texte littéraire : on ne pourra pas le comprendre et l’expliquer sans connaissances antérieures.

En philosophie, au contraire, il est souvent noté que « la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise » (même si cela aide forcément !). Cette indication est là pour inciter les lecteurs à disséquer le texte lui-même, et éviter de disserter en général sur le philosophe. Il faut consacrer la majeure partie de l’effort d’analyse à l’exposition des idées contenues dans le texte. Mettre en lumière les défauts de la théorie de l’auteur, la discuter et lui opposer d’autres arguments ne peut se faire qu’en toute fin de commentaire, car il faut déjà avoir compris toutes les subtilités des idées exposées avant de pouvoir entrer dans une contestation. Et ce n’est pas recommandé si vous n’avez pas d’arguments très solides à avancer ! Le commentaire de texte philosophique est une sorte de dissertation disproportionnée, où la thèse initiale est imposée et qu’il faut expliquer.

Vous pensez avoir bien compris comment structurer votre commentaire de texte ? Testez-vous !

Rédigez !

Vous avez contextualisé et analysé le texte, puis, au brouillon, vous avez structuré votre commentaire en 2 à 4 parties en fonction de votre problématique, comportant chacune 2 à 4 sous-parties.

Pour une épreuve de 4h, il vous reste normalement 2h30 pour rédiger, directement sur votre copie (sauf introduction et conclusion), à partir du plan détaillé. Vous pouvez faire 5 minutes de pause à ce moment-là, manger un morceau, histoire de reprendre votre souffle.
Pour une épreuve plus courte, comme l’examen d’entrée à Sciences Po, consultez la fiche Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps.

Les règles de rédaction

On dit souvent qu’un commentaire de texte dépend du texte, ce qui est vrai. Mais il y a tout de même des passages obligés et des méthodes !

D’abord, rédigez votre introduction au brouillon (15 minutes). C’est la porte d’entrée de votre copie, il faut la soigner ! Sa construction est toujours la même :

  • Attirez l'attention du lecteur grâce à un élément contextuel, l'accroche (appelée aussi amorce).

  • Présentez le texte (titre, auteur, date, thème)

  • Posez la problématique

  • Présentez les grandes parties du plan (sans mentionner partie 1, partie 2, etc., cela doit sembler fluide).

Pour le texte suivant, vous trouverez un exemple d’introduction ci-dessous.

“Les 14 points du président Wilson”

Ce que nous voulons, c'est que le monde devienne un lieu sûr où tous puissent vivre, un lieu possible spécialement pour toute nation éprise de la paix, comme la notre, pour toute nation qui désire vivre librement de sa vie propre, décider de ses propres institutions, et être sûre d'être traitée en toute justice et loyauté par les autres nations, au lieu d'être exposée à la violence et aux agressions égoïstes de jadis. Tous les peuples du monde sont en effet solidaires dans cet intérêt suprême, et en ce qui nous concerne, nous voyons très clairement qu'à moins que justice ne soit rendue aux autres, elle ne nous sera pas rendue à nous-mêmes.
C'est donc le programme de la paix du monde qui constitue notre programme. Et ce programme, le seul possible selon nous, est le suivant :
1° Des conventions de paix, préparées au grand jour ; après quoi il n'y aura plus d'ententes particulières et secrètes d'aucune sorte entre les nations, mais la diplomatie procédera toujours franchement et à la vue de tous.
2° Liberté absolue de la navigation sur mer, en dehors des eaux territoriales, aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre, sauf dans le cas où les mers seraient fermées en tout ou en partie par une action internationale tendant à faire appliquer des accords internationaux.
3° Suppression, autant que possible, de toutes les barrières économiques, et établissement de conditions commerciales égales pour toutes les nations consentant à la paix et s'associant pour son maintien.
4° Échange de garanties suffisantes que les armements de chaque pays seront réduits au minimum compatible avec la sécurité intérieure.
5° Un arrangement librement débattu, dans un esprit large et absolument impartial, de toutes les revendications coloniales, basé sur la stricte observation du principe que, dans le règlement de ces questions de souveraineté, les intérêts des populations en jeu pèseront d'un même poids que les revendications équitables du gouvernement dont le titre sera à définir.
(…)
8° Le territoire français tout entier devra être libéré (…)
9° Une rectification des frontières italiennes devra être opérée conformément aux données clairement perceptibles du principe des nationalités.
10° Aux peuples de l'Autriche-Hongrie dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d'un développement autonome.
(…)
13° Un État polonais indépendant devra être créé, qui comprendra les territoires habités par des populations indiscutablement polonaises, auxquelles on devra assurer un libre accès à la mer ; leur indépendance politique et économique aussi bien que leur intégrité territoriale devront être garanties par un accord international.
14° Il faut qu'une société des nations soit constituée en vertu de conventions formelles ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale aux petits comme aux grands États.

Woodrow Wilson, Message au Congrès des Etats-Unis, 8 janvier 1918

Introduction du commentaire
A la veille de la première guerre mondiale, les Etats-Unis constituent une grande puissance économique, mais restent à l’écart sur le plan politique, se basant sur la doctrine Monroe. Leur attitude change pendant la 1e guerre mondiale : en 1917, les Etats-Unis rentrent en guerre aux côtés du Royaume-Uni, de la France et de l’Italie, et leur apportent une aide décisive. Le texte présenté ici est un message datant du 8 janvier 1918, soit 11 mois avant fin de la guerre. Woodrow Wilson est alors président des Etats-Unis, et a largement incité le Congrès à intervenir dans la guerre. Il tente ici de convaincre cette assemblée législative de la nécessité pour les Etats-Unis de sortir de leur isolationnisme, et d’occuper une nouvelle place dans les relations internationales. Quels devraient être la place et le rôle des Etats-Unis dans le monde d’après W. Wilson ? Il est nécessaire de mettre fin aux tensions responsables de la première guerre mondiale. Pour cela, il faut mettre en œuvre une nouvelle diplomatie, basée sur de nouveaux principes. Cela permettrait aux Etats-Unis de jouer un rôle politique à la mesure de leur puissance économique.

Puis rédigez aussi au brouillon votre conclusion en 10 minutes (ce sera bien pratique quand vous paniquerez à la fin de l’épreuve), qui se construit en deux temps :

  • Bilan du commentaire en répondant de façon synthétique à la problématique

  • Ouverture

Pour un texte historique : quel fut le choix des acteurs concernés ? Leur vision a-t-elle triomphé ? Attention : ne pas réécrire le passé à l’aune du texte (vision téléologique). Comment le texte se relie-t-il avec des événements contemporains (sans sombrer dans le fait divers) ?
Pour un texte littéraire : occupe-t-il une place particulière dans l’œuvre de l’auteur ? dans l’histoire littéraire ?
Pour un texte philosophie : élargissement vers une nouvelle question.

Conclusion de commentaire pour le texte ci-dessus
Pour W. Wilson, il est donc nécessaire de mettre fin à l’ancienne diplomatie qui générait des guerres nombreuses et meurtrières. La nouvelle diplomatie qu’il envisage doit se baser sur de nouveaux principes inspirés du modèle politique défendu par les Etats-Unis, la démocratie. Dans ce nouvel ordre mondial, les Etats-Unis sont appelés à jouer un rôle de premier plan. Ce texte a une forte influence à court terme sur les relations internationales : il inspire les traités de paix de 1919 comme le traité de Versailles, et amène à la création d’une Société des Nations. Mais comme le Sénat refuse de l’entériner, les Etats-Unis retrouvent leur position isolationniste après guerre. Ils n’ont donc pas le rôle de premier plan que souhaitait leur faire jouer Wilson dans le nouvel ordre mondial. Ce texte influence néanmoins très largement Roosevelt en 1942 dans sa définition d’une nouvelle politique étrangère pour les Etats-Unis, alors que le pays se lance dans la deuxième guerre mondiale.

Pensez bien à vos transitions. Il faut penser le plan détaillé comme un squelette, et maintenant vous allez devoir ajouter de la chair autour des os, pour que l’on sente la structure sans qu’elle soit dite explicitement.

Faites attention à votre niveau de langue : il ne faut pas utiliser de formule alambiquée, le but est de clarifier le texte. Utilisez les mots de façon adéquate : si vous avez un doute sur le sens d’un mot, ne l’utilisez pas. Enfin, ne soyez jamais familier ! C’est un exercice académique, il faut s’y plier. Cela vous permettra ensuite de savoir adopter différents niveaux de langue en fonction de votre interlocuteur.

Il faut dé-mon-trer

Le commentaire de texte est différent de la dissertation car il doit clarifier un texte (étonnant, non ?). Mais vous devez utilisez la même technique qu’en dissertation : c’est-à-dire énoncer des arguments et les étayer par des exemples. Ils devront notamment être issus du texte à étudier, mais ils pourront provenir aussi d’autres textes pour enrichir votre réflexion.

Donc le commentaire de texte est en réalité une démonstration : on énonce une idée, en lien avec la problématique, et on l’appuie avec le texte, que l’on remet en perspective. Donc votre outil majeur dans le commentaire de texte est la CITATION. Si vous énoncez une idée mais que vous ne trouvez comment l’appuyer par des extraits du texte, c’est que l’idée est mauvaise, que vous êtes hors sujet. Gardez bien cela en tête : il faut citer, citer, citer. Et commenter la citation, développer sans paraphraser, en analysant.

Vous avez plusieurs solutions pour citer le texte :

  • faire de courtes citations placées entre guillemets

  • faire de brèves reformulations

  • dans le cas d’une longue citation, renvoyer aux lignes concernées

Vous trouverez des exemples de rédaction démonstrative dans les corrigés à télécharger ci-dessous.

Guide d’épreuve
Vous avez peur d’oublier les étapes lorsque vous rédigerez ? Téléchargez cette grille, qui résume les étapes à suivre.

Décryptez

Décortiquez

Structurez

Rédigez

Repérez les métadonnées : nom de l’auteur, nature, date, lieu.

Annotez le texte, notez tout ce qui vous vient en tête.

Créez votre plan au brouillon.

Rédigez introduction et conclusion au brouillon.

Définissez le contexte : qui est l’auteur ? qu’implique la nature du texte ? Le document est-il coupé ? Quelles sont les particularités de l’époque ? Que peut-on dire sur le lieu ? Quel est le but de ce texte ?

Problématisez / définissez votre projet de lecture.

Détaillez-le au brouillon si vous êtes dans une épreuve d’au moins 4h, sinon passez à la rédaction.

Démontrez votre raisonnement dans la rédaction et donnez des exemples, du texte ou parfois d’ailleurs.

Confrontez-vous aux difficultés du texte, forcez-vous.

Creusez, analysez tout le texte, phrase à phrase.

Exercice libre
Testez-vous sur l’un des deux textes suivants, en suivant la méthode décrite ci-dessus.

XXXV. LES FENÊTRES

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce
que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et
ce que je suis ?

Extrait de Petits poèmes en prose (Le Spleen de Paris) [posth. 1869], Charles Baudelaire
***

« En ces trente années, notre patrie (…) peut avec un légitime orgueil regarder derrière elle et, comme le voyageur qui a atteint les plus hauts sommets, s'écrier : « J'ai bien monté ! » (…) C’est le 1er mai que s’ouvrit l’Exposition de 1878. (…) De la capitale aux départements, une radieuse allégresse éclatait à ciel ouvert. On n'avait qu'à aller par les rues pour se sentir envahi de cette saine et réconfortante émotion éparse dans l'air. (…) Je ne pouvais, évoquant de tels souvenirs, faire autrement que d'insister sur cette fête du 30 juin 1878. Elle a été, on l'a dit, la fête de la résurrection ! Et, au lendemain de cette journée où nous nous étions unis dans la joie fraternelle, quand les mille murmures des usines et des chantiers se répandirent de nouveau dans l’air, se confondant, ne faisant plus que ce bruit unique, imposant et large, qui est comme la puissante respiration de tout un peuple à l'ouvrage, il nous fut permis, sans rien oublier du passé, d'envisager l’avenir avec sérénité. Les drapeaux étaient détachés, la nation avait ôté sa parure tricolore pour reprendre ses vêtements de travail, mais il restait, survivant aux réjouissances, des pensées et des sentiments qui ne devaient plus périr ; on gardait au cœur, vibrante, toute l’ardeur de cet élan unanime de patriotisme (….).

L’Exposition de 1889 fut la fête de la République. Ne devions-nous pas, à l'occasion du Centenaire de 1789, la glorifier hautement, cette République qui, aux jours de péril, avait ressaisi l'épée brisée de la France et avait su la rendre encore plus redoutable à l'adversaire, cette République qui avait ensuite cicatrisé les blessures de la patrie? C’est dans les institutions démocratiques que notre pays, si éprouvé par la criminelle politique du pouvoir absolu, avait puisé la conscience de sa grandeur en même temps que celle de son droit. Nos richesses industrielles et commerciales étaient retrouvées, nos finances rétablies, nos forces militaires reconstituées, gardiennes vigilantes notre dignité. (…) Combien d’événements entre ces deux dates : 1789 et 1889 ! Combien de choses pendant ces cent années ! Mais ce dont notre pays avait le droit de se montrer fier, c’était de se retrouver au bout de ce temps écoulé maître de ses destinées. La France de 1789 (…) avait proclamé son affranchissement ; en 1889, elle célébrait en pleine possession de son indépendance le centenaire d’un acte qui demeure comme l’un des plus beaux dont l’Humanité s’honore.
Nous voici arrivés à la troisième étape. De la fête du 30 juin 1878, on avait dit : « Nous venons d'assister à la fête de la santé, à la fête du relèvement ! » La France veut, par celle qui s'ouvre aujourd'hui, justifier la magnifique prophétie de Michelet : « Au XXe siècle, Paris déclarera la paix au monde ! » Plus qu'aucune autre nation, la France a connu les triomphes des champs de bataille ; tous les enivrements de la victoire, elle les a éprouvés ; son histoire contient un incomparable trésor de gloire ; à l'aurore du siècle, ses soldats promenaient son drapeau de capitale en capitale. Maintenant, alors que ce siècle s'achève, elle proclame la trêve du travail, du progrès, de la civilisation. Et c'est une noble entreprise, certes, que d'entraîner les aspirations des peuples vers ce lumineux avenir (…). L'Exposition de 1900 couronne le XIXe siècle par l'apothéose de la Paix ; puisse le soleil du siècle nouveau se lever sur le monde dans un ciel sans brumes ! »
Sources : La France au XXe siècle, Paris, Seuil, 1994, pp.143-146.

Jean Frollo (pseudonyme de la rédaction du quotidien fondé en 1876), « Les trois étapes », Le Petit Parisien, 15 avril 1900. Article publié à l’occasion de l’inauguration de l’Exposition universelle par le président de la République Emile Loubet, le 14 avril 1900.

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Conclusion

Un commentaire de texte est donc un exercice durant lequel vous devrez comprendre un texte puis restituer cette compréhension sous la forme d’un texte structuré et rédigé.

Les deux difficultés du commentaire sont la paraphrase, si vous n’analysez pas assez, et le hors sujet, si vous vous éloignez trop du texte. Il faut donc trouver le bon rapport au texte, ce qui est le plus difficile.

Vous ne devez avoir qu’une seule idée en tête : prouver que votre projet de lecture, qui guide votre interprétation, est pertinent. Et n’oubliez pas : une fois que vous avez compris le texte et ses enjeux, il faut le démontrer à votre correcteur !

Exemple de certificat de réussite
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