
Après avoir configuré ses premières adresses IPv6, Mélanie s’intéresse à une fonctionnalité qui revient souvent dans les documents qu’elle consulte : SLAAC (Stateless Address Autoconfiguration).
Elle se le représente comme un mini-DHCP intégré au réseau, plus léger, plus fluide. Une sorte de mécanisme d’auto-configuration intelligent, conçu spécialement pour IPv6.
En creusant, elle comprend que les routeurs jouent un rôle central dans ce processus. Ce sont eux qui, sans intervention humaine, diffusent automatiquement des informations essentielles aux machines du réseau : le préfixe d’adressage, et l’adresse de la passerelle par défaut.
“En gros,” pense-t-elle, “c’est le routeur qui donne les clés pour que chaque appareil puisse générer sa propre adresse IPv6, sans passer par un serveur DHCP classique.”
Intriguée, elle découvre que tout ceci repose en réalité sur le protocole NDP (Neighbor Discovery Protocol), déjà croisé un peu plus tôt dans le cours.
Elle visualise alors le mécanisme complet, orchestré en deux temps :
RS – Router Solicitation : l’hôte (ordinateur, imprimante, smartphone…) envoie une demande, un peu comme s’il criait : “Hé, routeur ! Donne-moi les infos pour que je puisse me configurer tout seul !”
RA – Router Advertisement : le routeur répond en diffusant les informations nécessaires : le préfixe réseau, l’adresse de passerelle… et l’appareil peut alors générer automatiquement sa propre adresse IPv6.
Mélanie est impressionnée : plus besoin de serveurs DHCP complexes, ni de configurations manuelles pour chaque machine.
“C’est presque une chorégraphie de réseau parfaitement synchronisée. Simple, autonome… et élégante.”
Elle poursuit alors sa découverte, impatiente de tester ce mécanisme en conditions réelles.
Dans l’exemple ci-dessous, Etienne_R1 est configuré en EUI-64, et Etienne_R2 est configuré en Autoconfig, le routage IPv6 est également activé sur Etienne_R1 pour qu’il puisse répondre aux messages ROUTER SOLICITATION.
L’activation du DEBUG va nous permettre de voir les messages échangés :
Une fois la commande “ipv6 addr autoconfig” entrée sur l’interface de Etienne_R2, un message RS est reçu sur Etienne_R1 :
Etienne_R1 répond à Etienne_R2 en lui donnant le préfixe, Etienne_R2 peut auto configurer son adresse, et utiliser l’adresse de lien local de Etienne_R1 en tant que passerelle par défaut !
Mélanie, toujours aussi curieuse, plonge dans l’univers de DHCPv6, fascinée par la manière dont il gère les adresses IPv6. En explorant, elle découvre que DHCPv6 peut fonctionner de deux façons bien distinctes : Stateful et Stateless. Intriguée, elle décide d’approfondir.
Mélanie imagine le mode Stateful comme un gestionnaire strict, similaire à ce qu’elle connaît avec DHCP pour IPv4. Dans ce scénario, le serveur DHCPv6 attribue une adresse IPv6 spécifique à chaque client, comme un bibliothécaire qui assigne un livre précis à chaque lecteur. Il garde une trace de chaque attribution dans une sorte de registre appelé binding, où il note quelle adresse est donnée à quel client. Mélanie trouve ça rassurant : tout est organisé, et le serveur sait exactement qui utilise quelle adresse.
En passant au mode Stateless, Mélanie visualise un serveur DHCPv6 plus détendu, qui n’attribue pas d’adresses. À la place, il laisse les clients s’auto-configurer grâce à SLAAC (qu’elle a déjà exploré). Le serveur se contente de distribuer des informations utiles, comme le nom de domaine ou l’adresse du serveur DNS, un peu comme un guide touristique qui donne des recommandations sans imposer un itinéraire. Mélanie trouve ce mode astucieux : les clients sont autonomes pour leur adresse, mais le serveur leur fournit juste ce qu’il faut pour naviguer efficacement.
En comparant les deux, Mélanie réalise que Stateful est idéal pour un contrôle strict, tandis que Stateless mise sur la simplicité et l’autonomie. Elle est impressionnée par la flexibilité de DHCPv6, qui s’adapte aux besoins du réseau comme un caméléon !
Pour aller plus loin, elle explore maintenant le fonctionnement du DHCPv6 stateful.
Voici la topologie utilisée :
On commence en premier par activer le routage IPv6 sur le serveur DHCPv6 :
On configure ensuite le pool DHCPv6 :
Une fois le POOL créé, il faut l’appliquer sur l’interface correspondante :
La commande IPv6 nd managed-config-flag permet d’indiquer qu’il s’agit d’un DHCPv6 Stateful qui va indiquer aux clients toutes les informations.
Sur le client, il suffit d’entrer les commandes suivantes :
Le client à bien obtenu son adresse via le DHCP :
Sur le serveur DHCPv6, on peut voir que l’adresse que le client a obtenu provient bien du serveur :
Passons maintenant au DHCPv6 STATELESS. Voici la topologie utilisée :
On active le routage IPv6 :
Il faut ensuite créer le pool (cette fois on ne précise que l’adresse du serveur DNS et le nom de domaine) :
Il faut ensuite activer le pool sur l’interface :
Sur le routeur Etienne_R2, il faut activer la configuration IPv6 AUTOCONFIG :
Cette fois le client a obtenu son IPv6 non pas grâce au serveur DHCP, mais grâce au SLAAC :

Dans cet exercice, vous allez mettre en place SLAAC couplé à DHCPv6 STATELESS et mettre en place DHCPv6 STATEFUL. Utilisez cette maquette packet tracer.
Quand vous avez terminé, utilisez ce corrigé pour vérifier votre travail.
Et maintenant, on passe à Devinez la suite. À vous de compléter… c’est parti !
SLAAC permet aux équipements terminaux d’obtenir le préfixe ainsi que la passerelle sans avoir besoin d’un serveur DHCP
DHCPv6 STATEFUL a un fonctionnement similaire à DHCPv4, il annonce tous les paramètres de configuration IPv6
DHCPv6 STATELESS n’annonce que l’adresse du serveur DNS et le nom de domaine, il laisse SLAAC annoncer le préfixe aux clients.
Vous avez désormais toutes les clés pour comprendre l’adressage IPv6, ses types et sa configuration. C’est le moment de tester vos connaissances !