Dans les deux chapitres qui suivent, nous allons nous intéresser aux savoirs et à la compétence.

Quand vous construirez votre séquence pédagogique, une des premiÚres choses que vous devrez faire est de lister les savoirs et compétences en lien avec l'activité-métier que vous souhaitez enseigner.
Bien sĂ»r, ce travail sera guidĂ© par le public Ă qui vous vous adressez. Ce sont peut-ĂȘtre des cadres chevronnĂ©s, des techniciens dĂ©butants ou encore des Ă©tudiants de premiĂšre annĂ©e d'universitĂ©...
Lorsque lâon dit « oui, je le sais » câest que lâon sâen souvient.Â
Le savoir, câest ce qui est mĂ©morisĂ© et peut ĂȘtre remĂ©morĂ©. Si je prĂ©tends le « savoir » et que je ne peux pas me le remĂ©morer en public (le dire Ă haute voix pour moi-mĂȘme par exemple, ou rĂ©pondre Ă quelquâun)⊠câest que je ne le sais pas !
1ïžâŁ Dans tous les cursus, des enseignants sâefforcent de transmettre une culture gĂ©nĂ©rale de la discipline ou du mĂ©tier (= du savoir), sans se prĂ©occuper de vĂ©rifier attentivement la mĂ©morisation de ce savoir. Ces savoirs ne sont donc pas mĂ©morisĂ©s, et un nombre considĂ©rable dâheures de cours sont gĂąchĂ©es pour rien.
2ïžâŁ Pour distinguer les savoirs essentiels et facultatifs, posez-vous la question : « Est-ce que le savoir que je souhaite enseigner mĂ©rite rĂ©vision, Ă©valuations rĂ©pĂ©tĂ©es et rĂ©activations rĂ©guliĂšres ? » Si oui, il est essentiel. Sinon, il nâest pas essentiel, et on peut se demander sâil vaut la peine dâĂȘtre enseignĂ©.
3ïžâŁ La rĂ©pĂ©tition est une des clĂ©s de la mĂ©morisation. Les Ă©valuations doivent donc ĂȘtre rĂ©guliĂšres, et le savoir rĂ©activĂ© souvent jusquâĂ un ancrage dĂ©finitif, puis rĂ©guliĂšrement rĂ©visĂ©.
4ïžâŁ Par « savoir », notre culture moderne entend « savoir scientifique formel » plutĂŽt que « trucs et astuces pratiques et professionnels ». Sans doute parce que les mĂ©tiers manuels sont, dans les sociĂ©tĂ©s occidentales, dĂ©valorisĂ©s par rapport aux mĂ©tiers intellectuels. Or, dans tous les mĂ©tiers il existe une somme considĂ©rable de savoirs techniques, pratiques et concrets. Nous y reviendrons !
Dans certains cas, un savoir doit ĂȘtre mĂ©morisĂ© « par cĆur », pour y accĂ©der rapidement. Ou bien on peut mĂ©moriser la source de l'information, pour y revenir ultĂ©rieurement. Parfois, un savoir doit simplement ĂȘtre compris.
Ătablissons une distinction entre « mĂ©morisation » et « comprĂ©hension » :
Le « par cĆur » (rĂ©citations, tables de multiplication, procĂ©dures vitales, etc.).
UtilitĂ© : rapiditĂ©, immĂ©diatetĂ©, sĂ©curitĂ©. Contenus de mĂ©moire prĂȘts Ă lâemploi Ă tout moment.
Méthodes pédagogiques : utiliser trÚs souvent le savoir lors d'une mise en activité. Répéter inlassablement. Utiliser des moyens mnémotechniques.
La mĂ©morisation des sources dâinformation Ă partir dâun index (mots clĂ©s, localisation de modes dâemploi, sources Internet...).
UtilitĂ© : capacitĂ© Ă retrouver une source complĂšte dâinformation, et diminution de la charge mentale.
Méthodes pédagogiques : activité proche de la réalité, qui laisse une émotion forte du savoir, sans forcément le retenir.
La compréhension : une théorie, un concept, une méthode ou une procédure...
Utilité : réfléchir et élaborer des solutions face à des situations complexes. Inventer, améliorer.
MĂ©thodes pĂ©dagogiques : étude approfondie, connexion avec dâautres rĂ©pertoires, identification de la structure des situations ou des objets, similitudes et diffĂ©rences avec dâautres savoirs organisĂ©s.
Vous avez compris ce que sont les savoirs. Voyons comment les sélectionner !