Organisez votre activité en équipe

Vous venez de terminer le bionettoyage de votre cellule sanitaire et le réapprovisionnement de votre matériel. Votre ambulance est de nouveau parfaitement opérationnelle.

Avec l’expérience que vous accumulez au fil des missions, comme celle, intense, que vous venez de vivre avec Madame Morel sous la pluie ou celle impliquant Monsieur Karim, vous réalisez que vous ne travaillez jamais seul.

Vous participez désormais à des interventions étroitement coordonnées avec des infirmiers, des médecins urgentistes et les régulateurs du SAMU. La qualité de cette collaboration influence directement la fluidité de la prise en charge et, in fine, la sécurité du patient.

Dans ce chapitre, vous progressez dans votre projet professionnel en apprenant à structurer votre organisation, à communiquer efficacement avec vos pairs et à consolider votre coopération au sein d'une équipe pluriprofessionnelle.

Recherchez les informations utiles

Avant même de démarrer le moteur de votre véhicule sanitaire pour vous rendre sur les lieux d'une urgence, vous devez savoir à quoi vous attendre. Partir à l'aveugle, c'est s'exposer à des retards, à l'oubli d'un matériel spécifique ou à une mauvaise évaluation initiale de la situation. L'anticipation repose entièrement sur la qualité des informations que vous parvenez à réunir en amont.

Quelles sont ces informations et comment les exploiter ?

Il s'agit de croiser les données transmises par la régulation avec les éléments administratifs et médicaux disponibles.

  • Dans un premier temps, vous identifiez les données nécessaires à l’intervention. Lors de l'appel du centre de régulation (SAMU/Centre 15) pour Monsieur Karim, par exemple, vous devez immédiatement noter et confirmer des éléments précis : l'adresse exacte, les codes d'accès éventuels de l'immeuble, l'âge du patient et le motif principal de l'appel (ici, une douleur thoracique). Ces données vous permettent de configurer mentalement votre intervention : vous savez que vous devrez monter rapidement avec le matériel d'oxygénothérapie et le défibrillateur.

  • Dans un second temps, vous consultez les documents professionnels. Si vous effectuez un transport programmé, prenez le temps de lire la prescription médicale de transport (PMT) ou le dossier de liaison. Ces documents regorgent d'informations vitales :

    • le patient nécessite-t-il un brancard ou un fauteuil ?

    • Y a-t-il un besoin d'oxygène continu pendant le trajet ?

    • L'équipe soignante de départ a-t-elle signalé un risque d'infection ou des troubles cognitifs ?

Une intervention efficace commence par une collecte et une analyse rigoureuse des informations disponibles.
La démarche d’anticipation permettant de préparer efficacement une intervention grâce aux informations disponibles.

En systématisant cette recherche d'informations, vous évitez l'improvisation. Vous arrivez sur les lieux avec une posture professionnelle rassurante, prêt à agir efficacement dès les premières secondes. Une fois ces informations recueillies et l'intervention réalisée, il faudra les transmettre. C'est l'objet de la section suivante.

Transmettez les informations essentielles

La transmission est l'acte central de la continuité des soins. Vous avez observé, questionné et agi. Vous avez conduit votre patient à bon port. Cependant, tout votre travail clinique perd sa valeur si vous ne parvenez pas à transférer ces connaissances à l'équipe médicale qui prend le relais aux urgences. Une mauvaise transmission entraîne une perte de temps pour le médecin, la répétition d'examens douloureux pour le patient, et un risque majeur d'erreur médicale.

Tout d'abord, vous utilisez un vocabulaire précis et standardisé. Dans le milieu médical, on utilise souvent la méthode de communication structurée SAED (Situation, Antécédents, Évaluation, Demande).

La méthode SAED structure la transmission des informations pour garantir la continuité des soins.
La méthode SAED utilisée pour transmettre les informations médicales de manière claire et structurée.
  • S (Situation) : "Je vous amène Madame Morel, 82 ans, pour une détresse respiratoire apparue pendant le transport."

  • A (Antécédents) : "Elle sort d'une hospitalisation pour une opération de la hanche."

  • E (Évaluation) : "Elle est pâle, très angoissée, a présenté des nausées. Sa saturation était à 88% à l'apparition des symptômes. Nous l'avons mise en position demi-assise."

  • D (Demande/Décision) : "Nous vous la confions pour une prise en charge médicale urgente et une évaluation de ses douleurs thoraciques."

Ensuite, vous respectez rigoureusement la confidentialité. Vous êtes soumis au secret professionnel ou médical. Transmettre des informations ne signifie pas les crier à travers les couloirs bondés des urgences. Attendez d'être dans un box ou dans une zone dédiée aux relèves infirmières pour évoquer l'état de santé, le nom ou les antécédents de votre patient.

Par cette rigueur verbale et éthique, vous contribuez activement à la continuité des soins. Le médecin ou l'infirmière d'accueil dispose immédiatement d'une "photographie" de l'état du patient avant son arrivée à l'hôpital, lui permettant d'orienter très rapidement sa prise en charge thérapeutique.

Coopérez avec l’équipe pluriprofessionnelle

Votre capacité à coopérer définit votre professionnalisme. Le temps de l'ambulancier solitaire est révolu. Aujourd'hui, que ce soit au domicile avec un médecin traitant, sur la route avec une équipe du SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation) venue en renfort, ou à l'hôpital avec les infirmiers d'accueil, vous êtes un maillon d'une chaîne complexe : l'équipe pluriprofessionnelle.

Comment trouver sa place et interagir harmonieusement avec des professionnels aux profils si variés ?

  1. Premièrement, vous clarifiez votre rôle. Face à une infirmière ou un médecin, vous devez avoir pleinement conscience de votre champ de compétences. Vous êtes l'expert de la manutention, du transport sécurisé et des premiers gestes d'urgence. N'essayez pas d'empiéter sur le rôle de l'infirmier (comme préparer une perfusion), mais soyez proactif dans votre domaine.

  2. Deuxièmement, vous participez activement aux échanges. Si l'équipe médicale du SMUR vous rejoint au chevet de Monsieur Karim pour sa douleur thoracique, restez à disposition. Répondez de manière concise à leurs questions sur les constantes que vous avez relevées à votre arrivée. Informez-les des médicaments que le patient vous a dit avoir pris.

  3. Troisièmement, vous adoptez une posture collaborative lors des manipulations physiques. Le passage du brancard de l'ambulance au lit de l'hôpital est un moment délicat. C'est à vous de coordonner l'action : vous invitez l'équipe soignante à vous aider et annoncez clairement les étapes du mouvement.

    Par exemple : « Attention, prêts pour lever… lever », puis « Prêts pour poser… poser ». Ces annonces permettent de synchroniser les gestes de chacun et d'assurer un transfert sécurisé, tout en évitant toute douleur supplémentaire pour la hanche de Madame Morel.

La coopération repose sur la clarté des rôles, la communication et la coordination des actions.
Les principes permettant de travailler efficacement avec les différents professionnels de santé.

En cultivant cette entente, vous gagnez la confiance des équipes soignantes. Cette coopération fluide réduit le stress ambiant et garantit au patient qu'il est pris en charge par un collectif soudé et compétent.

Améliorez votre pratique professionnelle

Le travail d'équipe ne s'arrête pas après avoir déposé le patient.

L'erreur humaine fait partie intégrante de tout métier d'action. Ce qui distingue un bon professionnel d'un excellent professionnel, c'est sa capacité à se remettre en question et à tirer des leçons de chaque intervention pour ne plus reproduire les mêmes erreurs le lendemain.

Comment mettre en place cette démarche d'amélioration continue ?

Dans un premier temps, vous analysez vos interventions à froid. Une fois l'ambulance nettoyée, installez-vous quelques minutes dans l'habitacle avec votre binôme. Pratiquez ce que l'on appelle un "débriefing" ou un Retour d'Expérience (REX). Échangez ouvertement : "Comment trouves-tu qu'on a géré la dégradation de l'état de Madame Morel ?", "Aurais-je dû te prévenir plus tôt pour le sac vomitoire ?".

Comment faire une remarque à son collègue sans créer de conflit ?

Restez toujours factuel et bienveillant. Ne critiquez pas la personne, analysez l'action. Utilisez le "je" plutôt que le "tu" accusateur ("Je pense qu'on aurait pu gagner du temps si j'avais préparé l'oxygène plus tôt").

Ensuite, vous identifiez des axes de progression. Si vous vous rendez compte que la transmission à l'infirmière a été confuse, fixez-vous l'objectif d'utiliser systématiquement la méthode SAED lors de vos prochaines missions. Vous participez ainsi à une véritable démarche qualité au sein de votre entreprise.

À vous de jouer !

Contexte

Après plusieurs semaines d'intégration dans votre entreprise, vous avez gagné en assurance. Vous arrivez aux urgences avec Madame Morel (82 ans). Rappelez-vous : son état s'était dégradé pendant le transport (pluie intense, détresse respiratoire, nausées, douleur thoracique). Vous avez appliqué les gestes de secours adaptés, conduit de manière extrêmement souple, et vous venez de terminer le nettoyage de la cellule sanitaire.

L’intervention implique maintenant une transmission au médecin urgentiste et à l'infirmière d'accueil. À l’issue du transport, un temps d’échange à froid est organisé dans l'ambulance avec votre binôme afin d’analyser la coordination de votre équipage et la qualité de la transmission des informations.

Consigne

Identifiez et rédigez une réponse structurée en distinguant la transmission des informations de l'amélioration de la pratique.

  1. Les informations précises que vous devez transmettre à l’équipe médicale à l’arrivée (en pensant à la structure d'une bonne transmission).

  2. Les éléments organisationnels que vous pouvez analyser avec votre binôme pour améliorer votre pratique professionnelle sur les prochaines missions.

En résumé

  • Rechercher activement les informations utiles auprès de la régulation et des documents médicaux permet de configurer mentalement l'intervention avant même d'arriver sur les lieux.

  • Transmettre les informations essentielles aux urgences exige un vocabulaire précis (méthode SAED) et un respect absolu de la confidentialité pour assurer la continuité des soins.

  • Coopérer avec l'équipe pluriprofessionnelle implique de connaître parfaitement son rôle, d'échanger les données cliniques et de se coordonner physiquement lors des transferts.

  • L'ambulancier demeure responsable de la sécurité de son patient jusqu'à la relève physique par un soignant de l'hôpital couplée à la transmission complète des informations.

  • Analyser ses interventions en binôme lors d'un débriefing permet d'identifier ses erreurs, de définir des axes de progression et de participer à l'amélioration continue de la pratique professionnelle.

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