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Découvrez ce que cela change pour vousTable des matières
- Partie 1
Appliquez les bonnes pratiques du gestionnaire de paie
- Partie 2
Maîtrisez le processus de paie
- Partie 3
Suivez les différentes étapes de contrôle de paie
Localisez les informations utiles à la paie
Maintenant que vous avez organisé le déroulement du cycle mensuel de paie, priorisé les différentes tâches qui vous attendent et posé les bonnes questions sur les différents éléments de paie, il ne vous reste plus qu'à trouver les réponses à ces questions. Pour cela, nous allons nous intéresser aux différentes sources qui peuvent vous aider pendant un cycle de paie.
#Vérifiez les spécificités du salarié ou de l’entreprise
Nous l'avons déjà évoqué, il peut y avoir énormément d'événements, de situations spécifiques, contractuelles ou personnelles, ayant un impact direct sur la paie des salariés.
Ces situations peuvent avoir un impact plus ou moins immédiat et important sur la paie, un impact qui sera parfois sur le court, le moyen ou le long terme.
Il est essentiel de pouvoir vérifier, pour chaque salarié, les cotisations sociales applicables en fonction de sa situation spécifique (statut, convention collective, effectif de l’entreprise, etc.). Ces cotisations peuvent évoluer chaque année. Vous devez donc être capable de retrouver et de comprendre les barèmes en vigueur.
Exemple concret :
Voici un extrait des taux de cotisations sociales en vigueur pour 2025, utilisé comme référence illustrative :
Organisme collecteur | Statuts salariés concernés | Cotisation | Base de calcul | Taux salarié | Taux employeur | Taux total |
URSSAF | Tous | Assurance chômage | Salaire brut (limite 4 PSS) | – | 4,050% | 4,050% |
URSSAF | CDD < 3 mois | Majoration ass. chômage | Salaire brut (limite 4 PSS) | – | 0,500% | 0,500% |
Agirc-Arrco | Cadre | Retraite complémentaire T1 | T1 | 3,150% | 4,720% | 7,870% |
Agirc-Arrco | Cadre | APEC | Salaire brut (limite 4 PSS) | – | 0,024% | 0,024% |
Prévoyance | Cadre | Prévoyance complémentaire | Selon contrat | – | 1,500% | 1,500% |
Selon les situations auxquelles vous êtes confronté, vous allez donc devoir vérifier certains éléments par rapport au salarié concerné, à sa situation professionnelle ou personnelle, ou encore par rapport à l'entreprise pour laquelle il travaille.
Exemple :
Si votre salarié est en arrêt maladie, vous allez devoir vérifier les informations suivantes :
la convention collective dont il dépend ;
son ancienneté au sein de l'entreprise ;
son statut, c'est-à-dire s'il est cadre ou employé ;
le nombre de jours calendaires de maladie qui vous a été communiqué ;
s'il a eu des absences maladie plus tôt dans l'année civile et si oui, combien de jours elles ont duré.
Tous ces éléments réunis vont vous permettre de calculer correctement l'arrêt maladie sur le bulletin de paie.
De façon plus régulière, il vous faudra toujours contrôler le salaire brut ainsi que la catégorie de cotisant du salarié, de manière à vérifier si les taux de cotisation appliqués sont corrects.
Cela implique aussi de savoir à quel organisme collecteur chaque cotisation est rattachée, car c’est en fonction de cet organisme que les modalités, les bases de calcul et les obligations déclaratives peuvent varier. Voici un rappel utile des principaux organismes :
Organisme collecteur | Rôle principal | Exemples de cotisations gérées |
URSSAF | Recouvre les cotisations de sécurité sociale (régime général) | Assurance maladie, allocations familiales, CSG/CRDS, AGS, forfait social |
Agirc-Arrco | Gère la retraite complémentaire des salariés du privé | Retraite T1 et T2, contribution d’équilibre général et technique, APEC |
Instituts de prévoyance / mutuelles | Gèrent les couvertures complémentaires santé, invalidité, décès | Prévoyance cadre, mutuelle d’entreprise |
Caisses spécifiques (ex. Audiens, MSA) | S’appliquent à certains secteurs ou statuts | Intermittents du spectacle, salariés agricoles |
Une fois ce cadre posé, voici quelques exemples concrets de vérifications régulières à effectuer :
Cotisation assurance maladie maternité invalidité décès (URSSAF) : taux modulé en fonction du salaire annuel brut cumulé par rapport au SMIC.
Contribution allocations familiales (URSSAF) : taux réduit si le salaire annuel est inférieur à 3,5 SMIC.
Cotisation APEC (Agirc-Arrco) : uniquement applicable aux cadres relevant de la convention de 1947.
Contribution d’équilibre technique (Agirc-Arrco) : s’applique à certaines tranches de salaire au-delà du PMSS.
Ces contrôles réguliers permettent d’éviter des erreurs de paramétrage ou de calcul qui pourraient impacter les droits du salarié, notamment en cas d’arrêt de travail ou d’application de taux réduits.
En effet, vous saurez ainsi exactement pendant combien de jours le salaire de l'employé sera maintenu par son employeur sur le bulletin, et à quel pourcentage.
Je parlais de l'impact que pouvait avoir la situation personnelle du salarié sur les calculs de paie ; cela peut effectivement arriver dans certaines situations bien précises.
Exemple :
Il peut arriver qu'un salarié soit soumis à ce qu'on appelle la "saisie arrêt" ou "saisie sur salaire". En quelques mots, il s'agit d'une retenue de salaire opérée par les autorités fiscales directement sur le bulletin du salarié, par le biais de son employeur. Cela signifie que l'employeur va déduire un certain montant net, qu'il va ensuite reverser aux autorités fiscales.
La règle d'or concernant le calcul de cet élément est qu'il faut bien évidemment qu'il reste en fin de mois au salarié de quoi subvenir à ses besoins mais aussi à ceux de sa famille, plus précisément des personnes "à charge", c'est-à-dire qui dépendent de lui.
Typiquement, cela concerne les enfants, mais parfois cela peut être un membre de la famille qui ne peut pas subvenir à ses propres besoins.
Le nombre de personnes à charge va aider à déterminer le montant qui pourra être déduit du salaire net de l'employé.
Cela signifie que si le montant de la saisie sur salaire est trop important, elle devra se faire sur plusieurs mois, en fonction à chaque fois du salaire net mensuel et du nombre de personnes à charge.
#Vérifiez les textes en vigueur
En plus des spécificités propres à chaque salarié et à l'entreprise dont il dépend, il faut pouvoir vérifier les différents textes en vigueur qui vont régir les calculs en question.
Ainsi, pour certains éléments, il sera nécessaire de vérifier les dispositions de la convention collective de branche qui s'applique à l'entreprise ou au salarié en question. En effet, il peut parfois y avoir plusieurs conventions collectives qui s'appliquent. Il est donc judicieux de vérifier le texte pour chaque salarié concerné lorsque c'est le cas, afin d'éviter des erreurs.
Exemples :
congés supplémentaires pour ancienneté ;
heures supplémentaires ;
travail le week-end et les jours fériés ;
la maladie, la maternité et la paternité ;
les règles de calcul pour l'indemnité de licenciement ;
la prime d'ancienneté.
Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive, mais elle recense les éléments les plus courants qui doivent régulièrement être vérifiés pendant le cycle mensuel de paie.
Dans la continuité de ce que nous venons de voir, il faut mentionner le fait que régulièrement, il peut y avoir des accords internes à l'entreprise ou des usages qui vont s'appliquer. Contrairement aux dispositions légales et conventionnelles, ces éléments ne seront pas forcément intégrés dans le logiciel de paie et devront donc faire l'objet de consignes qui, comme nous le verrons plus loin, devront être vérifiées systématiquement.
#Vérifiez les informations grâce aux conseils juridiques
En plus de ces sources qui sont assez spécifiques aux entreprises, il est important également de pouvoir avoir accès à un conseil juridique, ainsi qu'au RF Paye. Cela permet de pouvoir suivre de manière plus sûre les évolutions systématiques en matière de paie, ainsi que d'avoir accès aux différentes interprétations de véritables professionnels.
Le gestionnaire doit connaître l'essentiel en matière de règles mais il ne peut pas forcément tout connaître, et l'interprétation est parfois complexe.
Il doit donc pouvoir compter sur des outils ou des équipes de support juridique, afin de pallier cela de la meilleure manière possible.
Non seulement cela l'aidera dans le bon déroulement des calculs de paie au mois le mois, mais cela appuiera également ses démonstrations en cas de litige avec un client, interne ou externe.
Encore une fois, la sensibilité des données implique de devoir expliquer régulièrement le choix fait en matière de calculs de paie et donc de pouvoir justifier ce choix à l'aide de textes, ou bien d'interprétations officielles de ces textes, essentiellement par le biais de la jurisprudence, qu'un support juridique ou bien sûr le RF Paye sont plus à même de suivre et de maîtriser.
#En résumé
Vérifiez les données spécifiques aux salariés et à l'entreprise.
Vérifiez les textes applicables : accords d'entreprise, conventions collectives, Code du travail.
Consultez des sources fiables et expertes, comme un conseil juridique ou le service support de votre entreprise, lorsque vous êtes face à des situations complexes ou incertaines.
Avant de passer à la seconde partie du cours, testez vos connaissances grâce au quiz présent dans le chapitre suivant.
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