Vous avez identifié les éléments de rémunération, vérifié leur cohérence, et confirmé les modalités de calcul. Il est maintenant temps d’apprendre à les reporter correctement sur le bulletin de paie, en respectant les règles de présentation, de paramétrage, et de saisie.
Trois éléments essentiels sont concernés à cette étape du cycle de paie :
le paramétrage de la rubrique ;
la place de l'élément de rémunération sur le bulletin ;
la saisie manuelle des variables de paie.
Encore une fois, le logiciel de paie, bien qu'automatisé et mis à jour régulièrement, n'est jamais à l'abri d'une erreur de manipulation qui aurait un impact négatif sur les calculs des bulletins de paie.
Ainsi, il faut être vigilant, lors des contrôles des bulletins comme nous le verrons plus tard dans ce cours, mais également lorsque vous utilisez une nouvelle rubrique de paie pour reporter un élément spécifique sur un bulletin.
L'intérêt d'avoir un paramétrage de paie soigné et fonctionnel est d'optimiser la qualité et la rapidité des saisies.
En cas de nouvel élément de rémunération à saisir sur les bulletins, il est donc primordial de passer le temps qu'il faut à vérifier le paramétrage de la rubrique qui sera utilisée, pour éviter ce genre de mauvaise surprise.
Il y a également d'autres raisons pour lesquelles le paramétrage doit être vérifié, des raisons qui n'auront pas forcément un impact direct sur les bulletins, mais qui restent essentielles pour des calculs ultérieurs.
Ainsi, si nous prenons l'exemple du fameux salaire de référence nécessaire pour calculer l'indemnité de congés payés selon la méthode du dixième, il faut un paramétrage spécial, prenant en compte d'autres éléments que le salaire de base, comme par exemple :
commissions ;
heures supplémentaires ;
absences.
Cela signifie que le paramétrage de ces rubriques doit absolument inclure leur intégration dans le calcul du salaire de référence.
Donc, en cas de création d'une ou plusieurs de ces rubriques, il faut ajouter cette option. L'impact ne se fait pas directement sur le calcul des éléments de paie sur le bulletin ; en revanche, l'impact est sur le calcul de l'indemnité de congés payés, et une erreur sur ce calcul peut avoir des conséquences non négligeables pour l'employeur en cas d'erreur, par exemple en cas de bulletin de sortie.
En réalité, avec le nouveau format de bulletin, il vaudrait mieux parler de savoir faire la distinction entre les éléments qui seront soumis à cotisations sociales, et les éléments qui ne seront pas soumis à charges.
En effet, l'une des modifications apportées à la présentation du bulletin de salaire fait remonter en haut de bulletin des éléments qui jusqu'alors, en raison du fait qu'ils n'étaient pas soumis à cotisations sociales, se situaient en bas de bulletin.
Désormais, des éléments non soumis à cotisations sociales, comme le remboursement des frais de transport ou les tickets-restaurant, se trouvent en haut de bulletin, au même titre que les éléments soumis à cotisations sociales.
Il est donc important de pouvoir catégoriser les éléments, selon qu'ils seront ou non soumis à cotisations sociales.
Pour bien visualiser leur place sur le bulletin, observez le modèle ci-dessous. Il présente un bulletin de paie non-cadre annoté, qui vous aide à repérer rapidement où chaque type d’élément apparaît et comment il est traité selon qu’il est soumis ou non à cotisations.

Voyons à présent quelques exemples concrets pour bien différencier ces éléments dans la pratique :
un avantage en nature est soumis à cotisations sociales, mais le même montant est déduit avant le salaire net, afin de ne pas être versé au salarié ;
les primes, commissions et bonus sont soumis à cotisations sociales, même s'il est possible de voir parfois des primes au net, par exemple ;
une indemnité kilométrique n'est pas soumise à cotisations, tandis qu'une indemnité logement ou véhicule le sera ;
les remboursements de frais professionnels sont un remboursement exact du montant dépensé par le salarié, donc non soumis à cotisations sociales. On dit alors que c'est un montant net de cotisations sociales.
Nous voilà arrivés au dernier élément concernant la saisie des données de paie sur le bulletin : la saisie manuelle.
Selon les logiciels de paie utilisés, cela peut être le seul ou le principal moyen à utiliser pour incorporer les données de paie sur les bulletins. Cela peut dépendre également de la taille de l'entreprise, et des offres proposées par les différentes entreprises spécialisées dans la gestion de la paie.
Ici encore, chaque gestionnaire de paie a sa propre méthode au niveau de la saisie, selon ce qui le met le plus à l'aise. D'expérience, certains vont préférer traiter les informations salarié par salarié, d'autres utilisent des outils leur permettant de saisir chaque variable similaire dans une même colonne, avec les noms des salariés apparaissant au niveau des lignes, par exemple.
L'important est de trouver l'outil ou la méthode qui va permettre au gestionnaire d'optimiser ses saisies.
Il faut également évoquer une méthode de saisie qui permet dans un premier temps de faire gagner du temps au gestionnaire, et dans un second temps de limiter les erreurs de saisie manuelle, dont nous venons de parler à l'instant : l'import automatique des données dans le logiciel de paie.
Cette méthode permet, vous l'aurez compris, moyennant un certain format des documents contenant les données de paie à intégrer, de les intégrer automatiquement sur les bulletins, via le logiciel de paie.
Donc normalement, si les données de paie sont remplies correctement à l'origine, cela permettra de gagner du temps au niveau des saisies des données sur les bulletins de paie, et donc de pouvoir privilégier les contrôles de paie qui, comme nous l'avons vu, sont aussi essentiels que les saisies.
Vérifiez systématiquement le paramétrage de chaque rubrique utilisée.
Repérez où l’élément doit apparaître sur le bulletin, selon qu’il est soumis ou non à cotisations.
Optimisez vos saisies manuelles ou imports pour gagner en fiabilité et en efficacité.
En cas de doute, appuyez-vous sur les consignes internes et les ressources juridiques.
Cette étape est le lien clé entre l’analyse des données et leur mise en forme finale.
Avant de clore cette partie, testez vos connaissances grâce au quiz dans le prochain chapitre.