
Dans ce chapitre, nous allons analyser les équipements techniques consommateurs d’énergie, qui doivent également être pris en compte. Leur consommation énergétique dépendra non seulement de la performance thermique du bâtiment, mais aussi de la qualité et de l’état de vétusté de ces équipements.
La principale source de dépense énergétique du logement est la production de chauffage. C’est sur cet aspect que seront concentrés les travaux d’amélioration énergétique, avec pour objectif de réduire cette consommation d’énergie, de GES et les coûts associés. De la même manière que pour les composants de l’habitation, il est essentiel de collecter un maximum d’informations sur ces équipements pour évaluer leur performance et leur état de vétusté.
Les éléments à relever sont :
Individuel : un générateur de production de chauffage pour un logement ;
Collectif : un générateur de production de chauffage pour plusieurs logements.
Une chaudière ;
Une chaudière à condensation ;
Une pompe à chaleur (Air/Air – Air/Eau) ;
Chauffage urbain :
Émetteurs électriques ;
Chauffage par poêles ou inserts.
Fioul ;
Gaz ;
Biomasse ;
Électricité ;
Solaire.
La date de fabrication et de mise en œuvre du générateur va vous permettre d’évaluer :
son rendement énergétique : plus le générateur est ancien, moins la performance est évoluée et plus il est consommateur en énergie ;
sa conformité aux normes en vigueur ;
sa durée de vie : si la chaudière a plus de 20 ans, cette dernière sera plus à même d’avoir des pièces usées et surtout, qui ne sont plus disponibles sur le marché. Ce qui, par conséquent, empêchera sa réparation.
Le régime de température correspond à la température d'eau qui circule dans le système de chauffage, c'est-à-dire la température de l'eau en sortie et en retour du générateur de chaleur.
Par exemple :
Un régime haute température (souvent 70°C / 50°C) est typique des anciennes chaudières. L'eau sort du générateur à 70°C et revient à 50°C.
Un régime basse température (comme 45°C / 35°C) est plus courant pour les pompes à chaleur ou les systèmes de chauffage modernes.
Une fois cette énergie produite, elle est transportée par des réseaux hydrauliques et restituée par des émetteurs.
Ces émetteurs sont variés :
Radiateurs (fonte, acier, aluminium, ...) ;
Plancher chauffants ;
Ventilo-convecteurs.
La deuxième consommation énergétique importante de votre habitation, sera votre production d’eau chaude.
De la même manière que pour les générateurs de chauffage, vous aurez plusieurs éléments à considérer pour ce dernier, avec plusieurs similitudes.
Les éléments à considérer sont les suivants :
Le type de système utilisé |
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Le type de générateur utilisé pour produire l’eau chaude |
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Le type de production |
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Le volume d’eau |
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La classification du ballon |
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La position du ballon par rapport au générateur en cas de stockage |
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La position du ballon dans l’habitation |
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La date de fabrication et de mise en œuvre | Tout comme pour le générateur de chauffage, la date de fabrication et de mise en œuvre du générateur d’eau chaude sanitaire va vous permettre d’évaluer son rendement, sa conformité et sa vétusté |
Un autre facteur à prendre en compte lors de l'utilisation du ballon est la qualité de l'eau qui y est introduite. En effet, certaines régions ont une eau plus ou moins calcaire, et ce calcaire se dépose en formant des résidus au contact de l'eau chaude. Ces dépôts peuvent endommager le ballon, voire entraîner sa dégradation. Certaines habitations sont équipées d'un adoucisseur d'eau qui permet de limiter ce phénomène. Il est donc important de considérer cet aspect.
Dans certaines régions, la sécheresse et la chaleur deviennent si intenses qu'à certaines périodes de l'année, les habitants sont contraints d'installer des systèmes de refroidissement. Le réchauffement climatique renforce cette tendance, entraînant une prolifération de ces dispositifs sur tout le territoire Français. Toutefois, la plupart de ces systèmes nécessitent l'utilisation d'équipements fonctionnant avec des énergies primaires, ce qui rend essentiel de les référencer et d'en évaluer l'impact.
En voici la liste :
Pompe à chaleur Air/Air, (soufflage d’air) ;
Pompe à chaleur Air / Eau, (plancher chauffant / rafraîchissant) ;
Ventilateur.
Un bon système de ventilation assure non seulement le confort des occupants en termes de qualité de l'air et de confort thermique, mais il protège également la santé du bâtiment en limitant les problèmes d'humidité et de moisissures. De plus, il contribue à la réduction de la consommation d'énergie et à la durabilité des matériaux de construction.
C'est pourquoi la ventilation des habitations est essentielle à prendre en compte. De plus, elle fait partie des solutions les plus simples à mettre en place, ce qui en fait une option d'amélioration peu coûteuse.
Tout comme les systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude, le système de ventilation peut être individuel ou collectif, en fonction de la typologie de l’habitation. Toutefois, leur principe de fonctionnement reste le même, bien que les types de systèmes de ventilation soient diversifiés.
En voici une liste :
Ventilation naturelle ;
Ventilation mécanique contrôlée (VMC)
Simple flux
Autoréglable,
Hygroréglable,
Double flux ;
Ventilation mécanique répartie ;
Puit canadien.
Peu importe le système de ventilation installé dans l’habitation, les éléments que vous devez relever sont les suivants :
Les systèmes d’entrée d’air, (ex : par les menuiseries) ;
Les systèmes d’extraction d’air (ex : par des bouches d’extraction dans les pièces humides) ;
L’emplacement des bouches d’extraction ;
L’appareil utilisé (VMC Simple flux, Double flux, etc.) ;
L’emplacement du moteur d’extraction ;
La qualité des réseaux aéraulique ainsi que leur passage ;
La date d’installation de l’équipement ;
Le bruit émis par l’appareil ;
L’emplacement de l’extraction d’air vicié.
Il est fort probable que l'habitation dans laquelle vous réalisez l'audit soit équipée de divers systèmes de production de chauffage. En général, le logement dispose d’un système principal de chauffage, mais il est courant que celui-ci soit complété par d’autres dispositifs. Il est essentiel de les prendre en compte, tant pour le relevé d’audit que pour la collecte d’informations pertinentes.
Par exemple, si une pièce particulière du logement nécessite un chauffage d’appoint, plusieurs raisons peuvent l’expliquer. L’analyse de ces besoins influencera vos conclusions d’audit et vos recommandations pour les travaux de rénovation.
Les types de chauffage d'appoint courants incluent :
Convecteur électrique ;
Cheminée ;
Poêle.
Les informations à relever sont similaires à celles abordées dans la section « Référencement du système de chauffage », à savoir :
Leur emplacement, appelé aussi la situation physique des équipements : dans quelles pièces sont-ils installés ? et quelle est la répartition dans une pièce : un seul ou plusieur radiateur dans une pièce par exemple ), afin d’indiquer la surface qu’ils sont censer chauffer ;
L’énergie utilisée ;
Leur date d’installation ;
La puissance restituée.
L’ensemble des équipements techniques cités ci-dessus possède des plaques signalétiques.
Une plaque signalétique d'un équipement est une étiquette ou une plaque fixée directement sur un appareil ou une machine, qui fournit des informations essentielles sur ses caractéristiques techniques et son identification. Elle est généralement en métal ou en plastique et contient des données importantes pour l’installation, l’utilisation, l’entretien et la sécurité de l’équipement.
Les informations couramment présentes sur une plaque signalétique incluent :
Marque et modèle de l'équipement ;
Numéro de série : permet d’identifier précisément l’unité ;
Caractéristiques techniques : puissance, tension, intensité, pression, etc., selon le type d’équipement ;
Normes et certifications : conformité à certaines normes de sécurité ou de performance ;
Date de fabrication ou année de mise en service ;
Conditions d’utilisation : plages de température, pression maximale, etc.
Classe énergétique (si applicable).
Enfin, une notion technique qui est de plus en plus considérée et qui tend à s'améliorer dans les prochaines années, c’est le dispositif du pilotage de ces installations.
Autrefois, les dispositifs de régulation de chauffage étaient relativement simples : un générateur de chauffage utilisait une source d’énergie primaire pour atteindre une température de fonctionnement élevée. Le générateur faisait circuler l’eau chaude dans un réseau hydraulique jusqu’aux émetteurs via une pompe à débit constant. Les émetteurs étaient équipés de vannes manuelles que l’utilisateur réglait manuellement pour augmenter ou diminuer la température.
Aujourd’hui, ces procédés ont considérablement évolué. En effet, les générateurs sont désormais associés à plusieurs sondes de température (avec notamment des sondes extérieures), permettant de fonctionner selon une loi d’eau adaptée, tandis que les pompes de circulation ajustent leur débit en fonction des besoins réels de l’habitation. De plus, les vannes manuelles ont été remplacées par des têtes thermostatiques, qui régulent automatiquement la température en fonction des besoins spécifiques de chaque pièce.

Ces exemples ne représentent qu’une partie des nombreux systèmes de régulation disponibles sur le marché.
Il est donc essentiel lors de vos audits de :
relever le système de régulation associé à chaque appareil (chauffage, ventilation, production d’eau chaude, etc.) ;
être capable d'identifier les régulation centrale, avec ou sans minimum de température ;
être capable d’identifier les pilotages par pièces avec ou sans minmum de température.
La régulation a un impact direct et significatif sur le fonctionnement global des installations, sur la consommation d’énergie primaire, et, par conséquent, sur les factures énergétiques de vos clients.
Référencez les systèmes de chauffage : type, énergie, date, température, et émetteurs.
Identifiez les systèmes de production d’eau chaude : type, énergie, position du ballon, date.
Recensez les systèmes de refroidissement : pompe à chaleur, ventilateur.
Évaluez la ventilation : type, systèmes d'entrée et d'extraction, date, qualité des réseaux.
Analysez les dispositifs de régulation : têtes thermostatiques, thermostats, sondes.
Maintenant que vous savez quoi auditer, intéressons-nous au prochain chapitre à l’étude des pathologies et des caractéristiques architecturales des bâtiments afin de détecter les problèmes les éléments de construction spécifiques.