Sélectionnez l'isolant adapté

Dans le cadre de notre projet d'isolation thermique par l'extérieur (ITE) de la maison de Marie et Jérémy, il est crucial de se pencher sur l'un des aspects les plus déterminants : le choix de l'isolant. Comme nous l'avons vu avec Garance, l'approche méthodique et réfléchie est essentielle pour réussir une rénovation énergétique.

Dans ce chapitre, nous explorerons les différents types d'isolants disponibles, les critères à considérer pour faire le meilleur choix, et les implications de cette décision sur la performance énergétique et le confort des occupants. En nous appuyant sur l'exemple de Marie et Jérémy, nous mettrons en lumière l'importance d'une sélection judicieuse de l'isolant pour garantir non seulement l'efficacité thermique, mais aussi la durabilité et l'esthétique de leur projet.

Sur quels critères se base-t-on pour catégoriser les isolants dans les différentes familles ?

C'est leur provenance qui va déterminer la famille de l’isolant.

On comptabilise 4 familles d’isolants à savoir :

  • Les isolants pétrosourcés

  • Les isolants biosourcés

  • Les isolants géosourcés

  • Les isolants écosourcés

Nous allons voir que chaque famille d’isolants présente des avantages et des limites, qu’il est important de connaître pour faire un choix éclairé. Leur efficacité thermique ne dépend pas uniquement de leur nature ou de leur origine, mais aussi de leurs caractéristiques physiques, notamment leur conductivité thermique (λ).

Ainsi, pour atteindre une même résistance thermique (R), indispensable à une bonne performance en ITE, l’épaisseur nécessaire de l’isolant peut varier considérablement d’un matériau à l’autre. Par exemple, certains isolants minéraux ou pétrosourcés affichent une conductivité très faible, permettant de limiter l'épaisseur, ce qui peut être un atout en rénovation là où les contraintes d’encombrement sont fortes.

À l’inverse, les isolants biosourcés, souvent un peu plus conducteurs, nécessitent une plus grande épaisseur pour obtenir une performance équivalente — mais ils apportent d’autres qualités, comme une meilleure régulation hygrothermique ou un bilan carbone plus favorable.

À quoi correspond la résistance thermique d’un isolant ?

La résistance thermique, notée R, indique la capacité d’un matériau isolant à ralentir les transferts de chaleur. Plus cette résistance est élevée, plus le matériau est performant pour freiner les pertes de chaleur en hiver (ou la surchauffe en été). C’est donc un indicateur clé pour juger de l’efficacité d’un isolant.

Avant de nous plonger dans la découverte, il me semble important de vous présenter une fiche technique d’un isolant. Ce document est la carte d’identité du matériau, elle fournit des données précises sur ses caractéristiques, ses performances et ses conditions d’utilisation. 

Lors de l'analyse d'une fiche technique, il est essentiel de vérifier les éléments suivants : Prenons l'exemple d’un isolant pétrosourcé en mousse polyuréthane :

Vous pouvez voir l’identification produit ici :

Identification produit
Identification produit

Ensuite, vous trouverez les caractéristiques physiques comme le domaine d’application, le lambda, Dimensions…

Caractéristiques physiques
Caractéristiques physiques

 

On retrouve bien souvent un tableau qui indique la référence des produits proposés, la résistance thermique, l’épaisseur correspondante, le conditionnement.

Tableau de références
Tableau de références

Ainsi que les propriétés techniques et son domaine d’utilisation :

Propriétés techniques et domaine d'utilisation
Propriétés techniques et domaine d'utilisation

Découvrez les isolants pétrosourcés

Les isolants pétrosourcés sont fabriqués à partir de dérivés du pétrole et incluent des matériaux comme le polyisocyanurate (PIR), le polystyrène expansé (PSE), le polystyrène extrudé (XPS) et la mousse résolique. Très utilisés dans le bâtiment, ils offrent d'excellentes performances thermiques et sont souvent choisis pour l'isolation des toitures, façades, sols et sous-sols.

Panneaux isolants en polystyrène expansé (EPS) de différentes épaisseurs, principalement en teintes grises et blanches. À l’avant, des granulés noirs et blancs, utilisés pour la fabrication de ces panneaux, sont dispersés sur une surface blanche
Panneaux isolants en polystyrène expansé (EPS) de différentes épaisseurs

Quels sont leurs atouts ?

  • Le PIR est particulièrement performant avec une conductivité thermique très faible (environ 0,022 W/m.K), ce qui le rend idéal pour isoler les toitures-terrasses et les combles où l’espace est limité.

  • Le PSE est léger et économique, mais sensible à l’humidité, ce qui nécessite une bonne protection lorsqu’il est utilisé en extérieur, notamment en ITE sous enduit.

  • Le XPS, quant à lui, possède une meilleure résistance à l’humidité grâce à sa structure à cellules fermées, ce qui le rend adapté aux environnements exposés, comme l’isolation des soubassements ou des dallages sur terre-plein.

  • La mousse résolique, encore plus efficace thermiquement (environ 0,018 W/m.K), permet d’obtenir une excellente isolation avec moins d’épaisseur, un avantage clé en rénovation.

Ces isolants sont appréciés pour leur facilité de pose et leur légèreté, ce qui simplifie leur manipulation sur les chantiers. Certifiés ACERMI et conformes aux normes de construction (DTU et Avis Techniques), ils garantissent une bonne durabilité.

Malgré ces limites, les isolants pétrosourcés restent très répandus grâce à leur bon rapport qualité/prix et leur disponibilité sur le marché. En France, ils représentent environ 30 à 40 % du marché de l’isolation. Leur choix doit cependant être adapté aux besoins spécifiques de chaque projet pour garantir un confort optimal et une efficacité durable.

Après avoir exploré les isolants pétrosourcés, il est clair qu’ils offrent des performances thermiques élevées et une mise en œuvre efficace. Toutefois, leur impact environnemental et leur faible inertie thermique peuvent être des freins, notamment pour un projet comme celui de Marie et Jérémy.

Soucieux de réduire leur empreinte carbone et d’opter pour des matériaux plus naturels, ils s’interrogent : existe-t-il une solution plus écologique qui réponde à leurs contraintes techniques et à leur engagement environnemental ?

C’est ici que les isolants biosourcés entrent en scène. Voyons ensemble les atouts et les spécificités des isolants biosourcés et leur pertinence pour ce type de projet.

Découvrez les isolants biosourcés

Un isolant biosourcé est un matériau d'isolation fabriqué à partir de matières organiques renouvelables, telles que des plantes, des sous-produits agricoles ou du bois. Cela inclut des isolants comme la laine de chanvre, la cellulose (fabriquée à partir de papier recyclé) et des produits à base de bois. Ces matériaux sont choisis pour leur faible impact environnemental, leur capacité à réguler l'humidité et leurs bonnes propriétés thermiques. Les isolants biosourcés contribuent également à un meilleur confort intérieur tout en étant plus durables.

Les isolants biosourcés, issus de matières premières renouvelables, incluent la fibre de bois, la paille, le liège, le chanvre et la laine de mouton. Provenant de la valorisation de déchets agricoles, forestiers ou d’élevage, ces matériaux s’inscrivent dans une démarche de construction durable et locale, favorisant les circuits courts et réduisant l’empreinte carbone des bâtiments.

Blocs d’isolants écologiques de différentes textures et couleurs, fabriqués à partir de matériaux naturels comme la laine de mouton, le chanvre, la paille et le textile recyclé.
Blocs d’isolants écologiques de différentes textures

Ces isolants offrent plusieurs avantages majeurs. Leur capacité à réguler l’humidité et leur forte inertie thermique les rendent particulièrement adaptés au confort d’été, en ralentissant la montée en température des bâtiments. Par exemple, la fibre de bois, couramment utilisée en isolation de toiture et de murs en ITE ou ITI, protège efficacement les habitations des variations thermiques. La paille, employée dans les maisons en ossature bois, est une solution à la fois performante et peu coûteuse en matériaux, bien qu’elle nécessite un savoir-faire spécifique. Le liège expansé, imputrescible et résistant à l’humidité, est idéal pour l’isolation des planchers et soubassements, tandis que le chanvre et la laine de mouton, reconnus pour leurs excellentes propriétés acoustiques, sont privilégiés pour l’isolation des cloisons et combles.

Malgré ces limites, leur biodégradabilité et leur faible impact environnemental en font des solutions incontournables pour les projets de construction écologique et de rénovation durable.

Séduits par les nombreux atouts des isolants biosourcés, Marie et Jérémy apprécient leur faible impact environnemental et leur capacité à améliorer le confort d’été. Pourtant, une contrainte persiste : leur épaisseur importante. Avec leur maison mitoyenne et la nécessité de limiter l’emprise des travaux sur la façade donnant chez le voisin, ils s’interrogent sur des alternatives plus compactes mais tout aussi performantes.

C’est ici que les isolants géosourcés entrent en jeu. Issus de matières minérales comme la laine de roche, la laine de verre ou encore l'argile expansée, ces isolants offrent des performances thermiques et acoustiques intéressantes tout en étant souvent plus fins que leurs équivalents biosourcés.

Mais ces matériaux sont-ils adaptés à leur maison en parpaings, exposée aux vents froids de la Savoie ? Quels sont leurs atouts et leurs limites par rapport aux autres solutions déjà étudiées ?

Découvrons ensemble les caractéristiques et les usages des isolants géosourcés.

Découvrez les isolants géosourcés

Les isolants géosourcés, principalement constitués de laine de roche et de laine de verre, sont fabriqués à partir de ressources minérales abondantes comme le basalte (laine de roche) et le sable ou le verre recyclé (laine de verre). Ces matériaux sont largement utilisés en construction pour leurs excellentes performances thermiques et acoustiques, leur longévité et leur coût abordable.

Laine de roche et laine de verre
Laine de roche et laine de verre

La laine de roche, très résistante au feu et aux hautes températures, est souvent utilisée en isolation des façades par l’extérieur (ITE), des toitures-terrasses et des parois maçonnées, où elle apporte une protection thermique et une isolation acoustique optimale. Grâce à sa forte densité, elle est également idéale pour les murs mitoyens ou les planchers intermédiaires, limitant la propagation du bruit entre les pièces. La laine de verre, plus légère, est privilégiée pour l’isolation des combles perdus, des plafonds et des cloisons, où elle assure une isolation efficace avec un bon rapport performance/prix.

Malgré ces limites, leur excellente durabilité, leur accessibilité économique et leur efficacité thermique et acoustique en font des solutions incontournables pour de nombreux projets de construction et de rénovation, en particulier dans le résidentiel et le tertiaire.

Après avoir exploré les isolants géosourcés, Marie et Jérémy reconnaissent leurs nombreux avantages, notamment leur bonne isolation thermique et acoustique. Cependant, certains points les freinent : l'impact environnemental de ces matériaux, leur forte densité et une mise en œuvre plus contraignante par leurs poids. 

Conscients de leur engagement en faveur d’une rénovation durable, ils se demandent s’il existe une alternative qui allierait performance thermique, faible impact écologique et facilité de pose.

C’est ici que les isolants écosourcés entrent en scène. Conçus à partir de matières naturelles ou recyclées, ils offrent un compromis intéressant entre efficacité énergétique et respect de l’environnement. Mais quelles sont leurs caractéristiques ? Et surtout, seraient-ils la solution idéale pour leur maison ?

Voyons ensemble pourquoi les isolants écosourcés pourraient bien être le choix le plus adapté à leur projet.

Découvrez les isolants écosourcés

Trois types d’isolants recyclés : à gauche, de la ouate de cellulose issue de papier recyclé ; au centre, un panneau de textile recyclé, dense et fibreux ; à droite, des déchets plastiques broyés, colorés et hétérogènes.
Trois types d’isolants recyclés : à gauche, de la ouate de cellulose ; au centre, un panneau de textile recyclé ; à droite, des déchets plastiques broyés.

Les isolants écosourcés, issus du recyclage, tels que la mousse Polyéthylène téréphtalate (PET), la mousse PET recyclée, le verre recyclé, le textile recyclé et le PIR recyclé, s’imposent progressivement comme des alternatives durables aux isolants traditionnels. Fabriqués à partir de déchets plastiques (bouteilles en PET), de verre issu de la collecte sélective, de chutes textiles et de résidus industriels de PIR, ils participent pleinement à l’économie circulaire en réduisant la consommation de ressources vierges — c’est-à-dire des matières premières extraites directement de l’environnement — et l’impact environnemental du secteur du bâtiment.

Cela veut dire quoi économie circulaire ?

L’économie circulaire, c’est un modèle de production et de consommation qui vise à réduire le gaspillage des ressources.

Au lieu de produire, consommer, puis jeter (comme dans l’économie linéaire), on cherche à réparer, réutiliser, recycler les produits et les matériaux le plus longtemps possible.

Le but est de limiter l’impact sur l’environnement tout en utilisant les ressources de manière plus responsable et durable.

Ces isolants écosourcés présentent plusieurs atouts majeurs dans le cadre d’une isolation par l’extérieur. En plus de leur performance thermique, ils s’inscrivent dans une démarche environnementale vertueuse, tout en répondant aux exigences techniques d’un chantier ITE.

  • Légers, durables et dotés d’une bonne résistance mécanique, certains comme la mousse PET recyclée (certifiée ACERMI) peuvent être utilisés en panneaux rigides pour isoler efficacement les murs par l’extérieur, sans alourdir la structure.

  • Le verre recyclé expansé, grâce à son insensibilité à l’humidité et son caractère imputrescible, constitue un complément idéal en soubassement ou en isolation de dalle, là où des contraintes d’humidité peuvent être présentes.

  • Les isolants en textile recyclé, bien que plus souvent utilisés en intérieur, peuvent aussi trouver leur place en ITE dans des systèmes hybrides, notamment pour leurs propriétés acoustiques et leur adaptabilité à certains supports.

En combinant performance, légèreté et impact environnemental réduit, ces matériaux s’imposent comme des solutions d’avenir pour des projets d’isolation durable par l’extérieur.

Malgré cela, leur longévité, leur recyclabilité et leur faible impact écologique en font des matériaux d’avenir pour une construction plus responsable et performante.

Au fil de leur réflexion, Marie et Jérémy ont exploré les différentes familles d’isolants : des solutions pétrosourcées performantes mais à l’empreinte écologique élevée, aux biosourcés, plus naturels mais parfois contraignants en épaisseur, en passant par les géosourcés, durables et résistants mais énergivores à produire. Enfin, ils ont découvert les isolants écosourcés, qui s’inscrivent pleinement dans une démarche d’économie circulaire tout en offrant une excellente isolation.

Face à cette diversité, il peut être difficile de comparer ces solutions en un coup d'œil. Pour les aider dans leur choix, voici un tableau récapitulatif des principales caractéristiques de chaque famille d’isolants, mettant en avant leurs atouts et leurs limites.

Ce tableau récapitulatif de l’ensemble des familles d’isolants est un support crucial pour rapidement éliminer les isolants incompatibles en fonction de la maison. Le besoin des clients va rapidement nous diriger vers des isolants cependant c’est seulement après avoir évalué la maison que l’on pourra déterminer si les isolants retenus précédemment sont toujours les plus adaptés.

À vous de jouer

Contexte

Après avoir envoyé votre état des lieux, votre chef de projet vous fait parvenir un email :

Objet : Projet ITE - Marie et Jérémy DUTIER - Isolant

Bonjour Evan,

Je tiens à te féliciter pour ton état des lieux très complet !

Je pense que tu es prêt pour gérer la seconde étape de ce projet.

Je souhaiterais désormais que tu me fasses une proposition du/des isolants qui te semblent les plus adéquates.

Bonne étude !

Yann Loubot

Consignes

Suite au mail de votre responsable, vous êtes en charge de proposer les isolants les plus adaptés en prenant en compte bien évidemment les priorités des propriétaires mais également les contraintes techniques.

  1. Pour cela sur la base de votre état des lieux, listez uniquement les éléments qui auront une répercussion sur le choix de l’isolant.

  2. Une fois listés, précisez la conséquence du point relevé en vous basant sur les avantages des isolants du tableau précédent.

  3. Complétez les éléments relevés à l'aide du tableau téléchargeable au format doc ou au format open office.

En résumé

  • Les isolants se divisent en quatre familles selon leur provenance : pétrosourcés, biosourcés, géosourcés et écosourcés.

  • Chaque famille d’isolants présente des caractéristiques uniques, avec des avantages et des inconvénients spécifiques.

  • Réaliser un état des lieux préalable est primordial pour identifier les caractéristiques spécifiques de la maison, permettant ainsi de se diriger vers les familles d'isolants les plus adaptées aux besoins et contraintes du projet.

Après avoir choisi l'isolant approprié pour votre projet de rénovation, il est temps de se concentrer sur une autre étape cruciale : définir la technique de pose adaptée pour maximiser l'efficacité de l’isolation  !

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