Adaptez votre posture grâce à la métacognition

 

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Découvrez l’impact de la métacognition

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Prenons un moment pour bien cerner les concepts. 

Pour comprendre ce concept, imaginez que votre esprit est une entreprise : la cognition, ce sont les employés qui exécutent les tâches au quotidien. La métacognition, c'est le directeur de la stratégie qui prend du recul, observe le fonctionnement global et réajuste la trajectoire si nécessaire.

Les sciences cognitives nous apprennent que la métacognition repose sur deux piliers essentiels :

  1. La connaissance métacognitive : C'est ce que vous savez de votre propre fonctionnement (par exemple : « Je sais que je suis plus concentré le matin » ou « Je sais que j'ai tendance à paniquer face aux chiffres »).

  2. La régulation métacognitive : C'est l'action de contrôler et de réajuster votre pensée en temps réel (par exemple : « Je sens que je perds le fil de ma lecture, je vais m'arrêter et relire ce paragraphe plus lentement »).

Par exemple, vous regardez l‘heure. Une pensée s’impose alors automatiquement : « Je suis en retard, on va se dire que je ne suis pas sérieux ». Appliquer le principe de la métacognition sur cette pensée consiste alors à se poser des questions. Par exemple : Suis-je certain d'être en retard ? Quelle raison me fait dire que je suis en retard ? Suis-je pessimiste ou réaliste ? Serai-je forcément catalogué ?

La métacognition est donc la capacité à analyser ses propres processus mentaux.

Au lieu d'être simplement dans l'action, vous vous observez en train de penser, vous analysez votre cognition. 

Pourquoi aborder ce concept ? 

Dans le monde du travail comme ailleurs, pour améliorer votre fiabilité, prenez le temps de comprendre le « pourquoi » et le « comment » de vos propres actions et de vos pensées. 

En agissant comme un miroir mental, la métacognition permet de se demander pourquoi on pense ce qu’on pense. En identifiant les pensées automatiques qui se forment régulièrement dans notre esprit, on peut choisir de ne pas y céder tout de suite, et de continuer de réfléchir. 

Concrètement, comment et pourquoi appliquer ce concept ?

Dans votre quotidien, faire preuve de métacognition signifie prendre un temps d'arrêt avant une tâche complexe pour vous poser des questions: « Pourquoi ai-je choisi cette méthode ? », « Pourquoi est-ce que je pense que cet outil ne marchera pas ? » ou encore « Pourquoi ai-je cette certitude que mon directeur ne veut pas me faire évoluer ? » « Est-ce que je veux vraiment envoyer ce message maintenant ?» « Ce format est-il le plus adapté ? »

Appliquer les principes de la métacognition favorise la réflexion. Vous passez alors d'une posture passive, où vous subissez vos propres automatismes, à une posture active.

Pour bien saisir la différence, observons Hiro, jeune chef de projet marketing qui doit rendre une stratégie de communication cruciale pour un client d'ici 3 jours.

Imaginons Hiro sans le recours à la métacognition. Il ouvre son document. Face à l'ampleur de la tâche, une pensée automatique et anxieuse surgit : « Je n'arriverai jamais à rendre ça à temps, je ne suis pas légitime pour ce gros client. » N'ayant pas conscience de ce processus mental, Hiro subit cette pensée. Son anxiété grimpe. Pour fuir cet inconfort, son cerveau cherche une distraction : il commence à trier ses e-mails, puis se lance dans une tâche secondaire. Le temps passe, le retard s'accumule, confirmant sa pensée initiale : « Je savais que je n'étais pas à la hauteur. » C'est le cercle vicieux de l'échec programmé.

Imaginons maintenant Hiro sur le point d’activer sa métacognition

Hiro ouvre son document et ressent la même boule au ventre. La même pensée surgit : « Je n'arriverai jamais à rendre ça à temps... » Mais cette fois, Hiro active sa métacognition. Il fait un pas de côté mental et s'observe : « Tiens, je remarque que je suis en train de paniquer et de me dévaloriser. Pourquoi est-ce que je pense cela ? Est-ce réaliste ? » Il analyse ses processus mentaux :

« Je pense cela parce que la tâche est trop générale et floue. »

« Suis-je vraiment illégitime ? Non, j'ai déjà réussi deux projets similaires l'an dernier. »

« Quel est mon automatisme en ce moment ? J'ai envie de fermer ce dossier pour aller trier mes mails afin de me rassurer. »

La régulation : grâce à cette analyse, Hiro décide consciemment de bloquer son automatisme. Il se dit : « Ok, plutôt que de fuir, je vais découper ce gros projet en trois sous-tâches plus simples et commencer par la première pendant seulement 30 minutes. » En observant sa pensée, Hiro a modifié son comportement et a calmé ses pensées automatiques.

Comprendre ce qu'est la métacognition est une chose. Encore faut-il savoir à quel moment l'activer, car vouloir analyser chacune de ses pensées en permanence serait aussi contre-productif qu'épuisant. Tout l'enjeu est donc d'apprendre à reconnaître les situations qui méritent réellement ce regard réflexif.

Identifiez les situations pertinentes à une réflexion métacognitive

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L’un des enjeux de la métacognition est de savoir quand activer ce mode de réflexion approfondie.

Il existe des moments où le pilotage automatique est largement suffisant, par exemple quand nous faisons quelque chose que nous avons déjà fait à de nombreuses reprises : taper un mot de passe, allumer son ordinateur, attraper un stylo pour prendre des notes…Toutes ces situations ne nécessitent pas de réflexion poussée. 

Mais, il existe aussi des moments où le pilotage automatique n'est pas suffisant. Quand vous lisez un texte sur lequel on vous demande votre avis, quand vous relisez une production faite par IA, quand vous faites un calcul important de tête … Ces moments nécessitent d’être repérés grâce à la métacognition. 

Vous aurez donc besoin d’identifier les situations nécessitant une posture métacognitive. En ciblant ces situations spécifiques, vous ferez de la métacognition un levier d’ajustement de vos comportements.

Quels sont les cas dans lesquels vous aurez besoin d’activer votre métacognition ? Voici 3 cas de figure : 

  • La première de ces situations concerne les moments impliquant un risque, une incertitude ou un enjeu. Par exemple, si vous devez lancer un nouveau projet avec des outils que vous ne maîtrisez pas, l'incertitude est forte. Il sera pertinent  d'activer votre métacognition : « Suis-je en train de sous-estimer le temps nécessaire ? », « Est-ce que je prends ce risque par excès de confiance ? »

  • La deuxième situation clé englobe les décisions pouvant impacter dʼautres acteurs. Si un choix que vous venez de faire entraîne une modification du processus de travail de vos collègues, retarde un livrable ou engage un budget, une posture métacognitive est pertinente. Demandez-vous : «Ai-je pris en compte le point de vue de mon équipe dans cette réflexion ? » , « N’ai-je pas une perception erronée ? » 

Avant de valider une action, observez votre raisonnement et élargissez votre perspective. L’anticipation des impacts permet d'éviter des perturbations collectives. Demandez vous: « Si j'agis ainsi, qui sera impacté et comment ? ». Assurez-vous que vos choix soutiennent les processus de votre équipe.

Effectuer une analyse préalable améliore souvent la qualité des décisions. En évaluant plusieurs scénarios et leurs conséquences respectives, vous êtes capable de sélectionner l'option la plus adaptée.

  • Enfin, n'hésitez pas à utiliser cet outil dans les situations nécessitant une communication stratégique. Avant d'envoyer un e-mail délicat à un client mécontent, de contredire votre manager ou de présenter un dossier complexe à votre direction, analysez votre intention et votre pensée. « Quel message précis suis-je en train d'essayer de formuler ? », « Mon ton est-il approprié par rapport à l'objectif recherché ? », « Est-ce que mon analyse ou mon ressenti est juste ? », « Est-ce que je maîtrise suffisamment mes émotions pour réussir à m'exprimer sans accuser ? » « Suis-je sûr de ce que je sous-entends ? »

La responsabilité professionnelle ne s'arrête pas à la réflexion individuelle ; elle se concrétise dans l'échange avec les autres et implique de communiquer.

Partager le fruit de votre analyse peut aussi permettre aux autres de s'adapter. Si, à l’issue de votre réflexion métacognitive, vous réalisez que votre approche risque de mener le projet dans une impasse, ne le gardez pas pour vous. Un manager ou un collègue sera plus à l’aise avec quelqu'un qui explique son cheminement de pensée, expose les risques identifiés et assume ses limites. En exposant les conséquences que vous anticipez, vous permettez au collectif de réfléchir avec vous, de proposer des alternatives et de co-construire un plan d'action.

En résumé

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  • La métacognition est la capacité à réfléchir à ses propres processus cognitifs, ce qui favorise l'apprentissage et l'amélioration des méthodes de travail.

  • Il est crucial d'activer cette réflexion face à des situations impliquant des risques, des décisions impactant d'autres acteurs ou nécessitant une communication stratégique.

  • Analyser préalablement les conséquences de vos actions permet d'éviter les perturbations collectives et d'améliorer la qualité de vos décisions.

  • Informer les parties concernées de vos analyses et anticiper les difficultés par une communication transparente renforce la confiance professionnelle.

  • Une communication adaptée et honnête sur vos réflexions et les obstacles rencontrés facilite la recherche de solution.

Prendre du recul sur ses propres pensées et décisions est une compétence précieuse. Mais la métacognition ne reste utile que si elle débouche sur une action concrète : communiquer. Car dans un environnement professionnel, ce que vous pensez et analysez n'a de valeur que si vous parvenez à le transmettre efficacement. Et transmettre un message, cela ne s'improvise pas.

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