Deux éléments sont à considérer dans l’analyse du bâti et de ses abords en vue d’un changement de menuiseries :
L’exposition des menuiseries à changer / installer
Les règles d’urbanisme auxquelles le bâti est soumis.
L’exposition des menuiseries
Concernant l’exposition des menuiseries, le DTU (Document Technique Unifié) 36-5 qui définit les règles de mise en œuvre des menuiseries extérieures, impose des performances minimales en termes d’étanchéité à l’air, d’étanchéité à l’eau et de résistance au vent en fonction de l’exposition des menuiseries.
Dans ce cadre, il faut vérifier :
La situation du bâti :
A : les logements en zone urbaine avec une hauteur moyenne des bâtiments supérieure à 15 mètres.
B : les zones industrielles, forestières et autres zones urbaines.
C : les logements à la campagne.
D : les habitations situées en bord de mer ou lac.
La situation de la menuiserie à changer :
Protégée par une avancée de toiture.
Exposée.
La hauteur de la menuiserie par rapport au sol :
H ≤ 6m
6m < H ≤ 18m
18m < H ≤ 28m
28m < H ≤ 50m
50m < H ≤ 100m
Les règles d’urbanisme
Changer les menuiseries a un impact sur la façade et nécessite donc de vérifier si le bâtiment fait partie d’un secteur protégé. Cette consultation préalable est disponible sur le site de l'atlas des patrimoines.
Dans les secteurs protégés, il est surtout demandé de respecter l’architecture initiale et l’esthétisme global de la façade. Ainsi, si la menuiserie initiale dispose de croisillons, il sera demandé :
de choisir une menuiserie de remplacement avec :
de vrais croisillons qui entourent les petits carrés de double vitrage.
des croisillons « viennois » ou « collés », souvent en plastique ou en aluminium placés sur les deux faces extérieures du double vitrage via un ruban autoadhésif.
des croisillons « externes », souvent en PVC, amovibles pour favoriser le nettoyage des menuiseries.
des croisillons dits « incorporés », souvent en aluminium qui sont placés entre les deux vitrages qui forment le double vitrage.
d’ajouter un survitrage au simple vitrage.
Et, dans tous les cas, de respecter le matériau initial ou a minima une couleur rappelant la couleur initiale.
Les différents type de croissillons
Voici un exemple, où le respect de l'architecture initiale est à prendre en compte :
Vous avez ci-dessous des fenêtres et porte-fenêtres double vitrage en aluminium avec de vrais croisillons, une ouverture double battant sous un imposte vouté fixe.
Source photographie : Tryba
Que le bâti dépende ou non des lois de préservation du patrimoine, si le changement de menuiseries entraîne une modification de la façade, une déclaration préalable de travaux est nécessaire.
Dans quel cas, considère-t-on qu’il y a une modification de la façade ?
Par exemple pour :
le remplacement des volets battants par des volets roulants,
le remplacement d’une porte fenêtre avec deux parties fixes ou l’ouverture en double battant par une baie coulissante ;
la création d’une ouverture ;
etc.
La déclaration se fait par le biais duformulaire cerfa n°16702qui sera à remplir et à déposer auprès du service instructeur de la ville. L’instruction dure a minima 1 mois.
Diagnostiquez les menuiseries
Un diagnostic des menuiseries existantes concerne la menuiserie et les éléments qui l’entourent :
Le linteau : partie horizontale supérieure de la baie. Le linteau doit être intègre puisqu’il reporte les charges de la maçonnerie située au-dessus de lui vers les murs constituant les côtés de la baie.
Le tableau : partie maçonnée reprenant les côtés de la baie.
L’appui de fenêtre / l’appui de baie : partie horizontale inférieure de la baie.
Le châssis / le dormant / le bâti : partie de la menuiserie qui ne s’ouvre pas. Il n’est pas posé directement sur l’appui mais via des cales et des fixations permettant la mise en œuvre d’un joint.
Les ouvrants : partie mobile de la menuiserie.
Le vitrage : partie vitrée.
Les paumelles / fiches : parties rotatives reliant le dormant aux ouvrants et permettant à ces derniers de s’ouvrir.
Crémone : système d’ouverture de la menuiserie.
Allège : mur situé sous l’appui.
Imposte : partie fixe, parfois ouvrante, située au-dessus de la menuiserie.
Extrait du calepin de chantier fenêtre et portes extérieures
Un bon diagnostic permet d’identifier clairement les travaux qui seront à effectuer et donc un chiffrage sans surprise pour l’entreprise et le client. Il permet aussi de choisir le type de pose le plus adapté au projet envisagé.
Défaut possible lors du diagnostic
Que faut-il regarder au niveau du tableau ?
Les enduits extérieurs : traces de dégradation indiquant un risque de détérioration des fixations, la nécessité de refaire une partie des enduits extérieurs.
Planéité des surfaces et angles droits : vérifier que le tableau est plan et d’équerre ou prévoir de le « redresser » (refaire la pente de l’appui de fenêtre, rectifier les angles, etc.).
Dimensions du tableau : prise de côtes pour chiffrage.
La tolérance du support (bâti existant ou maçonnerie)
Poste
Bonne pratique
Commentaire
Planéité
10 mm maximum sur toute la hauteur et la largeur.
3 mm maximum en tout point sous une règle de 20 cm.
Permet un support suffisamment plan pour être calfeutré efficacement avec une bande.
Faux niveau (horizontal) et faux aplomb (vertical)
- Faux niveau en appui : 3 mm/m en tout point, avec un maximum de 10 mm sur toute la largeur. - Faux niveau en linteau : 10 mm maximum sur toute la largeur. - Faux aplomb : 10 mm maximum sur toute la hauteur.
Assure la pérennité du calfeutrement et la bonne tenue de la menuiserie.
Qu’est-ce que le calfeutrement ?
Au-delà de ces tolérances, il vous sera nécessaire :
d’ajouter des fourrures dans le cas d’une pose en rénovation (bâti existant conservé) ;
de redresser le tableau de menuiserie dans le cas d’une dépose totale.
Exemple de tolérance, extrait du calepin de chantier
Que faut-il regarder au niveau du dormant ?
Les contours : traces d’humidités indiquant des infiltrations ou de la condensation.
L’état du dormant : effritement du matériau, angles droits.
Les fixations visibles : traces de rouille.
Que faut-il regarder au niveau des ouvrants ?
L’écart avec le dormant : courants d’air, espaces visibles.
Facilité d’ouverture / de fermeture : résistance inhabituelle / saisonnière à l’ouverture ou à la fermeture de la menuiserie.
Il est possible aussi de vous appuyer sur les étiquetages des menuiseries éventuellement laissés en place entre le dormant et l’ouvrant ou sur les factures qui peuvent évoquer les performances des menuiseries au moment de la pose.
Que faut-il regarder au niveau du vitrage ?
Le type de vitrage : simple, double ou triple.
L’état du vitrage :
Simple vitrage : état du joint entre le vitrage et le support (joint continue et non friable).
Double vitrage : présence de condensation entre les deux vitrages, espace entre les deux vitrages, présence d’un traitement peu émissif (couche d’oxydes qui renvoie la chaleur vers l’intérieur ou l’extérieur).
Test du type de vitrage grâce au briquet sur la vitre
Un test avec une flamme permet d’identifier rapidement le type de vitrage en place et si le vitrage dispose d’un traitement à isolation thermique renforcée.
Sur cette photo, vous pouvez voir :
4 reflets d’une flamme
dont un, le troisième en partant de l’intérieur, qui présente une couleur plus rose que les autres (ne pas confondre la couleur et l’intensité du reflet)
Ce qui s’interprète comme la présence d’un double vitrage (un reflet par face de vitrage) avec un traitement à isolation thermique renforcée situé sur la face intérieure du verre extérieur.
À vous de jouer
Contexte
Reprenons la rénovation de la maison de Chris et Elie. Pour rappel, ils habitent au 24 rue de l’Eglise 33490 Saint-Macaire.
Dans leur maison, il y a 4 menuiseries :
Deux portes fenêtres au rez-de-chaussée déjà sur-vitrées avec impostes droits non sur-vitrés.
Deux fenêtres à l’étage équipées d’un double vitrage 4/12/4 avec croisillons incorporés.
Aucune fenêtre n’est standard, il y a des traces de moisissures dans chaque pièce, peu d’écart entre les dormants et les ouvrants, les tableaux, linteaux et appuis sont droits et en bon état.
Consigne
À partir des photos ci-après, quelle est leur situation vis-à-vis de l’exposition des menuiseries (situation du bâti, l’exposition de la menuiserie, la protection par une avancée de toiture) et des règles d’urbanisme ? La déclaration préalable de travaux est-elle obligatoire ?
Corrigé
En résumé
Analysez l’exposition des menuiseries selon le DTU 36-5.
Vérifiez les règles d’urbanisme, surtout en secteur protégé.
Déclarez les travaux si la façade est modifiée, via le formulaire cerfa n°16702.
Diagnostiquez les menuiseries.
Évaluez :
l’état du dormant pour savoir si vous pouvez le conserver ou si vous devez le changer
l’état du tableau pour savoir si des travaux de maçonnerie sont à prévoir.
les infiltrations pour savoir s’il faut refaire les enduits extérieurs ou s’il s’agit d’un défaut du joint d’étanchéité qui sera refait lors du changement de menuiseries.
l’étanchéité et les performances du vitrage.
Les menuiseries et leurs abords sont diagnostiqués mais avant de faire une proposition de rénovation, il est nécessaire de s’intéresser à d’autres lots si l’on ne veut pas générer de pathologie, de ponts thermiques, de risque pour les occupants ou de travaux supplémentaires non prévus au devis.
Analysez l’exposition des menuiseries selon le DTU 36-5.
Vérifiez les règles d’urbanisme, surtout en secteur protégé.
Déclarez les travaux si la façade est modifiée, via le formulaire cerfa n°16702.
Diagnostiquez les menuiseries.
Évaluez :
l’état du dormant pour savoir si vous pouvez le conserver ou si vous devez le changer
l’état du tableau pour savoir si des travaux de maçonnerie sont à prévoir.
les infiltrations pour savoir s’il faut refaire les enduits extérieurs ou s’il s’agit d’un défaut du joint d’étanchéité qui sera refait lors du changement de menuiseries.
l’étanchéité et les performances du vitrage.
Les menuiseries et leurs abords sont diagnostiqués mais avant de faire une proposition de rénovation, il est nécessaire de s’intéresser à d’autres lots si l’on ne veut pas générer de pathologie, de ponts thermiques, de risque pour les occupants ou de travaux supplémentaires non prévus au devis.