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Game Jam

J’aime aider les développeurs amateurs en répondant à leurs questions et je constate que ce sont souvent les mêmes questions qui reviennent :

« Quels sont tes conseils pour s’améliorer ? », « Par quoi devrais-je commencer ? »

Ce à quoi je réponds toujours, « Participe à une Game Jam ! ». 

C’est pour moi la meilleure solution pour s’améliorer, et vous me répondez toujours la même chose « Oui mais moi je n’ai jamais développé de jeux vidéo, je n’ai pas le niveau ! ». Croyez-moi, vous vous trompez ! Vous n’avez pas besoin d'avoir déjà développé un jeux vidéo pour participer à une Game Jam. Le stress s’occupe de tout et vous mettra dans une situation telle que vous vous sentirez obligé de produire un jeu.

Depuis 2013, je participe régulièrement à des Game Jam. C’est devenu ma plus grosse source de motivation pour continuer à développer des jeux vidéo. En effet, j’ai pu observer que les Game Jam permettaient d’apprendre beaucoup plus vite.

Pour vous donner un exemple, je développe en ce moment un jeu vidéo dans mon temps libre se nommant « Super Francis World » et j’ai réalisé une liste de tâches. Dans cette liste, j’avais inscrit : « Réaliser interface UMG Menu ». Étant donné que j’avais beaucoup de choses à réaliser à coté et que cette tâche n’était pas ma priorité, je la repoussais sans cesse. Je n’avais pas vraiment envie d’apprendre à utiliser UMG (cet « outil d’UE4 » qui permet de créer des interfaces et menus). Pourtant, pendant une Game Jam, j’ai observé que je ne pouvais pas faire l’impasse sur UMG et qu’il me fallait absolument apprendre à l’utiliser. Et depuis, Super Francis World a lui aussi droit à sa super interface réalisée avec UMG ;)

Avec cet exemple, ce que je veux vous faire comprendre, c’est que les Game Jam nous imposent des contraintes bénéfiques qui nous forcent à apprendre des choses et à nous améliorer.

Cette interface UMG a été créée avec mon ami artiste Lionnel NICOLAS lors d’une Game Jam !
Cette interface UMG a été créée avec mon ami artiste Lionnel NICOLAS lors d’une Game Jam !

J’imagine que la plupart d’entre vous n’ont jamais développé de jeux vidéo jusqu’à présent. Je maintiens mes propos quant aux Game Jam. Vous devez tous essayer d’y participer. Ne voyez pas cela comme une confrontation avec d’autres développeurs mais plutôt comme une expérience enrichissante. Vous allez apprendre de nouvelles techniques, découvrir des technologies et des logiciels pour vous faciliter la vie, rencontrer d’autres développeurs qui ont rencontré les mêmes difficultés par le passé, etc.

Pour vous donner un exemple, lors de ma première Game Jam avec l’Unreal Engine 4, je m’étais dit « Je vais faire un jeu sans coder en C++ pour prouver qu’on peut réaliser un jeu uniquement avec Blueprint ». Essayez de vous fixer des défis de ce genre. Même si au terme du temps imparti vous n’avez pas réussi à remplir tous les objectifs que vous vous étiez fixés, vous serez surpris de tout ce que vous avez appris en si peu de temps !

Toutes ces personnes que j'ai encouragées à participer à une Game Jam ont réussi à créer un jeu vidéo. Depuis, elles ont poursuivi dans la voie du développement de jeux vidéo et ne pensent pas l’abandonner de sitôt.

Comment se déroule une Game Jam ?

Pour commencer, il existe deux types de Game Jam : celles où l’on doit se rendre IRL (sur place, In Real Life) et celles qui sont accessibles depuis Internet. Pour la première catégorie, la « Global Game Jam » est la plus connue. L’ambiance est excellente et vous rencontrerez des gens formidables avec un talent fou. Chaque année on retrouve des têtes connues là-bas comme Doc Geraud ou G-E2. Allez faire un tour sur le site officiel pour avoir plus d’informations.

Si vous n’avez encore jamais développé de jeux vidéo, je vous recommande de commencer à le faire sur Internet. La Game Jam que j’affectionne tout particulièrement se nomme « Ludum Dare ». Elle a lieu 3 fois par an et propose deux types de concours : l’un de 48h pour les personnes travaillant seules, et l’autre de 72h pour ceux qui préfèrent travailler en équipe. Vous devez à chaque fois respecter un thème imposé (le même pour tous). Il n’y a rien à gagner sauf la reconnaissance des autres Game Jamers et la satisfaction personnelle d’avoir gagné en compétences tout en repoussant vos limites.

Quand vous participerez à votre première Game Jam, essayez de vous mettre dans l’ambiance. Regardez de temps en temps sur le site l’avancement des autres développeurs et par-dessus tout, essayez de tout faire pour finir un jeu. Bien sûr, au final, votre premier jeu sera sans doute mauvais, extrêmement buggé et peut-être même injouable. Et c’est tout à fait normal ! Vous n’aviez que 48h pour le réaliser. :honte: Le but d’une première Game Jam est de se prouver que l’on est capable de réaliser quelque chose en si peu de temps. Néanmoins, rien ne vous empêchera de continuer le développement de ce jeu une fois la Game Jam terminée. À la fin de celle-ci, vous vous serez prouvé que vous êtes capable de réaliser un jeu vidéo. Et c’est sans aucun doute le plus important !

J'ai toujours ressenti un plaisir extrême de présenter à mes amis le résultat de ces 72h. Le jeu est souvent buggé, souvent mauvais mais le plaisir de s'être donné à 100% est un bonheur sans fin. Voir ses amis tester son jeu est quelque chose de très spécial, c'est un peu comme livrer son enfant la première fois à l'école maternelle. Votre jeu sera ouvert aux critiques. Je ne m'attends jamais à ce que quelqu'un me dise "C'est un super jeu" mais plutôt de les voir se marrer comme des baleines en y jouant et en essayant de comprendre ce qui m'a amené à choisir de faire ce jeu de cette manière. Ces moments ne durent que 10-15 minutes et on pourrait se dire que ce n'est pas cher payé pour 72h de travail. Mais moi ça me suffit et je serai là pour la prochaine Game Jam, armé de chocolat noir (que c'est bon ! ) et de café pour tenir 72h sans dormir. 

Enfin, s’il s’agit de votre première Game Jam, je vous conseille de participer seul. Confrontez-vous à vos propres lacunes et essayez d’y faire face. 

La conception de votre jeu

« Une idée ça ne vaut rien »

C’est par cette phrase que j’aimerais commencer cette partie. En effet, je suis amusé d’observer que sur tous les forums les gens affirment avoir de bonnes idées. La question que j’aimerais vous poser est la suivante :

Est-ce qu’une bonne idée permet de réaliser un bon jeu vidéo ?

La question mérite d’être posée. En effet, quand on analyse le Gameplay de jeux comme The Last Of Us, GTA 5, Tomb Raider, Far Cry 3, Batman Arkham City ou Uncharted 3, on n’y trouve pas nécessairement des mécaniques de jeux très novatrices. Pour autant, ces jeux vous ont sans doute autant marqués que moi par leurs qualités et font sans aucun doute partie des meilleurs jeux de la précédente génération de consoles. Il est vrai qu’il s’agit de jeux AAA (jeux à gros budget), mais on peut également observer ce même phénomène avec les jeux indés : « Super Meat Boy » ou « Shovel Knight », pour ne citer qu’eux. Ils utilisent des mécanismes de jeu bien connus des amateurs de jeu vidéo. Sont-ils pour autant mauvais ? Bien sûr que non !

Et si nous parlions de la console de Nokia : la Ngage ? Cet appareil a été conçu à partir de l’idée révolutionnaire qu’il était possible de combiner une console ET un téléphone portable dans un même support. Une idée géniale ? Sans doute, mais au final Nokia n’aura pas réussi à percer dans ce nouveau marché. Tout le monde retiendra la date 2007 avec la sortie de l’iPhone qui démocratisera le jeu vidéo sur téléphone portable. Apple démontre qu’une bonne idée ne suffit pas mais c’est la manière dont on la réalise qui permet d’en faire un bon produit. Ce cas de figure se présente donc pour le développement de jeux vidéo.

Les jeux cités ci-dessus (The Last Of Us, GTA 5 etc) ont en commun d’avoir leurs cœurs de jeu très soignés. Le cœur de jeu est un mécanisme central autour duquel des organes doivent pouvoir se greffer. Cette notion est celle des briques de Gameplay. Un cœur de jeu représente environ 90% du temps total de jeu. Un bon cœur de jeu possède un potentiel de fun infini.

Pour un FPS, le cœur de Gameplay serait le déplacement fluide du personnage et de viser avec son arme. Pour un jeu de plateforme, c’est le fait de sauter et courir. Par contre, pour un jeu de plateforme, la précision des sauts et des déplacements, le bon dosage de la vitesse du personnage et la construction ingénieuse des niveaux seront les pierres angulaires d’un bon Gameplay.

Le propos ici est de vous faire réaliser que le plus important est de polish le plus possible votre coeur de jeu. C'est l'une des choses les plus importantes dans un jeu vidéo. 

Prototypez, prototypez !

J’ai pu observer que bon nombre de développeurs amateurs sous-estimaient cette partie. Pourtant, il s’agit d’une partie extrêmement importante dans le développement d’un jeu vidéo.

Un prototype ce n’est pas grand-chose. Des cubes, des boules, des rectangles. Le but d’un prototype est de tester les mécaniques de jeu. Il n’a pas pour vocation d’être joli. Marc Albinet, dans son livre : « Concevoir un jeu vidéo » (que je vous recommande) a écrit au sujet du prototype :

Un prototype permet de juger du potentiel de plaisir que renferme le jeu. Cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de finir le jeu ou une partie entière pour pouvoir le tester. Il permet de tester les fonctionnalités que l’on a imaginées et de voir si elles sont une réussite.

Un prototype doit pouvoir être réalisé rapidement et doit impérativement permettre de tester une fonctionnalité (mécanique de gameplay). Pour vous donner une idée, en Game Jam, je ne passe jamais plus d’une heure à concevoir (techniquement) le prototype. J'insiste : le prototype n'a pas besoin d’être beau !

Voici un screenshot d'un prototype que j’ai réalisé pour un jeu.

Ne faites pas attention aux nombres d’ennemis.  J'ai retrouvé ce screenshot dans un dossier et il m'a semblé bon de vous le partager. Pour ce prototype, j’avais quelques tâches très simples :

  • Le déplacement du personnage doit être fluide

  • Tirer doit être fun

  • Une mini-map doit être visible dans l’interface

  • Des ennemis doivent pouvoir apparaître (spawn) sur la carte. (il y en a peut-être un peu trop ici) 

  • Ces ennemis doivent avoir une intelligence artificielle et suivre le joueur

  • Le nombre de vie restant doit être visible au-dessus de leurs têtes.

  • On doit pouvoir distinguer les ennemis entre eux

  • Si un ennemi accède au coffre, le jeu est fini.

À partir de ce prototype, j’ai pu analyser si le concept de jeu était bon. Ne négligez pas cet aspect. Le Gameplay doit être au centre de votre jeu. Ensuite, collez-y une histoire et tout ce qui s’en suit, mais le Gameplay doit être bon. Un bon jeu peut avoir une mauvaise histoire, de mauvaises musiques ou de mauvais graphismes (Minecraft pour ne citer que lui, ce n’est bien sûr, pas péjoratif) mais il est presque impossible de faire un bon jeu sans un bon Gameplay. Il faut que votre prototype de Gameplay soit bon. Avant de présenter votre projet sur un forum, essayez de prototyper votre idée de Gameplay.

Exemple de certificat de réussite
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