
En pédagogie, choisir un format et des modalités pour votre parcours ne suffira pas : pour que votre parcours soit réellement formateur, vous devez aussi réfléchir à l’approche pédagogique globale que vous allez mobiliser.
Cette approche consiste à faire travailler les apprenants sur un projet concret, souvent collectif, qui fait appel à plusieurs compétences à mobiliser. Il s’inscrit dans le temps et permet à vos apprenants de se mettre en situation réelle et de réfléchir en résolvant des problèmes qu’ils pourraient rencontrer sur le terrain.
Exemple : dans une formation en gestion de projet, vous demandez à vos apprenants de concevoir un plan de lancement pour un nouveau produit.
À distance, ils s’organisent en sous-groupes pour répartir les tâches (benchmark, étude de faisabilité, rétroplanning…),
puis, ils se retrouvent en présentiel pour finaliser leur présentation et pitcher leur projet devant les autres groupes.
Vous combinez ainsi autonomie, collaboration et mise en situation réelle.
En laissant à vos apprenants la possibilité de s’organiser par eux-mêmes (choisir leurs outils de communication et de collaboration, alterner entre synchrone et asynchrone selon leur organisation), vous les responsabilisez… Comme s’ils étaient déjà en entreprise !
Travailler ensemble, ça s’apprend ! Le blended learning offre un terrain idéal pour encourager la coopération entre pairs, même à distance.
Exemple : dans un parcours sur la communication marketing, vous formez vos apprenants à l’usage des réseaux sociaux pour la communication externe.
En sous-groupes, vous leur attribuez un réseau qu’ils doivent s’approprier et présenter au reste du collectif.
Puis, en binômes, vous leur demandez de créer un support de communication qu’ils pourront déposer sur leur réseau social.
Vous terminez par une évaluation entre pairs, que vous pouvez même préparer avec vos apprenants en les invitant à concevoir la grille d’évaluation.
Vous facilitez ainsi l’échange d’expériences, la confrontation des points de vue et l’enrichissement mutuel. Cette méthode favorise aussi l’engagement : on apprend mieux quand on est responsable vis-à-vis de ses pairs !
Comme vu plus tôt, cette approche consiste à faire découvrir les contenus théoriques en autonomie, à distance, puis à utiliser les temps synchrones pour travailler sur les applications.
Exemple : vous avez conçu un module sur les techniques d’entretien dans le secteur du médico-social.
Vos apprenants regardent une capsule vidéo expliquant les protocoles d’hygiène et de sécurité à respecter.
Ensuite, ils répondent à un quiz en ligne.
Puis, en face-à-face, vous organisez une séance de mise en pratique sous forme de jeu de rôle.
Cette méthode permet de mieux utiliser les temps synchrones pour accompagner la montée en compétences par la mise en pratique, tout en respectant les rythmes d’apprentissage individuels.
La ludification (ou gamification) est une approche qui consiste à intégrer des jeux éducatifs dans votre parcours pour rendre l’apprentissage plus engageant et interactif.
Exemple : dans une formation sur la cybersécurité, vous proposez un escape game pédagogique en ligne.
Les apprenants doivent résoudre une série d’énigmes pour “sauver l’entreprise d’une cyberattaque”.
Chaque bonne réponse débloque un indice pour la suivante, et les équipes sont mises en compétition pour renforcer l’émulation.
Vous pouvez aussi intégrer un système de badges à valider après chaque module ou même proposer des défis collaboratifs réguliers avec points et classements.
Au cœur du blended learning, cette approche invite à raisonner en termes de compétences à mobiliser, plutôt que de savoirs à transmettre.
Exemple : vous formez des futurs chefs d’équipe.
Chaque séquence du parcours est associée à une compétence précise : planifier une réunion, gérer un conflit, déléguer efficacement…
Pour chaque compétence, vous proposez un mix d’activités : un apport théorique en ligne, un cas pratique à analyser, une simulation en visio ou en face-à-face, puis un retour réflexif à produire dans un carnet de bord partagé.
Cela permet aux apprenants de se repérer facilement dans leur progression, de savoir ce qu’on attend d’eux, et de relier immédiatement les contenus à leur contexte professionnel.
Dans ce dernier exemple, vous pouvez constater qu’il est tout à fait possible de cumuler les approches ! Et c’est même conseillé : vous pouvez développer une approche par compétences qui découpera votre parcours de manière très opérationnelle, en proposant de travailler sur des projets concrets, et ce en favorisant la collaboration entre pairs. Le but ? Éviter à tout prix l’approche traditionnelle descendante où le formateur est détenteur du savoir (on sait que ce n’est plus vraiment le cas !), et rendre vos apprenants pleinement acteurs de leur apprentissage.
Ce sont les objectifs pédagogiques qui vous permettront de :
choisir les bonnes modalités (présentiel, distanciel, synchrone, asynchrone) ;
sélectionner les bonnes activités (collaboratives, individuelles, pratiques, réflexives…) ;
adapter la progression pédagogique au niveau des apprenants ;
concevoir un parcours engageant et cohérent.
Car une formation n’a de valeur que si elle permet à l’apprenant d’atteindre un objectif ou une compétence bien défini !
Puisque votre approche pédagogique est la colonne vertébrale de votre parcours, et voici quelques questions pour bien la choisir :
Quelle est la finalité du parcours : acquérir une compétence métier ? Développer une posture ? Résoudre des problèmes ?
Quelle est la maturité des apprenants (débutante, initiale, professionnelle, expérimentée) ?
La formation vise-t-elle une montée en compétences progressive, ou l’intégration dans un environnement professionnel réel ?
Ai-je les ressources pour animer un projet sur la durée, mettre en place une évaluation par les pairs, organiser des mises en situation ?
En répondant à ces questions, vous pourrez choisir une approche pédagogique qui donne du sens au parcours, structure les apprentissages et valorise l’activité de vos apprenants.
Il s’agit de combiner judicieusement toutes ces modalités pour répondre à vos objectifs tout en tenant compte de vos contraintes, qu’elles viennent de votre public ou qu’elles soient techniques. Ne partez jamais de l’outil ou du format, mais toujours de ce que vous voulez que vos apprenants sachent, fassent ou comprennent à la fin du parcours.
Choisissez une approche pédagogique globale (par projet, inversée, collaborative…) en fonction des objectifs et du public.
Structurez le parcours autour des compétences à développer, pas seulement autour de savoirs à transmettre.
Favorisez l’autonomie et la responsabilisation des apprenants en combinant synchrone et asynchrone.
Intégrez la ludification pour renforcer la motivation, à condition qu’elle serve les objectifs pédagogiques.
Basez toujours vos choix de modalités et d’activités sur les objectifs pédagogiques, pas sur les outils.
C'est la fin de cette première partie de cours, il est temps de tester vos acquis avant de passer à la suite, bonne chance !