En blended learning, les apprenants peuvent être présents à la fois en réel, dans la salle de formation, et en virtuel, sur l’environnement numérique d’apprentissage. Ces deux modalités de présence coexistent : c’est ce que l’on appelle la présence multimodale. Et il convient de l’organiser pour construire votre communauté d’apprenants !
Il faut donc bien prendre en compte l’interaction entre ces deux environnements lorsque vous prévoyez vos formations.
Notamment, le lien vers le virtuel peut poser problème. Difficile de commencer l’activité prévue lorsque l’on doit attendre 20 minutes que tout le monde ait réussi à se connecter.
Si vous demandez à vos apprenants d’aller voir une ressource en ligne, assurez-vous qu’ils y ont accès facilement. Sur les formations longues, prenez le temps en début de formation de configurer avec eux les accès à l’espace virtuel comme le LMS. Sur des formations courtes, vous pouvez utiliser des outils de connexion rapide comme le QR code avec par exemple QR Code Generator pour guider vos apprenants vers l’espace ou le support de formation.
N’hésitez pas également à toujours prévoir une activité de secours si vous n’êtes pas sûr de votre environnement et plus généralement, dès que vous êtes en « phase de lancement » pour un groupe.
Vous avez imaginé et mis en place un espace virtuel d’apprentissage. Comment faire pour que vos apprenants l'investissent ? C'est bien simple, de la même façon que vous animez en présentiel, le distanciel a besoin d’animation spécifique.
Cela demande du temps et de l’investissement.
Pour apprendre, on le sait maintenant, il faut résoudre des conflits sociocognitifs. On pense bien sûr aux réseaux sociaux pour créer ces interactions. Mais la recherche nous dit aussi que, pour que ces échanges soient source d'apprentissage, il faut un climat égalitaire, convivial, bienveillant et respectueux des autres.
Ce sera donc à vous, formateur, de favoriser ce climat sur les réseaux sociaux.
Cela passe par 3 fonctions : coordination, modération, animation.
En tant que coordinateur, votre rôle est d’aider le groupe d’apprenants à concevoir et à faire vivre le cadre de travail dans lequel se déroule la collaboration à distance.
En tant que modérateur, faites attention au ton et à la forme dans les conflits. Attention à ne pas “fermer” les conflits ; en effet, ce sont eux qui permettent l’apprentissage. Votre rôle est de porter votre attention sur les conflits et de vérifier qu’ils restent constructifs et ne dégénèrent pas en conflits de personnes.
En tant qu’animateur, prenez le temps de poster régulièrement sur l’espace numérique, posez des questions, donnez des informations, répondez aux questions des apprenants, "pinguez" les apprenants pour qu’ils se répondent les uns les autres. Bref, c'est un vrai travail de community manager.
Je vous conseille de poser dès le début les règles de collaboration à distance. Veillez à ce qu'elles ne soient pas trop rigides, afin de ne pas « étouffer les échanges ». L’idéal est d’adopter les mêmes règles dans l’espace virtuel et en présentiel ; ainsi, les apprenants verront vraiment l’espace virtuel comme une continuité de la salle de formation.
Le but est donc d’aller vers la communauté apprenante : la communauté des apprenants apprend par elle-même et grâce à elle-même. Ce n’est plus le formateur qui apporte les solutions ou les contenus, mais la communauté qui s’autogère. Cela suppose donc un réel changement de posture du formateur qui devient donc accompagnant.
Voici 4 stratégies permettant d’établir un climat en ligne propice aux apprentissages :
Inviter les apprenants à mieux se connaître entre eux.
Montrer au groupe que les problèmes posés ne peuvent être résolus qu’avec des compétences diverses.
Identifier et valoriser publiquement les compétences et contributions de chacun.
Prévoir des moments d’échange et de régulation.
Dans un parcours blended learning, l’accompagnement est aussi important que les contenus eux-mêmes. Il faut alors soutenir le parcours en tenant compte des besoins et difficultés de chacun tout en conservant la dynamique collective !
Votre rôle est d'aider les apprenants à structurer leur espace personnel d’apprentissage :
Ressources (tous les supports - cours, vidéos, quiz, articles, fiches-outils, etc. - qui l’aideront à progresser)
Outils (plateformes LMS, forums, clouds partagés, mais aussi outils personnels comme un carnet de notes, ou un agenda numérique)
Temps (planification des apprentissages, répartition des efforts, atteinte des échéances, etc.)
Concrètement, vous pouvez :
Montrer comment s’organiser : présenter les outils disponibles, expliquer comment les utiliser efficacement (comment prendre des notes en ligne, comment stocker ses documents, quel outil pour une veille optimisée, …)
Donner des repères : proposer un plan de travail, des jalons à atteindre, ou un calendrier type pour visualiser la progression attendue.
Encourager la priorisation : aider à distinguer l’essentiel du secondaire, à identifier les ressources clés pour leurs objectifs.
Inciter à la régularité : suggérer de réserver des créneaux dédiés à l’apprentissage, d’instaurer des routines pour ne pas laisser traîner les activités.
Un apprenant qui a un espace clair et structuré est un apprenant plus confiant, plus autonome et moins stressé… Et donc plus motivé à avancer !
Il est de votre devoir de formateur de transmettre également cette compétence d’autorégulation à vos apprenants : ne plus piloter la formation à leur place, mais accompagner les apprenants qui en ont besoin pour leur pilotage.
N’hésitez pas à prendre le temps de parler d’apprentissage avec vos apprenants : comment le cerveau fonctionne, comment on apprend de nouvelles choses et quelles sont les stratégies d’apprentissage efficaces.
Collectivement, vous pouvez :
Créer un cadre sécurisant et motivant, où chacun ose partager et demander de l’aide.
Animer des espaces collaboratifs pour mutualiser les savoirs.
Favoriser les échanges de bonnes pratiques et la co-construction des savoirs.
Revenons sur cette notion de motivation intrinsèque pour transformer l’activité de vos apprenants en apprentissage.
Il y a plusieurs questions importantes à se poser, voyons lesquelles.
Les règles du jeu sont-elles claires pour tout le monde ?
Ce point est particulièrement important pour les formations certifiantes, mais pas seulement. En formation de manière générale, la motivation de l’apprenant dépend en grande partie de la compréhension de ce qu’il fait… Et pourquoi il le fait !
Comment je peux jouer sur les 3 leviers de la motivation ?
Autonomie : donnez le choix à l'apprenant. Cela peut être un choix dans le parcours choisi, dans l'ordre de suivi, ou même dans les notions explorées.
Expertise : développez le sentiment d'expertise avec du feedback régulier sur des exercices de difficulté croissante.
Utilité : assurez-vous que les apprenants voient le lien entre ces connaissances et leur objectif de formation. Autrement dit, faites émerger le besoin de connaissances avant de présenter les connaissances.
Quelle gestion du numérique en présentiel ?
Quelles autorisations d'utilisation des outils numériques ?
Prévoyez-vous des moments "off line" ?
Comment vous assurez-vous que les apprenants ne se "perdent" pas sur les réseaux sociaux ou autre activité parasite ?
Quels sont les outils de régulation pour les apprenants ?
--> Cela peut être des grilles d’analyse, une démarche expérimentale, un protocole d’évaluation.
Comment l’apprenant peut-il visualiser au fur et à mesure de la formation l’acquisition de ses compétences ?
Quels sont les outils de régulation pour le formateur ?
--> L’utilisation d’outils numériques va vous donner accès à de nombreuses données concernant les activités des apprenants :
Quels indicateurs allez-vous relever ?
Comment allez-vous les analyser ?
Quels sont vos objectifs chiffrés ?
À partir de quel seuil critique mettrez-vous en place des actions correctives ?
Il faut également se demander :
Que faire des apprenants non impliqués ?
Comment les repérer ?
Que mettez-vous en place pour relancer leur engagement ?
Pour apprendre, les apprenants vont interagir avec vous mais également entre eux.
L’utilisation des outils numériques va modifier ces interactions, à distance et présentiel.
Voyons quelles questions vous allez devoir vous poser !
Quel outil numérique pour “enrichir” les interactions synchrones ?
Cela peut être par exemple des outils de QCM en direct comme Plickers, Kahoot ou Socrativ. Cela peut aussi être un outil plus large comme Beekast, par exemple.
Quel outil numérique pour les interactions asynchrones ?
Idéalement, il pourra être utilisable en distanciel et en présentiel. Cela peut être un outil de type forum, du travail sur des documents collaboratifs comme Google Doc ou l’utilisation des réseaux sociaux personnels (Facebook), professionnels (Linkedin) ou mixtes (X- anciennement Twitter). Si vous avez un LMS, n’oubliez pas d’aller regarder du côté de ce qu’il propose.
Comment inciter les apprenants aux interactions cognitives ?
Il ne suffit pas de donner aux apprenants des outils pour parler entre eux, il faut aussi leur fournir des sujets de conversation. Cela peut passer par des productions à faire à plusieurs, des défis, des questions de relance, etc.
Comment installer des interactions sociales ?
Ce point est crucial, notamment pour les formations ayant peu de présentiel. Pour travailler ensemble, vos apprenants doivent apprendre à se connaître. Incitez-les à se présenter en ligne, à compléter leur profil.
Quelle place pour les interactions pédagogiques ?
Comment les apprenants peuvent-ils vous joindre en dehors des moments de présentiel ? Intervenez-vous sur le forum ? N’hésitez pas à citer des apprenants de façon nominative dans vos réponses pour les relancer.
Organisez la présence multimodale en facilitant l’accès aux outils numériques (QR codes, liens courts, paramétrages initiaux).
Créez et animez une communauté apprenante en ligne et en présentiel pour favoriser les interactions et l’engagement.
Jouez les 3 rôles-clés du formateur : coordinateur, modérateur et animateur pour dynamiser les échanges.
Posez les bases d’un climat d’apprentissage bienveillant et convivial propice aux échanges et aux apprentissages.
Cherchez à aller au-delà de la simple animation : visez la co-construction des savoirs par la communauté, où les apprenants apprennent les uns des autres.