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J'ai tout compris !

Mis à jour le 23/11/2022

Maîtrisez la supply chain étendue et favorisez la supply chain locale

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Grâce à la fabrication additive, là où auparavant il y avait plusieurs étapes de production pour usiner une pièce, par exemple, et parfois sur plusieurs sites différents, aujourd’hui nous sommes capables d’obtenir une pièce complète après une seule étape d’impression.

Imaginez le gain sur tous les stocks intermédiaires !

Supply chain de proximité

En raison de la nécessité permanente d’adaptation aux contextes économiques, technologiques, géographiques et temporels des besoins clients, la supply chain devra toujours être en perpétuelle évolution, perpétuel changement d’organisation, de méthodes, d’outils, etc.

Certaines entreprises, comme Rossignol, Roll Royce, Mercedes, Amazon, Nike et Adidas, et bien d’autres encore, ont amorcé ces changements, ces évolutions et sont entrées dans l’industrie du futur.

Relocalisation

Pour certaines d’entres elles, il s’agit de relocalisation. Prenons l’exemple de deux fabricants d’articles de sport « rentrés d’Asie » pour produire sur le continent américain. Quelle est donc cette démarche ? Qu’est-ce qui motive ces groupes à produire « localement » ?

C’est ce que je propose de développer maintenant : en effet, Nike, qui avait entièrement délocalisé la fabrication de baskets en Asie du Sud-Est, est en train de relocaliser ses usines en Amérique du Nord. Ce géant de l’industrie du sport et plus particulièrement de la chaussure emploie son personnel sur les trois principaux pays suivants : le Vietnam, l’Indonésie et la Chine. Cela représente plus de 500 000 personnes, que les sous-traitants amènent à 1 million de collaborateurs, produisant à « bas coûts ».

Toutefois, ces pays comme la Chine, l’Indonésie ou le Vietnam sont de moins en moins "à bas coût". Aussi, l’éloignement, les délais de mise sur le marché, la maîtrise faible de la qualité changent les orientations stratégiques des multinationales.

Mais le facteur accélérateur de changement n’est autre que la robotisation et l’intelligence artificielle, qui ont contribué à ces relocalisations. L’avancée technologique en matière de robotique et du traitement des données permet à l’entreprise de fabriquer et assembler près de 500 pièces différentes qui doivent être découpées, assemblées et collées traditionnellement à la main par les employés.

Les machines automatiques laser qui découpent au plus juste les pièces, permettent de manipuler et d’assembler l’ensemble 20 fois plus vite que les opérateurs, pour une qualité égale, voire supérieure. Les usines sont capables de produire jour et nuit et tous les jours de l’année les modèles au plus près du consommateur et en réactualisant plus rapidement les collections et modèles à moindre coûts. En tenant compte de l’ensemble des paramètres de productivité des employés, les coûts du travail chinois sont seulement 4 % moins chers qu’aux États-Unis.  C’est pourquoi il faut augmenter la productivité ; pour y parvenir, un moyen s’impose aujourd’hui : la robotisation.

Fort de cette robotisation, Adidas a aussi relocalisé une de ces usines en Europe pour se rapprocher de son marché.

Les exemples ne manquent pas : la société EasyBike (le Solex), qui a racheté la marque pour en relocaliser une partie de la production. Fabriqués en France, 3.500 Solex, des vélos électriques, sont commercialisés aux prix de 1.800 et 3.000 euros.

Vélos électrique (Source : EasyBike)
Vélo électrique (Source : EasyBike)

Ces produits coûtent 10 % plus cher qu’en Chine, mais ce coût est largement compensé par des gains dus à la proximité du marché, au niveau de qualité maîtrisé, à la réactivité, et au SAV, puisque la maîtrise y est plus élevée. L’assemblage et la conception sont réalisés en Normandie, et l'entreprise pourra aussi fabriquer des Solex parce qu’elle est « plus efficiente » qu’auparavant.

Appuyez-vous sur les outils numériques pour raccourcir la chaîne de valeur dès que possible

Les flux d’informations structurent la chaîne de valeur via ERP, mais un réel problème, récurrent de surcroît, est l’efficacité des interactions entre les divers systèmes qui gèrent leurs domaines d’activité.

Le transfert de données s’opère de manière verticale, ce que la numérisation a modifié.

Par conséquent, on ne parle plus de pyramide, mais d’une mise au même niveau du traitement de l’information ; il s’agit en effet de recentrer les informations, et de développer des solutions innovantes. À l’ère de l’industrie du futur, la chaîne de valeur est en pleine mutation.

Afin d'être rapide pour un client de plus en plus exigeant, il est impératif de moderniser la chaîne de valeur si nous souhaitons conserver, même développer un avantage concurrentiel.

À l’heure où la rapidité est reine et où le consommateur est roi, c’est toute la chaîne de valeur qui doit se moderniser pour maintenir un avantage concurrentiel durable. Comment ?

Tandis que le modèle traditionnel de la chaîne de valeur est construit autour d’une collaboration et d’une intégration linéaires, le 4.0 prône le passage à des prestations de valeur non linéaires et purement collaboratives grâce au circular learning (apprentissage en boucles itératives). 

Le modèle du circular learning permet d’implémenter des boucles de rétroaction à l’ensemble de la chaîne de valeur, dotant chaque étape d’un cercle d’apprentissage spécifique. Au cœur du système, l’intelligence artificielle encadre tous les cercles pour accélérer les flux de données et les rendre non linéaires, les données pouvant sauter des étapes dans la chaîne de valeur.

Les avantages de ce modèle seront principalement axés sur les métriques, l'exécution opérationnelle, la planification tactique et la collaboration stratégique.

L’industrie du futur prend une dimension différente selon l’acteur concerné :

  • pour le fabricant, l’industrie 4.0 signifie agilité et rapidité ;

  • pour le distributeur et détaillant, il s’agit d'un réseau de distribution multicanal (boutique, groupement, web, etc.) ;

  • pour les consommateurs, seule la satisfaction du besoin compte, soit des produits toujours plus adaptés à leur attentes et conformes aux évolutions du marché.

L’usine connectée

L’ensemble des ressources matérielles et humaines, les produits physiques ou virtuels peuvent et communiquent entre eux via les solutions communicantes vues précédemment ; les différents maillons de la supply chain deviennent collaboratifs.

Cette évolution, « l’Internet des objets », consiste à transformer tout objet, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’usine, en un capteur connecté qui communique avec son environnement de production et d’usage via des réseaux intelligents. La boucle d’amélioration des produits est ainsi optimisée, ainsi que leur maintenance.

Il est possible de concevoir des usines complètement virtualisées, permettant de modéliser et visualiser en 3D l’environnement de production, les processus de production, et même les produits : l’objectif est de pouvoir reconfigurer les maillons de la supply chain pour évaluer et performer sur les différents types de production, en tenant compte des exigences de la demande et de l’usage des produits.

Le développement et l’utilisation des technologies de réalité augmentée, de Big Data, d'intelligence artificielle et d’analyse des données (Analytics) nous offre une réelle opportunité de prendre des décisions en temps réel, en raison de l’existence de quantités de données fiables.

La société Kaeser en Allemagne a déjà emprunté le chemin de l’industrie 4.0, Rolls Royce aussi. Chacune d’entre elles a su, à sa manière, transformer radicalement ses produits et repositionner son offre sur le marché.

La première vend maintenant de « l’air à l’usage », au lieu des compresseurs qu’elle fournissait au préalable à ses clients, tandis que la seconde propose désormais de la « propulsion à l’usage », au lieu des réacteurs qu’elle avait l’habitude de proposer au marché dans le passé. Dans les deux cas, les compresseurs et les réacteurs sont étroitement connectés à leur usine qui les suit en temps réel, pour modifier si besoin les nouvelles unités en fonction des problèmes rencontrés par les bases installées et la manière dont celles-ci réagissent à leur environnement d’usage. 

Extrait d'un article de Xavier Poisson Gouyou Beauchamps – vice-président Hybrid IT EMA Hewlet Packard Entreprise - Source : Milkshakevalley

Ouverture vers l’économie circulaire

La transition énergétique est désormais une composante incontournable de la performance industrielle. Le coût de l’énergie a une incidence forte sur le coût des produits. À cela viennent s’ajouter la tension sur l’accès aux ressources énergétiques et le facteur environnemental, avec la nécessité de réduire l’empreinte carbone.

Il est temps de changer de modèle économique, modèle linéaire :

Système économique linéaire (Source : avise.com)
Système économique linéaire (Source : avise.com)

En intégrant à présent l'EC, ou écoconception, pour développer un modèle d’économie circulaire, le champ des innovations dans le domaine de la mobilité se resserre, jusqu’à se restreindre aux notions de récupération et de recyclage de matériaux ou éléments issus d’une première utilisation.

Cette définition, qui s’inscrit dans la droite ligne de la hiérarchie des modes de traitement des déchets définis par les articles L541-1 et suivants du Code de l’environnement (prévention pour limiter la production de déchets ; préparation en vue de la réutilisation ; recyclage ; valorisation, notamment énergétique ; élimination), s’articule autour de 5 grands principes :

  • revaloriser les déchets en nouvelles sources d’énergie ;

  • réparer le matériel pour allonger sa durée de vie ;

  • recycler les produits, en proposant des ressources aux autres filières ;

  • réutiliser du matériel directement ou indirectement sur le réseau ;

  • repenser les matériaux du futur.

Vers une économie circulaire (Source : DREAL)
Vers une économie circulaire (Source : DREAL)

L’industrie 4.0 s’inscrit directement dans ce changement.

L'économie circulaire, ou EC, est un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources, ainsi que la production des déchets.

C’est pourquoi toute innovation dans le secteur de l’optimisation des ressources et de la supply chain, des circuits courts, des modes de transport propres (fluvial, rail), de la mutualisation des modes de transport, est concernée.

Depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, de nombreuses entreprises innovantes ou startups se développent rapidement. La quantité de données disponibles et traitées rapidement en temps réel offre de réelle opportunité de développement des produits en y intégrant les diverses contraintes législatives, environnementales, démographiques, etc. Les consommateurs changent, les règles évoluent, l’entreprise, avec sa supply chain, doit impérativement être actrice de ce changement pour anticiper son futur prospère.

L’économie circulaire (Source : Ademe)
L’économie circulaire (Source : Ademe)

Prenons un exemple. Le plan d’économie circulaire de Renault repose également sur une écoconception attentive de ses véhicules (utilisation de matière recyclées, limitation des déchets, etc.), ainsi que sur une gestion intelligente de la fin de vie de ses produits (pièces et matières intègrent un nouveau cycle de production).

Ainsi, le groupe propose des pièces 30 à 50 % moins chères, issues du recyclage, et parvient à sauver de la casse l’équivalent de 2.500 véhicules par an.

À titre d’exemple, 17 % de la masse plastique du modèle Renault Captur vient de matières recyclées.

On est convaincu que l’automobile est un objet dont les caractéristiques sont très favorables à l’approche de l’économie circulaire.

Les produits manufacturés peuvent être fabriqués au moindre coût énergétique et réintégrés dans le processus de production sans générer de déchets, grâce à leur réutilisation, leur réparation ou leur re-fabrication.

Rémi Beulque, ingénieur de recherche en économie circulaire chez Renault.

SNCF Réseau réutilise ses rails en acier quand leur niveau d’usure le permet, et le ballast est réutilisé après criblage. Les traverses en bois sont incinérées et valorisées énergétiquement, les traverses en béton broyées et « la grave béton » valorisée en sous-couche routière ou en assainissement.

Le groupe SNCF collabore également avec des partenaires spécialisés, plateformes d’échange de biens et de services, pour lutter contre le gaspillage de matériel et limiter la surconsommation.

En conclusion de cette troisième partie, la révolution est en marche, et l’industrie 4.0 sera certainement celle qui reléguera l’usine de troisième génération au poste de simple maillon de l’usage d’un produit, de sa conception à sa maintenance et à sa transformation. Et c’est paradoxalement la banalisation de l’usine en tant que centre de design, production, maintenance connectée de la vie d’un produit qui permettra sa régénérescence.

De fait, ces nouvelles unités industrielles « d’usage » serviront de "hubs" d’accueil pour de nouveaux métiers de design, développement et maintenance de formes et processus digitaux. Bien entendu, un tel changement ne pourra pas s’opérer sans une prise de conscience de la nécessité de développer les formations dans les domaines scientifique, technologique, de l’ingénierie et des mathématiques.

On peut également anticiper que le nombre d’usines de ce type pourrait être multiplié, se rapprochant des marchés de consommation et d’usage. L’impact positif sur l’emploi en Europe devrait donc être significatif.

Ce nouveau type d’usine complètement programmable de façon dynamique devrait par ailleurs permettre un regain de compétitivité des unités de production. Celles-ci pourront en effet concurrencer de façon efficace de très larges unités industrielles délocalisées, lesquelles sont pénalisées par des seuils de série limités.

L’usine 4.0 permettra de programmer de petites et moyennes séries de façon compétitive, en s’adaptant aux besoins des consommateurs et en évitant les stocks. Elle contribuera de cette façon à accélérer la mise en place de l’économie circulaire (moins de stocks, moins de recyclage, moins d’énergie dépensée dans les transports et approvisionnement), ainsi qu’à améliorer l’utilisation des ressources énergétiques existantes.

En résumé

Vous êtes prêt à entrer dans l’industrie du futur, pour développer votre économie circulaire, ou encore pour déployer des solutions autonomes, au service de votre organisation  ?

Mais voyons dans la dernière partie comment piloter votre supply chain en commençant par réaliser un audit, puis un plan de progrès avec des objectifs SMART. Vous apprendrez à piloter votre supply chain à l’aide d’indicateurs de performance, tout en tenant compte des aspects réglementaires. Alors suivez-moi !

Exemple de certificat de réussite
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